La Twingo, une histoire de plus de cinquante ans qui s’apprête à rebondir
Si la « vraie » Twingo a été révélée en 1992, sa genèse remonte à… la fin des années 60. Avec sa resucée électrique dont l’arrivée est imminente, on peut dire que cette lignée de petits modèles est la plus longue de l’Histoire de Renault !

Dès la fin des années 60, Renault comprend qu’il y a un marché pour des micro-citadines. Ce n’est, à vrai dire, pas bien compliqué, quand on voit le succès, par exemple, de la Fiat 500. La Régie, qui a lancé les études de celle qui deviendra la R5, à l’énorme succès, planche aussi de façon d’abord décousue sur un modèle plus court encore. Le magazine l’Auto-Journal se fait d’ailleurs écho d’une Renault 2 dès 1971, et révèle sur la modularité inédite de son habitacle.

Au sein de la régie, les idées foisonnent pour ce projet codé VBG, « véhicule bas de gamme », censé remplacer la R4, mais sans nuire à la R5. On a de grandes ambitions, mais voilà, on manque de ressources techniques. En effet, apparue en 1972, la R5 reprend la suspension, l’architecture mécanique, le bloc et la boîte de la R4, déjà plus de prime jeunesse et plutôt compliqués à produire. Il faut donc tout revoir : plate-forme, trains roulants et moteur. Tout ceci coûte horriblement cher, et on devine que la future mini-voiture ne disposera pas d’un potentiel de ventes suffisant pour le rentabiliser. Son segment de marché est réduit !

Certes, on envisage un 3-cylindres inédit, certes, les maquettes se multiplient, mais le projet sera plusieurs fois mis sur pause. En 1975, l’idée de Jacques Nocher semble toutefois sur les rails pour être industrialisée. Des prototypes roulent, qui sont d’ailleurs photographiés par l’Auto-Journal en 1979. On s’attend à voir débouler la Renault 2 en concessions.
Mais voilà, les finances du constructeur sont catastrophiques, notamment à cause du rachat de l’américain AMC, et rien ne sort. Pourtant le travail continue, avec les apports intéressants de Marcello Gandini et Giugiaro notamment, mais... sans avancée concrète.

En 1986, Jean-Pierre Ploué produit une très jolie maquette monocorps, et l’arrivée de Patrick le Quément en 1987, débloquera la situation. Impressionné par la créativité des designers, il pousse à la renaissance du projet, et cela débouchera en 1992 (pour une commercialisation en 1993) sur la brillante Twingo. Design audacieux, modularité exceptionnelle, prix comprimé), la petite Renault sera produite jusqu’en 2007, à plus d’un million d’unités. Rentable ? Voire.

En tout cas, la Twingo II, révélée cette année-là, emprunte beaucoup à l’excellente Clio 2 pour réduire les coûts, mais son design est raté. Des responsables pas très futés ont jugé intelligent de priver la Twingo d’un de ses arguments majeurs : sa bouille, dont ils ont cru qu’elle était un frein commercial alors qu’il s’agissait d’un accélérateur. Patatras !

Par la suite, Renault va continuer à ne plus comprendre sa Twingo. En 2014, il en présente une troisième génération, qui n’est en fait qu’une Smart redessinée par Renault. La ligne est sympa, mais la modularité, l’autre argument massue de la Twingo 1, a disparu. Le moteur arrière l’a empêché ! Résultat, des ventes qui baissent encore.

Sa carrière s’arrête en 2024, mais là, Renault annonce la venue d’une quatrième Twingo. Celle-ci, qui s’apprête à être commercialisée, est une resucée esthétique assez brillante de son ancêtre de 1992. Du néo-rétro de youngtimer en quelque sorte, à l’image de la Renault 5 E-Tech. Surprise, la banquette coulissante fait son grand retour, de sorte qu’on a envie de se réjouir.

Mais voilà, le constructeur a cru bon de vanter la conception très rapide cette Twingo 4, tout en annonçant vouloir économiser 400 € sur le prix de revient de ses autos. Un combo dont on sait qu’il peut se révéler absolument délétère pour la fiabilité !

Autre source d’interrogation : cette Twingo a été codéveloppée avec la Chine, pays incontournable pour la petite voiture électrique. Oui, elle sera zéro émission, donc nettement plus chère que si elle s’était établie sur une base raccourcie de Dacia Sandero. En tout cas, la Twingo 4 débute à 19 470 € avant déduction de certaines aides. Pour info, en 1993, la Twingo 1 coûtait 55 000 F, soit 13 950 € actuels, en profitant d’une polyvalence infiniment supérieure à celle de sa descendante à batteries…



















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