Les voitures électriques ne suffiront pas : Genesis, nouvelle marque « premium » de Hyundai, prévoit de l’hybride
La nouvelle marque de luxe de Hyundai espère ne pas faire les mêmes erreurs qu’Infiniti et ne veut pas prendre les mêmes risques que Cadillac : consciente que la clientèle européenne n’achète que peu de voitures électriques de luxe sur ses principaux marchés, elle prépare des modèles à plusieurs niveaux d’hybridation pour rattraper Lexus.

Rien à voir avec la Hyundai Genesis, ce coupé sportif et abordable commercialisé par le constructeur coréen chez nous entre 2010 et 2013. Simple modèle de berline aux Etats-Unis entre 2008 et 2016 et devenue une marque à part entière en Corée du Sud et aux Etats-Unis en 2015, Genesis peut se décrire comme la réponse de Hyundai Motor au Lexus de Toyota et à l’Infiniti de Nissan : une division visant le marché « premium » mondial dominé par BMW, Mercedes et Audi, qui a annoncé son arrivée en Europe l’année dernière et son implantation en France au mois de février.
Avec quels produits ? Pas les gros modèles thermiques constituant l’écrasante majorité des ventes de Genesis aux Etats-Unis et en Corée du Sud (avec tout de même 220 000 autos écoulées dans le monde en 2025), incompatibles avec les redoutables normes européennes et les spécificités de ce marché. Pour ses débuts européens, Genesis mise essentiellement sur le GV60, cousin plus luxueux du Hyundai Ioniq 5 et du Kia EV6, en plus des GV70 (un SUV de 4,72 mètres converti à l’électricité) et G80 (une berline de 5,13 mètres également transformée en voiture électrique).
L’électrique ne suffira pas chez nous
Certes, cette technologie électrique permet de résoudre le problème des normes européennes. Mais en dehors de marchés spécifiques comme celui de la France ou de la Norvège, où les véhicules de luxe thermiques sont lourdement pénalisés, le nouveau constructeur admet qu’il faut des véhicules embarquant un moteur thermique pour séduire la clientèle d’autres pays -plus importants en volumes de ventes- comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni. « Le marché européen est complexe et la demande de la clientèle varie énormément en fonction des pays », reconnait le directeur de Genesis Europe Peter Kronschnabl.
« Voilà pourquoi nous prévoyons une capacité multi-énergie de notre future plateforme réservée à la marque Genesis, qui arrivera après la fin de carrière des modèles actuels », explique-t-il. « Cette plateforme pourra servir à la fois à des motorisations hybrides ou des groupes motopropulseurs à prolongateur d’autonomie », précise-t-il.
Six modèles européens à moyen terme
« Actuellement, la gamme de Genesis compte neuf modèles aux Etats-Unis. En Europe, il y en a trois pour son lancement. J’espère pouvoir doubler ce chiffre à moyen terme une fois que notre nouvelle plateforme dédiée sera prête », nous explique Peter Kronschnabl.
Les prix de ces trois premiers modèles européens de Genesis paraissent plutôt ambitieux, d’ailleurs : ils se placent au même niveau ou même au-dessus des produits rivaux de BMW, Audi et Mercedes. « Je veux vraiment que nous arrivions à convaincre les clients européens de la qualité de nos voitures », ajoute Peter Kronschnabl. Les GV60 et GV70, dans lesquels nous avons pu monter à Imola après avoir observé de près le GV60 à une précédente occasion, affichent effectivement une très belle finition intérieure et une ambiance luxueuse avec des cuirs aux couleurs contrastées et de jolis habillages. Mais au registre de la technologie, les GV70 et G80 Electrified paraissent un peu dépassées par la concurrence à cause de leurs châssis conçus pour du thermique, convertis à la technologie électrique.
Jusqu’où peut aller Genesis ?
La marque Genesis peut-elle s’aventurer plus loin dans le prestige automobile ? Elle lance aussi sa division sportive « Magma » (rival des Mercedes-AMG, BMW M, Audi Sport…) et utilise son engagement en catégorie Hypercar dans le championnat WEC pour construire son image. Elle a récemment dévoilé plusieurs concept-cars à la vocation élitiste, dont la GT qui prend la forme d’une vraie supercar (basée sur un châssis de Chevrolet Corvette C8, pour l’anecdote !). « Ces concept-cars sont là pour le show mais nous évaluons la possibilité de lancer des projets en série plus ambitieux que le simple développement d’une gamme de modèles grand public. Il faut évidemment trouver un axe de rentabilité et de réalisme, mais on planche dessus », explique Peter Kronschnabl. L’idée d’une « voiture vitrine », coûteuse à produire mais permettant de faire connaître la marque et d’amener les clients vers ses autres modèles, n’est pas écartée non plus.
Alors, Genesis peut-elle devenir une marque premium incontournable chez nous à la façon de Lexus et contrairement à Infiniti ? Pour le savoir, il faudra probablement attendre l’arrivée des premiers modèles basés sur son architecture dédiée. En attendant, nous essaierons bientôt le GV60, ce SUV électrique positionné entre un Audi Q4 et un Q6 qui semble posséder un certain potentiel « premium ».






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