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Pourquoi Uber tente le pari de l’hydrogène en France, malgré une filière en crise

Dans Flottes auto / Mobilité pro

Lionel Bret

La plateforme américaine a annoncé un investissement stratégique dans la start-up tricolore HysetCo. Alors que de nombreux acteurs jettent l’éponge face au coût élevé de la molécule et aux limites de l’infrastructure, ce partenariat, le premier du genre en France pour Uber, relance le débat autour de la pertinence de la voiture hydrogène pour verdir les parcs entreprises.

Pourquoi Uber tente le pari de l’hydrogène en France, malgré une filière en crise
Uber et HysetCo veulent intégrer 2 000 taxis à hydrogène d’ici cinq ans en Ile-de-France ©HysetCo

Alors que la filière française de l’hydrogène traverse une zone de fortes turbulences, Uber a choisi d’officialiser, ce 22 avril, son premier investissement direct dans l’Hexagone.

Ce partenariat financier doit permettre à HysetCo de déployer davantage de véhicules et d’infrastructures de recharge en Île-de-France avec l’intégration de 2 000 taxis premium à hydrogène d’ici cinq ans.

Une filière sous haute tension

L’année 2025 a pourtant été agitée pour le secteur de l’hydrogène. Entre les difficultés financières de pionniers comme McPhy ou Safra et le coup d’arrêt d’Hyvia (coentreprise entre Renault et Plug Power), le rêve d’un hydrogène accessible à tous s’est dissipé.

Le divorce fracassant entre HysetCo et son partenaire historique, les taxis Hype, a rajouté une touche de flou sur la pertinence de la filière. L’opérateur de taxis s’est tourné vers l’électrique à batterie, jugeant l’hydrogène « trop cher » et son infrastructure « trop aléatoire ».

Avec un prix à la pompe oscillant entre 16 et 18 euros le kilogramme, rouler à l’hydrogène revient aujourd’hui près de trois fois plus cher qu’un plein d’électricité classique. Dès lors, pourquoi Uber s’entête-t-il là où d’autres reculent ?

Le temps, l’argent et les bons clients

La réponse tient peut-être dans la quête de productivité. Pour un chauffeur Uber effectuant des courses enchaînées en zone urbaine dense, le temps de recharge est une perte sèche. « Une borne électrique rapide mobilise le véhicule quarante minutes. L’hydrogène, c’est trois minutes », souligne un analyste du secteur. En cas de doublage, lorsque deux chauffeurs se partagent ce loyer, il n’y a donc pas d’attente pour refaire le plein lors de la transmission du volant. De quoi rentabiliser les rotations des véhicules.

Par ailleurs ces taxis seront accessibles uniquement à une clientèle premium. L’offre Uber Business Taxi s’intègre dans l’écosystème Uber for Business avec une clientèle de travail très sensible au service rendu et moins au prix. Celle-ci assure aussi un flux de courses quotidiennes permanentes et bien structurées.

Par ailleurs, 65 % des employés déclarent que les habitudes de transport imposées ou suggérées par leur entreprise influencent leurs choix privés, selon une étude de Deloitte (2025) sur la mobilité durable. C’est donc aussi une stratégie de fidélisation par l’exemple. Uber utilise le segment Business comme un laboratoire. En commençant par les clients les plus exigeants, la plateforme entend créer une « désirabilité » pour cette technologie. Avec toute la gamme de service premium qui va avec.

Un investissement de précaution

La forme financière de l’accord — un prêt convertible — révèle la prudence d’Uber. Le prêt a vocation à se transformer en actions de l’entreprise à l’avenir. Ce mécanisme permet à la plateforme de soutenir la croissance de HysetCo sans prendre de risque immédiat sur le capital.

Si l’hydrogène  parvient enfin à baisser ses coûts de production grâce au passage à l’échelle, Uber deviendra un actionnaire clé d’un leader européen. Dans le cas contraire, elle aura au moins assuré une vitrine technologique pour sa clientèle haut de gamme.

En choisissant HysetCo, Uber s’offre une « sécurité » industrielle. Soutenu par Toyota, Air Liquide et TotalEnergies, l’opérateur de taxis est l’un des rares rescapés capables de garantir à la fois la fourniture des berlines (la Toyota Mirai) et l’accès aux stations de recharge.

À travers ce partenariat, Uber tente de démontrer qu’en ville, la transition énergétique ne sera pas uniforme. Si l’électrique semble avoir gagné la bataille du grand public, l’hydrogène peut encore s’avérer un pari gagnant sur l’avenir.

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