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Diesel - Prime, malus, taxe des carburants : où est la cohérence ?

Dans Economie / Politique / Politique

Diesel - Prime, malus, taxe des carburants : où est la cohérence ?

La ministre de l'écologie parle de cohérence dans sa politique de lutte contre la pollution de l'air. Mais si le diesel va être sorti de la prime à la casse, on dévoile une grille du malus 2021 qui l'avantage toujours.

Cette fois, c'est fait. Le gouvernement va exclure tous les diesels du dispositif de la prime à la casse. Il avait déjà donné un bon tour de vis l'année dernière en réservant cette aide aux modèles mis en service après le 1er septembre 2019. Dès le 1er janvier 2021, la prime ne concernera plus les véhicules Crit'Air 2, donc aucun diesel.

Un flou gouvernemental s'est quand même créé. Lundi, l'exclusion du diesel de la prime à la casse a été annoncée fièrement par Barbara Pompili, ministre de la Transition Écologique depuis cet été, soulignant qu'elle s'y était "engagée" et que c'est "une question de cohérence de notre politique de lutte contre la pollution de l'air". Mais le lendemain, Agnès Pannier-Runacher, ministre chargée de l'Industrie, a dit que c'est un point à discuter avec la ministre de la Transition Écologique. Bercy n'hésite ainsi pas à montrer son désaccord face à cette mesure !

Du côté de Matignon, on valide la position de Barbara Pompili. Pour cette dernière, il s'agit d'appliquer une mesure de la convention citoyenne sur le climat. Et son cabinet indique qu'il faut agir sous la menace du Conseil d'État d'une astreinte de 10 millions d'euros par trimestre pour le dépassement des seuils maximaux d'oxyde d'azote (NOx) dans plusieurs métropoles. Le ministère de la Transition Écologique se baserait notamment sur un rapport demandé en 2019 pour étudier la nocivité des diesels récents face aux essences. Et selon un conseiller cité par le Parisien, l'étude indiquerait que les diesels émettent 4,5 fois plus de NOx que les essences.

D'un côté, on pense au climat, de l'autre aux emplois. C'est en effet un des arguments avancés par Agnès Pannier-Runacher, qui travaille sous la houlette de Bruno Le Maire, lui-même frileux face aux décisions qui peuvent perturber la relance de l'industrie automobile, fortement secouée par le coronavirus. La ministre rappelait que 35 000 emplois dépendent du diesel. Reprenant ce chiffre, la CFE-CGC Métallurgie est ainsi montée au créneau, inquiète pour des emplois "localisés en France et indispensables aux territoires et à leurs tissus économiques locaux".

S'il ne s'oppose pas à la transition écologique, le syndicat demande du temps pour que les changements s'adaptent aux délais de développement de la filière, industrie d'un temps long. Pour la CFE-CGC, ne plus accorder de prime à la casse pour les diesels même récents "ne peut que fragiliser encore plus une filière automobile qui travaille d'arrache-pied à la transition énergétique, malgré toutes les difficultés liées au Covid-19". Le syndicat rappelle que des entreprises de l'industrie auto "sont déjà en train de négocier un certain nombre d'accords de compétitivité suite à l'effondrement du marché".

Sur la question du diesel, la CFE-CGC demande donc au gouvernement "cohérence et constance". Voilà bien deux mots qui collent mal avec la position des gouvernements successifs face au diesel. Alors si, il y a maintenant une forme de constance depuis quelques années, pour nos dirigeants politiques, le diesel, ce n'est pas bien et ce n'est plus l'avenir, le futur se devant d'être électrifié. Il ne faudrait donc plus encourager les ventes de modèles diesel.

Mais pour la cohérence, on cherche toujours, car il y a toujours cette hérésie du malus écologique, qui plus de dix ans après sa création, continue de favoriser le diesel en se basant toujours uniquement sur le CO2. Ainsi en 2021, un 3008 essence 130 ch aura un malus d'au moins 240 €, quand le diesel de 130 ch échappera toujours à la taxe ! Plutôt que de le rendre plus sévère pour tous, Barbara Pompili, qui on le rappelle défend "la cohérence dans la politique de lutte contre la pollution de l'air", aurait peut-être dû plancher enfin sur une double grille pour ne plus favoriser le diesel ! Elle préfère penser à la mise en place du malus au poids, mais Bercy a vite écarté cette idée, pour ne pas pénaliser les véhicules français assemblés dans l'Hexagone, notamment les SUV familiaux de PSA.

En plus du malus, on ajoute le large avantage qu'a toujours le gazole face au sans-plomb à la pompe, Emmanuel Macron ayant renoncé à aligner les prix suite aux manifestations de gilets jaunes. D'ailleurs, le gouvernement comptait même augmenter la taxe sur le SP 95 E10 en 2021, sans toucher à celle du gazole, creusant un peu plus l'écart ! Bercy a toutefois renoncé à cette idée sentant déjà une contestation monter. À la mi-octobre, le gazole était moins cher à la pompe de 12 centimes par litre.

Cette fiscalité plus avantageuse pour le diesel, c'est quand même un beau reste de cette longue époque où l'on a favorisé les ventes de TDI, HDi ou dCi avant de subitement changer de position (preuve qu'entre deux périodes de constance on fait des virages à 180°), à la faveur notamment du scandale Volkswagen. Une affaire qui a certes montré des dérives et des arrangements avec les normes, mais qui semble avoir définitivement enfumé l'esprit de nos gouvernements, qui oublient que les diesels récents suivent maintenant de strictes normes anti-pollution face auxquelles on ne peut plus tricher, la norme WLTP ayant ajouté des garde-fous.

Le mal est fait, car même si la fiscalité penche en faveur du diesel, les ventes de ces modèles se sont écroulées en un temps record, passant à 30 % à peine des immatriculations en France en 2020. Victoire pour nos élus ? Problème : la diabolisation du diesel a poussé les Français à acheter de l'essence. Et après ça, élus et associations s'alarment d'une hausse des rejets de CO2 parmi les véhicules vendus ! On n'est jamais à une incohérence près.

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Commentaires (82)

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En réponse à gignac31

Commentaire supprimé.

Le diesel moderne il y a rien de pire en terme de fiabilité.

C'est finit les diesels "solides" maintenant on achète une technologie ultra complexe (pour la dépollution), qui au moindre grain de sable dans le système coûte un bras (EGR, FAP, Catalyseur, etc, etc...).

Donc, non un diesel moderne c'est pas un bon plan (ou à vendre absolument avant 100 000 km car les emmerdent couteuses arrivent à partir de ce kilométrage).

Par

"La ministre de l'écologie parle de cohérence dans sa politique de lutte contre la pollution de l'air. Mais si le diesel va être sorti de la prime à la casse, on dévoile une grille du malus 2021 qui l'avantage toujours."

Encore un papier inutile de quelqu'un qui n'a rien compris. Toujours cette confusion santé/climat. Bonus/malus = climat (CO2), Vignettes Critair/PAC = sanitaire, c'est si difficile à comprendre ?

Du coup oui, le diesel est meilleur pour le climat et jugé moins bon pour la santé, donc il tombe au milieu. C'est comme ça, il faut s'en remettre maintenant, et comprendre que ce n'est pas aux gouvernants de faire des choix technologiques à la place des constructeurs.

Arrêtez de parler d'incohérence, il y a juste 2 problèmes à régler et 2 outils.

Par

En réponse à gignac31

Commentaire supprimé.

Moi aussi j'espere le retour du diesel car contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, ces moteurs on jamais autant progresser, concernant la pollution, de plus ils consomment peu, on se voile la face concernant l'électricité, une alternative qui n'est pas exemple de reproche( fabrication general du vehicule, des batteries: extraction miniere desastreuse, recyclage etc, usure des pneus et plaquette de frein qui pollue etc etc !) alors les bobos ecolo, les medias,etc, ferai bien de se taire, car ils donnent pas forcément l'exemple et s'appuie sur des infos, ou la véracité reste a prouver !

Par

Le malus n'oriente plus vers le diesel vu qu'il concerne de plus en plus les faibles grammages. Il sert surtout à orienter vers des moteurs à basse cylindrée mais surtout aux électriques et hybrides rechargeables...

Dans ce cas là ils sont plus cohérent que cet article :bah:

Par

En réponse à Axel015

Le diesel moderne il y a rien de pire en terme de fiabilité.

C'est finit les diesels "solides" maintenant on achète une technologie ultra complexe (pour la dépollution), qui au moindre grain de sable dans le système coûte un bras (EGR, FAP, Catalyseur, etc, etc...).

Donc, non un diesel moderne c'est pas un bon plan (ou à vendre absolument avant 100 000 km car les emmerdent couteuses arrivent à partir de ce kilométrage).

Attention ne pas tomber ds la psychose de la fiabilte et surtout pas en faire une généralité, j'ai rouler 20ans en D. peu de soucis !

Par

La cohérence a t-elle déjà existé dans un gouvernement ? a mon avis ça se saurait...

Quand au diesel longtemps soutenu par les gouvernement depuis une vingtaine d'année, la tricherie mise au jour en 2015 a tout remis a plat.

Plusieurs municipalité de grandes villes on pris la décision suite au "dieselgate" d'interdire le diesel dans les villes a compter de 2024 / 2025 , donc rien d'étonnant que la ministre actuelle décide de couper les subventions a ce type de motorisation.

Par

Avec les carburants synthétiques dont la fabrication permet une baisse significative le Diesel aura un avenir.

La dépollution double ECR pour Nox , la baisse encore possible des émissions de CO2 par rapport à l'essence et l'autonomie en font encore une alternative aux piles chinoises qui ne feront que détruire plus nos emplois ..

Par

En réponse à gignac31

Commentaire supprimé.

Je ne sais pas ou tu a vu que la vente des motorisation diesel augmente, les chiffres publiée en France comme partout en Europe démontrent le contraire. La chute du diesel a commencé en 2011 et n'a jamais cessé, les ventes sont passé de plus de 70% fin des années 2000 à peine plus de 30% actuellement.

Par

En réponse à mezenc43

Attention ne pas tomber ds la psychose de la fiabilte et surtout pas en faire une généralité, j'ai rouler 20ans en D. peu de soucis !

Le diesel c'est pour les gros rouleurs.

Par

En réponse à mezenc43

Attention ne pas tomber ds la psychose de la fiabilte et surtout pas en faire une généralité, j'ai rouler 20ans en D. peu de soucis !

Je parle des diesels modernes qui sont de plus en plus complexes.

Evidemment, il y a 20 ans un diesel n'était pas aussi complexe.

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