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Le diesel pourrait ne plus représenter que 5 % des ventes en 2030

Dans Economie / Politique / Marché

Comme le marché des cabriolets aujourd'hui, le marché des voitures diesel pourrait devenir rapidement un marché de niche ! C'est que projette une étude de AlixPartners, qui publie des chiffres chocs : une part de marché du diesel réduite à 5 % en 2030. Crédible ?

Le diesel pourrait ne plus représenter que 5 % des ventes en 2030

On connaissait les krachs boursiers, il va peut-être falloir se faire au crash du diesel. Entamé depuis 2015 et l'éclatement du dieselgate, il pourrait être bien plus rapide que prévu !

C'est ce qu'affirme une étude du cabinet AlixPartners, spécialisé dans les situations de "retournement" (un cas d'école en ce qui concerne le diesel...) et dans l'automobile. Selon leurs projections, la part de marché du diesel en Europe devrait baisser à 25 % en 2020, et plafonner à 5 % en 2030 ! Impressionnant, lorsque l'on se souvient qu'en 2015, juste avant les péripéties du groupe Volkswagen, qui ont précipité la fin de ce type de carburant, il représentait 52 % des ventes.

Pour mémoire, le diesel a représenté 38 % des ventes en Europe au premier semestre 2018, et 40 % en France. Pour mémoire encore, ce cabinet avait réalisé la même étude en 2017, et elle prévoyait qu'en 2020, la part de marché du diesel représenterait encore 40 %. 

Celle de cette année avance des chiffres bien plus impressionnants, donc. Quelques pays sont pris en exemple. Ainsi, la France achetait 57 % de diesel en 2015, ce serait 4 % en 2030, l'Italie respectivement 55 % et 3 %, le Royaume-Uni 49 % et 6 %, et enfin l'Allemagne 48 % et 8 % ! Cela illustre parfaitement l'accélération foudroyante de la baisse des ventes prévue, et du changement de mentalité par rapport à ce carburant, qui deviendrait une énergie de niche.

La dégringolade à venir est donc sévère, si l'on considère que ces prévisions sont dignes de confiance évidemment.

Le sont-elles ? Si l'on se base sur la tendance actuelle, oui. Entre 2015 et 2018, en France, le diesel est passé de 57 à 40 % de part de marché, dans 2 ans, en suivant la même tendance -- 30 % tous les 3 ans), on serait à 28 % fin 2020, et 9 % en 2030. Ce qui rend crédible le chiffre de 5 % pour l'Europe, en moyenne moins diésélisée que l'hexagone.

Il faut aussi considérer que la tendance est à l'interdiction de circulation de voiture diesel dans les grandes villes, ce qui ne peut que précipiter la désaffection pour ce type de carburant. Ajoutez à cela, en France surtout, le fait le prix du gazole va se rapprocher et rejoindre à terme le prix du sans-plomb, et vous avez tous les ingrédients pour réduire son attractivité.

Certes.

 

Le diesel vraiment à l'agonie ?

Mais la tendance actuelle pourrait rapidement se stabiliser, si ce n'est s'inverser. Du moins dans les (nombreux) pays qui pratiquent des malus adossés aux émissions de CO2. Pourquoi ? Parce que dans le même temps, la lutte contre le réchauffement climatique impose de réduire les émissions de CO2. Et donc, logiquement, de taxer fortement les véhicules qui recrachent le plus de ce gaz à effet de serre. Soit. Or, quand on n'achète plus un diesel, et qu'on n'achète pas encore un véhicule électrique ou hybride rechargeable, on acquiert un essence. Qui par définition, consomme plus, et rejette plus de CO2.

Dans le même temps, les voitures mises sur le marché doivent être homologuées (pour les consommations et les émissions polluantes) selon une nouvelle norme, la WLTP, plus exigeante que l'ancienne NEDC. Du coup, les valeurs de rejet de CO2, sauf exception, explosent (parfois jusqu'à + 25 à 30 % !). Conséquence, des voitures non soumises au malus le deviennent. Et pour d'autre, les montants de malus vont doubler, ou tripler... À l'achat, ça peut piquer...

De là à imaginer que les acheteurs, pour l'acquisition d'après, repassent sur un diesel dont les émissions de CO2 plus basses permettent de rester dans la zone neutre du système de bonus/malus, il n'y a qu'un pas. Que nos dons de voyance ne nous permettent pas de franchir aujourd'hui. Mais c'est une possibilité.

Et de façon plus globale, la lutte contre le réchauffement climatique et les objectifs de réduction des émissions de CO2 seront plus difficiles à atteindre pour tous les pays dont le parc automobile va s'orienter vers l'essence. Et ce, même si les technologies développées par les constructeurs pour améliorer l'efficience de leurs moteurs étaient efficaces. C'est un constat, un diesel consommera toujours moins qu'un essence, et rejettera donc toujours moins de CO2. Une véritable quadrature du cercle, pour les États autant que pour les constructeurs, à qui on impose de réduire la moyenne de rejet de leur gamme complète à 95 g de CO2 par km en 2019, sous peine d'amendes.

 

Commentaires (113)

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Par

Si le diesel devient un carburant de niche, l'essence aussi, et donc une nouvelle énergie aura pris le relai. D'ici 10ans, c'est bien possible, entre hydrogène ou électrique. Il restera toujours des véhicules thermique sur le marché (occasion), mais si la part de thermique est si faible sur les nouvelles ventes, j'ose pas imaginer le prix du diesel ou essence à ce moment là...

Par

Bizarre, avec les progrès des batteries que ce soit pour les VE mais surtout pour les hybrides, comment peut on encore penser que les gens achèteront des full thermiques neuves en 2030???

Il semble assez évident que d'ici 2030 le full thermique sera de l'histoire ancienne...

Par

Une étude en papier mâché provenant d'un cabinet en carton. Poubelle.

Par Profil supprimé

Etude qui ne vaut même pas son poids en papier.

De la mauvaise prospective.

Par

L'essence et le gazoil va monter à au moins 2€ le litre voir plus d'ici 10ans, le véhicule thermique et destiné à mourir l'électrique va monter en force

Par

la question est imprécise : il faut ajouter à quel horizon on estime que le gazole sera une niche pour les voitures privées.

Comme la majorité ne voit jamais venir les changements, il y a fort à parier qu'effectivement, le diesel pour les voitures privées ait totalement disparu dans les 10 ans qui viennent , en particulier parce qu'il sera beaucoup trop cher. et qu'ils deviendra tellement nocif (les filtres qui laissent passer des particules de plus en plus petites et donc de plus en plus cancérigènes)

Finalement, c'est certain, la seule inconnue est la vitesse à laquelle le moteur électrique s'imposera.

Et ça dépend de nombreux facteurs comme :

1) les batteries , pour lesquelles les vieux construct européens (sauf PSA !!) font aujourd'hui quelques investissements ou partenariats en milliards d'euros (non sans, comme d'habitude, menacer plus ou moins implicitement les dirigeants européens d'une éventuelle disparition de leurs usines si les chinois , leaders et en avance d'une décennie sur nous, importent ou produisent directement les piles (cell en anglais) , composants de base de toutes les batteries)

2) la mauvaise volonté des vieux constructeurs (PSA étant le paragon dans ce domaine) pour enfin, et vraiment, et industriellement, faire leur révolution et accepter de changer de fabrication mais aussi baisser leurs marges avec des voitures elec beaucoup plus simples et donc beaucoup moins cher à produire et vendre (et oui, si aujourd'hui la rareté et la relative jeunesse des voitures elec engendre un prix élevé, ce sera l'inverse une fois les volumes et la concurrence étoffée, les voitures elec seront moins cher , potentiellement)

3) les choix des dirigeants qui ont les moyens à travers les lois d’accélérer ou de ralentir le passage au 100% elec (voir la Norvège dans ce domaine)

Par contre ça ne dépend pas :

1) des acheteurs qui n’achètent que ce qu'on leur vend (voir les perf de renault , peugeot en france et de vw , par ex en allemagne) . en réalité, les automobilistes s'en foutent totalement de rouler au gazole, à l'alcool , à la betterave ou au nucléaire; 90% des automobilistes achèteront ce qu'on leur dira d'acheter. En se plaignant que c'est trop cher, mais en continuant à être idiotement propriétaire d'un bien qu'ils utilisent 5% du temps et qui leur coûte 6 000 € par an (il n'y a surement pas plus de 20% des automobilistes qui le sait) . Coté vendeur, comme il va y avoir des produits radicalement nouveaux sur le marché, cela va secouer les positions bien établis des gros vendeurs (renault psa) et donc, c'est avec une peur bleue que les réseaux de ventes verront arriver ces voitures radicalement différentes.

2) des capacités de production électrique . Juste pour exploser une légende urbaine : si on passe les 20 millions de voitures du parc actuel en elec, ça ne représente que 15% de conso en plus par rapport à la conso elec actuelle.

Et comme ces voitures seront en majorité rechargées la nuit, période ou l’électricité produite est aujourd'hui perdue, cela ne nécessitera absolument pas de nouvelles centrales . Idem pour le réseau elec, tout aussi sous utilisé la nuit. Et donc largement dimensionné pour recharger les voitures privées.

Bref vivement 2023 . Et 2028. parce que nous aurons aussi à ce moment la une conscience plus précise de l'hécatombe humaine causée par les NOx et particules des diesels.

Par

Quand j'ai fait reprendre un monospace il y a quelques mois, la première question du commercial a été c'est un diesel ou un essence ????

Et ensuite il m'a dit bon, c'est un essence, on peut continuer à discuter.....

Véridique ! Donc le diesel est véritablement en train de se casser la gueule, tant pis pour nos portefeuille, mais tant mieux pour nos poumons et ceux de nos enfants...

Sinon si on veut protéger nos poumons et le le réchauffement, reste l'alternative des hybrides et hybrides rechargeables , ces dernières etant encore un peu chères, mais ca devrait sans doute baisser....

Je ne comprends pas les gens qui roulent dans des SUV turbo diesel tout neufs autrement plus cher que des hybrides....surement des voitures de société pas d'autres explications ....

L’électrique pur , même l'ademe commence à mettre en garde contre les électriques avec des batteries énormes sous employées, ce qui fait que le bilan C02 global de ces véhicules est pourri si en prend en compte la fabrication de la batterie et il faut trainer les 500 ou 800 kg de batterie même sur les petits trajets qui sont majoritaires....

Par

En réponse à cret477

L'essence et le gazoil va monter à au moins 2€ le litre voir plus d'ici 10ans, le véhicule thermique et destiné à mourir l'électrique va monter en force

Perso je diviserais le temps pour atteindre les 2 euros par 2 voir par 3, sauf si gros clash de l’économie mondiale survient avant :biggrin:

Par Profil supprimé

Juste de la politique-fiction.

Par

En réponse à Profil supprimé

Juste de la politique-fiction.

C'est sur ce genre d'article ne fait pas plaisir si on possède un diesel, je comprends. Mon diesel, je l'ai vendu illico dés le début du diesel gate, et je n'y ai pas trop perdu.

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