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Enquête: faut-il choisir une auto-école en ligne?

Dans Pratique / Autres actu pratique

Lionel Bret

Les auto-écoles en ligne promettent des tarifs défiant toute concurrence, mais cela se vérifite-t-il concrètement? Et quid de la qualité de la formation?

Avec une auto école online les leçons de conduite sont dispensées par des moniteurs diplômés, comme dans un établissement traditionnel. (®En Voiture Simone)
Avec une auto école online les leçons de conduite sont dispensées par des moniteurs diplômés, comme dans un établissement traditionnel. (®En Voiture Simone)

 

Elles s’appellent Ornikar, Le Permis Libre, En Voiture Simone, ou Stych pour les plus connues… Depuis le mitan des années 2010, ces plateformes numériques proposent des formations au code de la route et à la conduite totalement disruptives. 
Plus de locaux, plus d’horaires fixes, ces alternatives aux écoles de conduite traditionnelles révolutionnent l’apprentissage à la conduite. Et si elles ne trustent qu’entre 6 % et 8 % de l’actuel marché du permis de conduire, leur influence ne cesse de croître dans le paysage de l’apprentissage au permis de conduire. 
Avec plus de 100 millions d’euros levés, Ornikar s’inscrit comme une nouvelle pépite de la french tech. Preuve supplémentaire de la confiance affichée par les jeunes pousses du secteur, l’introduction en bourse (une première pour une auto-école online) en février de Le Permis Libre. Une façon pour la société d’asseoir sa notoriété auprès de ses clients et des banques, de disposer d’un gain de visibilité publique et bien entendu de financer sa croissance. Voire son hyper croissance.

Une croissance exponentielle

Son co-fondateur Romain Durand revendique « 220 000 nouveaux candidats sur le dernier exercice, un chiffre d’affaires (14,8 millions d’euros en 2022) multiplié par neuf en quatre ans ». Du côté d’Ornikar, leader national du permis en ligne, Benjamin Gaignault, co-fondateur du site, déclare « 430 000 nouveaux élèves en 2022 ».  De quoi faire pâlir d’envie n’importe quelle auto-école de quartier. Il faut dire que l’essor de ces écoles de conduite on line est parfaitement en phase avec la numérisation de la société. 

Un enseignement flexible 

Leur principe de fonctionnement est très simple. Dans une auto-école digitale, l’enseignement du code se fait exclusivement en ligne. L’élève suit sa formation en quelques clics depuis son smartphone, sa tablette ou son ordinateur. L’avantage : pas besoin de se déplacer vers un centre de formation et une flexibilité des horaires. De chez soi ou à l’autre bout du monde, les modules sont accessibles 24 h/24. Plus question de restrictions de lieu et d’horaires. La matière pédagogique théorique est accessible en permanence.  
Tout au long de sa formation, l’élève bénéficie d’un service de coaching en ligne personnalisé. « La Data nous permet de bien connaître nos utilisateurs et de créer du lien avec eux. Leurs horaires, leurs erreurs, leur assiduité, les thèmes abordés, le temps passé sur le cours… En fonction des données collectées l’algorithme push du contenu en phase avec les besoins de l’élève, les relancent s’ils ne sont plus assez assidus » explique Edouard Rudolph d’En Voiture Simone. 
La personnalisation de l’enseignement selon le profil de l’élève, tel est le credo des acteurs numériques

Plus besoin de se déplacer. Réviser son code de la route ou programmer une leçon de conduite s'effectue en quelques clics depuis son smartphone.
Plus besoin de se déplacer. Réviser son code de la route ou programmer une leçon de conduite s'effectue en quelques clics depuis son smartphone.

A la fin de chaque étape, un test permet de valider les acquis. Une mise en condition réelle d’examen parachève la formation. La collectes de données joue également un rôle dans l’amélioration du service pédagogique. « Avec 110 millions de questions du code répondues chaque mois sur Ornikar, la data permet d’affiner nos questions, leur intitulé, leur présentation. Deux personnes à temps plein ont la charge d’optimiser en permanence l’outil pédagogique » explique Benjamin Gaignault.  
Ce qui vaut pour le code, prévaut également en matière d’apprentissage à la conduite. Comme dans une auto-école traditionnelle, l’élève suit l’enseignement d’un moniteur diplômé. Mais là encore place à la flexibilité. 
L’apprenti conducteur choisit en ligne son créneau horaire (7j/7 de 6 h à 23 h), son point de rendez-vous et son moniteur, parmi un panel d’instructeurs travaillant avec la plateforme. Le Permis Libre dit s’appuyer sur un réseau de 950 moniteurs, Ornikar en revendique 1950.

Lucas Tournet et Romain Durand croient en l'avenir des auto-écoles online et font entrer en bourse leur start-up Le permis libre. Une première en France.
Lucas Tournet et Romain Durand croient en l'avenir des auto-écoles online et font entrer en bourse leur start-up Le permis libre. Une première en France.

Ce sont généralement des enseignants auto-entrepreneurs, mais pas seulement. Les plateformes fonctionnent comme des centres de mises en relation (certains s’en défendent) entre candidats et enseignants. Toutes revendiquent sélectionner avec soin leurs instructeurs via des process qui leurs sont propres (entretiens vidéo, propension à être en phase avec l’opérateur ou une charte de bonne conduite…).
L’avis et les remontées des élèves et le simple jeu de la concurrence permettrait de « faire du quali» et d’écarter les mauvais éléments. Avec plusieurs milliers de candidats inscrits sur leurs sites qui souhaitent obtenir le précieux sésame le plus rapidement possible, il n’est pas certain que les opérateurs aient une grande latitude pour faire un tri drastique parmi les enseignants disponibles, d’autant que ces derniers proposent leurs services à plusieurs, voire à toutes, les auto-écoles digitales en même temps.  
Outre Les moniteurs indépendants, les plateformes indiquent travailler également avec des auto-écoles traditionnelles qui trouvent là le moyen de combler leurs heures creuses. Ornikar par exemple avoue disposer d’une « centaine d’auto-écoles partenaires ».

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Un système gagnant-gagnant en croire les plateformes dans lequel les instructeurs délimitent leur zone de travail et leurs horaires avec une rémunération d’environ 30 € de l’heure. L’opérateur en ligne quant à lui se rémunère en prenant une commission moyenne de 20 %. Certains sites mettent même à disposition des moniteurs un évaluateur de salaire net une fois toutes ses charges déduites (location du véhicule, essence etc.). 
Côté logistique, l’enseignant se déplace jusqu’à un point de rendez-vous fixé d’avance. Ce qui d’après Edouard Rudolph d’En Voiture Simone fait la grande force des plateformes. « Nous avons la possibilité d’ouvrir des points de rendez-vous facilement et n’importe où » en fonction de la demande. Et surtout au plus près des candidats.

Et si le moniteur ne convient pas à l’élève, ce dernier est libre d’en choisir un autre à sa guise. Reste la disponibilité du moniteur. Cela dépend de l’offre et de la demande, ce n’est pas parce que vous vous inscrivez en ligne que la plateforme vous garantit de trouver illico un moniteur disponible juste à côté de chez vous. Au-delà de la flexibilité, le coût serré de la formation est l’autre argument des plateformes. 

Des tarifs (plus ou moins) attractifs

Le prix moyen d’une formation à la conduite serait d’environ 1 800 € (chiffres du ministère de l’Intérieur). Les auto-écoles en lignes quant à elles revendiquent des tarifs 30 % à 35 % inférieurs à ceux pratiqués par les opérateurs historiques, d’autres sources évoquent une différence de 15 %. Mais là encore bien difficile d’y voir claire tant les variations tarifaires sont légion d’une auto-école à l’autre, d’un site à l’autre selon le service proposé. 

Nom du moniteur, horaire et lieu de rendez-vous sont envoyés directement sur votre téléphone.
Nom du moniteur, horaire et lieu de rendez-vous sont envoyés directement sur votre téléphone.

Pour attirer une large clientèle les opérateurs numériques proposent des produits d’appel comme le code de la route gratuit, à 1 €, à 4,99 €, là où d’autres peuvent facturer la prestation jusqu’à 300 euros. Il faut dire que l’outil de pédagogie utilisé est largement amorti.   
Concernant la conduite Ornikar propose un set de 20 h à 729 €. Le même package s’affiche à 799 € chez Le Permis Libre, 749 € chez En Voiture Simone et à partir de 939 € chez Stych, toujours pour 20 h de conduite, soit le minimum de temps de leçons nécessaires pour pouvoir se présenter au permis.
Pour autant, rares sont les prétendants à obtenir le permis après une si courte formation. D’après le ministère de l’Intérieur, sur l’ensemble du territoire une moyenne de 35 heures de cours de conduite est nécessaire pour obtenir le fameux sésame.

Quid du prix de l’heure de conduite supplémentaire ? Bien difficile d’en connaître finement le coût, tant les sites font assaut de subtilité dans leur grille tarifaire. 42,90 € chez En Voiture Simone, à partir de 39,90 € l’heure d’évaluation chez Le Permis Libre (attention, tout est dans le « à partir de »), dès 34,90 € chez Ornikar, et 46,90 € chez Stych. Si l’on considère qu’en moyenne un élève ayant décroché son permis a suivi 35 heures de formation à la conduite, l’addition se rapproche d’avantage des standards nationaux que du low-cost. Pour quel résultat ? 

Taux de réussite

D’après le ministère de l’Intérieur en 2021, le taux de réussite à l’examen du permis de conduire s’établit à 58,4 % (59,2 % pour ceux qui ont passé le permis pour la première fois). Pour choisir son auto-école, il peut être judicieux de regarder ce taux. Mais attention ! Cette donnée est à manier avec prudence. 
Ces chiffres concernent des réalités disparates. D’abord parce qu’ils ne sont pas corrélés aux nombres d’heures de conduite (toutes présentations confondues). Ensuite, parce qu’il y a d’énormes disparités par régions, par ville, voire par horaire d’examen compte tenu de l’état de trafic. Même d’un inspecteur à l’autre, le taux de réussite évolue. Dans cette guéguerre des chiffres chacun se veut meilleur que le voisin. 

Les auto-écoles en ligne représentent à peine 10% du marché de l'enseignement automobile, mais leur influence ne cesse de croître.
Les auto-écoles en ligne représentent à peine 10% du marché de l'enseignement automobile, mais leur influence ne cesse de croître.


Si on se réfère à la carte officielle des auto-écoles, regroupant l’ensemble des acteurs, on s’aperçoit que les auto-écoles en ligne sont tantôt au-dessus de la moyenne, tantôt en dessous… comme peut l’être chacune des 12 000 écoles de conduites traditionnelles. L’indicateur ne s’avère guère pertinent pour choisir son centre et son style de formation. Mieux vaut faire confiance au bouche à oreille et bien se connaître. Les personnes motivées, organisées, persévérantes sont davantage enclines à pouvoir suivre un enseignement dématérialisé.

Réductions, promos et services annexes

L’autre limite du modèle provient du faible taux de fidélisation des clients. Malgré un trafic intense, les auto-écoles digitales parviennent difficilement à maintenir leurs élèves captifs et à les faire migrer vers des services plus rémunérateurs. Ils sont nombreux, attirés par la perspective d’un code de la route à prix modique, voire gratuit, à s’inscrire aux cours théoriques. Une minorité seulement choisit de prendre ses cours de conduite via la plateforme. Chez Ornikar par exemple sur « 430 000 nouveaux élèves inscrits. 350 000 l’étaient pour le code et 80 000 pour la conduite ». Un écart du simple au quadruple. 

Avec les auto écoles en ligne le moniteur se déplace jusqu'à un point de rendez-vous fixé avec l'élève.
Avec les auto écoles en ligne le moniteur se déplace jusqu'à un point de rendez-vous fixé avec l'élève.


Alors pour attirer davantage de clients et surtout les inciter « à consommer maison » les sites n’hésitent pas à afficher des campagnes de promotions, des rabais substantiels sur les leçons de conduite ou encore des packs tout compris. Certains nouent de nouveaux partenariats extra-permis et poussent le développement de leur écosystème vers de nouveaux services comme l’assurance auto, la vente de véhicules ou bien encore le financement. En Voiture Simone entend proposer « une cellule coaching avec une dimension psychologique » (!) afin que l’élève soit dans les meilleures dispositions et à même de surmonter l’anxiété liée à l’examen du permis de conduire. C’est cette propension à réagir et à innover vite, qui fait la force de ces structures digitales. 

Présentation à l’examen

Alors qu’il a été souvent reproché aux plateformes des délais de présentation à l’examen du permis rédhibitoires, l’avènement de RDV permis (système de réservation nominative des places d’examens) rétablit l’égalité des places à entre opérateurs traditionnels et digitaux. Quel que soit le style d’enseignement choisi, chaque élève est quasiment certain d’obtenir une place à l’examen du permis de conduire dans un délai raisonnable d’une semaine à un mois. A quelques exceptions près.

Large maillage territorial

Afin d’étendre d’avantage leur influence, les plateformes continuent un minutieux maillage du territoire. Après les grandes métropoles à forte densité de population, les néo-acteurs du permis de conduire visent les villes moyennes de 50 000 habitants voire les communes rurales où le faible nombre de candidats rend impossible toute implantation durable d’une infrastructure en dure. Ainsi va l’ubérisation du service à l’apprentissage de la conduite. 
De quoi donner des sueurs froides aux écoles de conduite traditionnelle. A moins qu’il y ait pour elles un gain potentiel. Les auto-écoles digitales disent vouloir s’appuyer sur le réseau existant pour couvrir les villes moyennes. Comment ? Tout simplement en fournissant de la clientèle aux auto-écoles en place.  Un simple rôle de mise en relation, dont on ne sait pas encore à qui ce système bénéficiera le plus

 

 

 

 

 

 

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