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La trottinette électrique, outil sous-coté ou concept absurde ?

Il y a 10 ans, conduire une trottinette électrique était signe qu’on était affecté du syndrome Peter Pan. On représentait alors le concept d’adulescent, mot qui tournait plus que de raison sur Linkedin et qui commençait à intéresser les pôles marketing en soif d’un concept à exploiter jusqu’à la moelle. Presque 20 ans plus tard, la trottinette est un objet très présent et même trop présent auquel on attribue tous les maux de la société. Nous avons décidé de faire le point sur un concept décrié mais qui pourtant regorge de potentiel.

La trottinette électrique, outil sous-coté ou concept absurde ?
  • La trottinette électrique, un concept pas si nouveau

On pourrait croire que la trottinette électrique est un concept du 21ème siècle. Que nenni ! La première idée remonte à 1895. C’est à cette date qu’un américain, Ogden Bolton Junior dépose le concept d’un moteur électrique intégré à un moyeu. Il réalise un vélo sans pédale, place la roue motorisée à l’arrière et la batterie sous le tube du cadre. Le moteur pouvait encaisser 100 ampères pour 10 volts de tension. C’est l’invention du scooter électrique.

Source : NewYork time
Source : NewYork time
L’Octoped arborait un design qui serait encore d’actualité aujourd’hui.
L’Octoped arborait un design qui serait encore d’actualité aujourd’hui.

En 1915, l’Autoped voit le jour. Il s’agit de la première trottinette motorisée. Elle sera commercialisée à New-York pendant six ans et même en Allemagne jusqu’en 1922. En revanche ici, point d’électrique mais un moteur 4 temps 155 cm3 à refroidissement par air.

Pourtant, l’Octoped a connu une commercialisation confidentielle. Le succès populaire du concept n’en a pas fait pour autant une réussite commerciale, bien qu’il traversa l’Atlantique pour se vendre en Allemagne.

La trottinette électrique n’est donc pas un délire récent mais bien une envie qui date. De même que le moteur électrique. Il est amusant de constater qu’un siècle plus tard, le même concept arborant des technologies plus modernes a suscité la même réserve. « A suscité » car un élément est venu perturber cela : l’accès en libre-service appelé également « free floating ».

Le « Free Floating » et les dérives

Avant 2017, les utilisateurs de trottinettes électriques ne dérangeaient pas. Puis en 2017 arrive Lime, société de « free floating » ou si vous préférez, de location en accès libre. On pouvait, moyennant une application à installer sur smartphone et un paiement à l’utilisation, emprunter l’une des multiples trottinettes qui envahirent soudainement les rues de métropoles. Ce qui posa trois problèmes majeurs :

1- Les start-up sont arrivées avec des modèles qui n’étaient absolument pas prévus pour un usage intensif. Notamment des Xiaomi M365, vendues aux particuliers et dont le mode d’emploi indiquait noir sur blanc qu’elles étaient réservées à un usage de loisir, et donc certainement pas au free floating. De plus, le poids limite de 100 kg était souvent dépassé, les utilisateurs étant de façon récurrente deux dessus. Le résultat fut logiquement une série d’engins à l’empreinte carbone discutable totalement HS qui agonisaient au sol après quelques mois d’existence à peine.

2- La location, sans aucune caution est une aberration. Les utilisateurs n’y font guère attention. Cela a engendré un taux de renouvellement d’équipement très rapide sans récupération réelle des anciens modèles. Une partie s’est même retrouvée dans les fleuves ou rivières du coin.

3- Le manque de normes, de règles et la facilité d’utilisation ont engendré des comportements proches du n’importe quoi, tant vis-à-vis des piétons que des usagers de la route.

4- Les règles justement, avaient bien du mal à suivre le rythme effréné des start-up qui multipliaient les présences.

Il en découla un ras-le-bol général et la trottinette électrique a été mise dans la case des objets polluants, inutiles, dérangeants et dangereux. Englobant également ceux qui utilisaient leur propre véhicule électrique, payé souvent assez cher et qui en prenaient soin.

Mais la loi arriva, à grand renfort de règles dont le but était d’encadrer un tant soit peu ce joli capharnaüm.

Une législation stricte

Les feux et catadioptres font partie des nouvelles obligations, mais rares sont les trottinettes étant vendues sans phare.
Les feux et catadioptres font partie des nouvelles obligations, mais rares sont les trottinettes étant vendues sans phare.

La loi EDPM pour (Engin de Déplacement Personnel Motorisé) a tenté de reprendre chaque point problématique pour donner cette liste :

  • La conduite d’une trottinette électrique, d’un hoverboard ou d’un gyropode est interdite à toute personne de moins de 12 ans.
  • Il est interdit de conduire après avoir été sous l’influence de l’alcool ou après usage de stupéfiants.
  • Le transport de passagers est interdit.
  • L’usage d’écouteurs ou d’un téléphone est interdit.
  • L’assurance d’un engin de déplacement personnel motorisé est obligatoire. Les services de location d’EDPM en libre-service (free-floating) doivent souscrire une assurance pour couvrir leurs usagers.
  • Les engins de déplacement personnel motorisés ne peuvent pas circuler sur le trottoir sauf s’ils sont tenus à la main.
  • En agglomération, les usagers d’engins de déplacement personnel motorisés doivent circuler sur les pistes et bandes cyclables lorsqu’il y en a. Si ce n’est pas le cas, les usagers peuvent circuler sur les routes dont la vitesse maximale autorisée est inférieure ou égale à 50 km/h.
  • Hors agglomération, les EDPM peuvent circuler uniquement sur les voies vertes et les pistes cyclables.
  • Les EDPM peuvent être garés sur le trottoir sans gêner la circulation des piétons ou nuire à leur sécurité.

Avec une petite infographie pour que ce soit plus simple à comprendre, si toutefois cela ne l’était pas.

La trottinette électrique, outil sous-coté ou concept absurde ?

Malheureusement, cela laisse planer un flou concernant l’assurance obligatoire. Avant cette loi, l’assurance habitation couvrait les déplacements à trottinette de la même manière que les déplacements à vélo et ce, même si le vélo est assisté électriquement. Or, il est difficile de prouver cette couverture. D’ailleurs, de nombreuses assurances n’ont aucune offre pour les EDPM.

La route est l’option possible lors de l’absence de voie cyclable.
La route est l’option possible lors de l’absence de voie cyclable.

Un moyen de transport efficace et rationnel

La trottinette électrique reste pourtant un moyen de transport intéressant à plus d’un titre. Elle permet de se rendre, sur des trajets inférieurs à 20 km, rapidement d’un point A à un point B, sans effort, sans fatigue, sans transpirer.

Certains modèles se portent facilement, d’autres dépassent les 30 kg et ne peuvent être facilement montés à l’étage.
Certains modèles se portent facilement, d’autres dépassent les 30 kg et ne peuvent être facilement montés à l’étage.

L’autonomie des modèles récents peut dépasser les 120 km. Il existe beaucoup de types de trottinettes dont certaines tournent autour de 10 kg et permettent des trajets courts. On peut apporter sa « trott » au bureau, dans un open space sans qu’elle ne gêne. À la différence d’un vélo, il est possible de l’embarquer dans le métro et même dans certains magasins, tenue à la main.

Le prix moyen à l’achat d’un engin utilisé quotidiennement tourne autour de 700 €. Le coût de la recharge annuelle dépasse rarement les 20 €. Avec un litre de SP98 à 2 €, l’économie réalisée sur l’essence est déjà un énorme avantage. Puis cela permet de soulager la voiture (et la moto) des trajets courts qui usent prématurément la mécanique.

La trottinette électrique, outil sous-coté ou concept absurde ?

Mais c’est surtout la sensation de liberté que dégage la trottinette qui fait plaisir. Sentir le vent en pleine face, ne pas être étriqué dans un wagon, surtout avec le COVID, pouvoir déconnecter du smartphone et des tracas quotidiens pour simplement se concentrer sur la route.

Avec 1 000 cycles de charge, les trottinettes peuvent assurer environ 20 000 km avant de voir la capacité de leur batterie diminuer. Batteries faciles à remplacer sur pas mal de modèles.

Il y a un côté bidouille également et de nombreux groupes Telegram ou Facebook pour faire l’entretien soi-même.

Suspension Monorim sur Ninebot G30 Max en plein atelier (improvisé).
Suspension Monorim sur Ninebot G30 Max en plein atelier (improvisé).

Reste la plus grosse contrainte, l’assurance. Elle est obligatoire mais mal encadrée. Les compagnies d’assurance couvrant ces engins sont encore rares. Il faut également bien choisir le modèle, le marché de la trottinette étant un jeu de chaises musicales dans lequel les joueurs viennent et partent. Il n’est pas impossible de se retrouver sans moyen de réparer son véhicule. Enfin, il faut l’utiliser dans un rayon court. À 25 km/h, 20 km représentent une bonne heure si on compte les feux, les arrêts, les ralentissements.

Mais dans l’ensemble, la trottinette est un amusant et économique véhicule de transport individuel sur courte distance. Puis elle permet de soulager sa voiture ou sa moto.

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