Jusqu'au 11 mars prochain, le Salon International de l'Agriculture met en valeur les céréales dans l'espace de la région Ile-de-France. Afin de sensibiliser les visiteurs aux enjeux de la culture céréalière pour la région, des conférences et des animations sont proposées, tant sur ses bienfaits culinaires et diététiques que sur la diversification de la filière avec le développement des biocarburants.

L'Ile-de-France, qu'on pourrait qualifier d' « ancien grenier alimentaire » du pays, prend un tournant décisif en choisissant de jouer un rôle à la fois environnemental et économique : les biocarburants offrent « de réelles perspectives pour le monde agricole, une petite lumière dans le couloir un peu sombre des dernières années » d'après Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles). L'agriculture couvre encore 50% du territoire francilien, mais pour un jeune exploitant qui s'installe, on en compte dix autres qui mettent la clé sous la porte.

Afin de répondre aux objectifs français qui demandent d'incorporer jusqu'à 7% de biocarburants dans les carburants fossiles d'ici 2010, les céréaliers misent sur la production de colza, dont l'évolution est la plus spectaculaire. Entre 2003 et 2006, la surface dédiée au colza énergétique a triplé en Ile-de-France : 32% des champs de colza sont désormais destinés à la fabrication du diester, le biocarburant des véhicules diesel. Le blé et la betterave à sucre, pour le bioéthanol, connaissent une progression bien plus lente : alors que le blé est la céréale la plus cultivée dans la région, seul 1% est consacré à la production énergétique.

En plus de jouer un rôle positif en matière d'environnement, les biocarburants sont une alternative économique pleine d'avenir pour notre agriculture, et redonne de surcroît espoir aux exploitants : « On espère que les cultures énergétiques seront pour nous une bouée de sauvetage » nous dit Christophe Hillairet, président de la Chambre interdépartementale d'agriculture d'Ile-de-France.

Un espoir aussi pour certains villages, qui comptent sur la demande croissante de la production énergétique pour lutter contre la désertification rurale.