« Les voitures autonomes ne choisiront jamais qui doit vivre et mourir en cas d’accident »
D’après l’expert David Twohig qui a travaillé pour la société Waymo spécialisée dans les voitures autonomes, le fameux « Trolley problem » où une voiture autonome devrait décider qui doit vivre ou mourir en cas d’accident inévitable est un mythe. En réalité, une voiture autonome ne pourrait théoriquement pas se retrouver dans une situation où elle ne peut pas empêcher l’accident. Vraiment ?

Les voitures autonomes font rêver les constructeurs automobiles depuis le début des années 2010. A cette époque, déjà, Elon Musk promettait des Tesla capables de se conduite toutes seules « en seulement quelques années ». En 2016, la marque avait même diffusé une vidéo montrant l’un de ses véhicules rouler « tout seul » qui s’est avérée être truquée. Dans le même temps, des marques comme Mercedes affirmaient elles aussi que l’ère des véhicules à conduite autonome se rapprochait à grands pas.
En 2026, pourtant, toujours pas une seule voiture autonome sur le marché. Tesla essaie bien de faire homologuer son « Autopilot » amélioré dans de nouveaux pays après les Etats-Unis, les Pays-Bas ou la Belgique, mais il s’agit toujours d’un système considéré comme du « Niveau 2 ++ » imposant au conducteur de rester responsable en cas d’accident (et donc d’être attentif à la conduite). Même remarque pour BMW et Mercedes qui, après avoir lancé les tout premiers systèmes de « Niveau 3 » transférant la responsabilité en cas d’accident au constructeur au lieu du conducteur, homologués uniquement en Allemagne et aux Etats-Unis dans des conditions très restrictives, ont décidé de faire machine arrière et de se contenter de systèmes « Niveau 2 ++ » imposant une supervision par le conducteur.
« Les voitures autonomes ne décideront jamais de la vie ou de la mort »
Alors que Tesla annonce toujours pouvoir commercialiser son Cybercab à conduite autonome d’ici 2027 et que d’autres sociétés planchent aussi sur des projets similaires, les voitures sans conducteur circulent déjà depuis longtemps dans certaines régions de la Californie ou de Chine. Les flottes de géants précurseurs de cette technologie comme Waymo permettent par exemple de circuler dans San Francisco dans des taxis autonomes, pour des prix similaires à ceux de sociétés spécialisées dans le transport comme Uber ou Lyft.
Et c’est l’occasion de reparler du fameux mythe du « Trolley Problem » évoqué régulièrement depuis une décennie, concernant la réaction que doit avoir une voiture à conduite autonome dans une situation où un accident paraît inévitable. Ce problème tient au comportement qu’adopterait un véhicule à conduite autonome détectant par exemple des piétons face à elle qu’elle pourrait uniquement éviter en percutant délibérément un mur quitte à faire courir un risque à ses propres occupants. Un choix éthique et philosophique qui n’a aucune base réelle d’après David Twohig, ancien directeur du département « futur automobile » de Waymo, comme il l’explique aux journalistes du Motorhome dans la vidéo ci-dessous : « je suis une voiture autonome et je me retrouve dans une situation où je dois sauver une mère et son enfant ou un groupe de dix personnes à côté. C’est un problème dont discutent beaucoup les journalistes, les philosophes et les penseurs mais pas les ingénieurs. Car en réalité, la voiture autonome ne doit jamais se retrouver dans une situation du Trolley Problem. Elle est précisément programmée et conçue pour éviter cela. Pour ne jamais réagir trop tard, contrairement à l’humain ».
Et d’ailleurs, les particuliers pourront-ils vraiment acheter une voiture autonome ?
L’argumentaire de David Twohig n’est pas différent des autres spécialistes de ces voitures autonomes, réfutant eux aussi le réalisme du Trolley Problem » : Volvo Autonomous Solutions, par exemple, conteste aussi ce postulat. Les voitures autonomes ne pourraient ainsi théoriquement jamais se retrouver dans des situations de ce genre, puisqu’elles sont conçues pour ne pas faire des erreurs de conduite pouvant mener à devoir prendre des décisions aussi extrêmes.
A noter que David Twohig estime aussi, en contradiction totale avec les promesses d’Elon Musk, que la technologie des voitures à conduite autonome ne sera accessible qu’aux sociétés et pas aux particuliers dans un futur proche : elles coûteraient trop cher à l’achat sur des véhicules où la responsabilité est réellement transmise à 100 % au constructeur plutôt qu’au conducteur.





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