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Renault : ce qui ne va pas… et ce qui va bien

Dans Economie / Politique / Autre actu économie / politique

, mis à jour

Renault est mal en point. Plombé par l'affaire Ghosn, les contre-performances de ses grands modèles, la tempête au sein de l'Alliance… Mais tout n'est pas mauvais. Le Losange a encore des atouts pour se relancer rapidement. Caradisiac fait le point sur les problèmes qui ont conduit à cette situation, mais aussi sur les éléments rassurants.

Renault : ce qui ne va pas… et ce qui va bien

Ce qui ne va pas

Des résultats financiers dans le rouge

C'est bien sûr le plus gros problème, celui qui suscite de réelles inquiétudes. En 2019, le groupe Renault a enregistré sa première perte depuis 2009, avec un résultat net à - 141 millions d'euros contre + 3,3 milliards d'euros en 2018. Le Losange a été pénalisé par une diminution de ses ventes (- 3,4 %). Il a été plombé par une baisse des ventes aux partenaires et une faible contribution de Nissan, dont le Losange détient 43 % (242 millions d'euros de contribution contre 1,5 milliard en 2019). Le problème est qu'en février la marque avouait déjà que 2020 ne s'annonçait pas mieux… et depuis, la crise du coronavirus a éclaté.

Des usines en surcapacité

Les capacités de production du groupe sont trop importantes en rapport des ventes totales. En France, si les sites dédiés aux utilitaires tournent bien (Sandouville, Batilly, Maubeuge), ceux pour les véhicules particuliers fonctionnent largement en dessous du plein régime. C'est notamment le cas de Douai, mais aussi de Flins. À l'étranger, le site chinois de Wuhan tournait au ralenti depuis son ouverture en 2016, la marque a décidé de le laisser à son partenaire local Dongfeng. À cela s'ajoute le fait que l'Alliance va davantage partager les usines… et Nissan en a aussi beaucoup en surcapacité. Si des productions sont regroupées, Renault pourrait faire un choix entre ses deux grands sites espagnols (Palencia et Valladolid).

Renault : ce qui ne va pas… et ce qui va bien

Un haut de gamme en pleine déconfiture

Si le site de Douai tourne au ralenti, c'est parce qu'il assemble trois modèles qui ne rencontrent plus le succès : les Scénic, Talisman et Espace. Après avoir hésité, Renault avait donné une nouvelle chance à ses monospaces. Étant conscient que la mode est aux SUV, il a ajouté une petite dose crossover à leur recette… mais la mode est aux SUV ! Ces trois modèles en souffrent clairement et logiquement.

Le marché des grands monospaces est quasiment réduit à néant, mais le Losange n'avait pas envie de mettre fin prématurément à une de ses icônes, porte-drapeau de son haut de gamme. À peine 10 000 exemplaires ont été produits en 2019. La Talisman ne fait guère mieux. Illustration que les goûts ont changé : presque discrètement, le Koleos se vend bien mieux, grâce notamment à une meilleure implantation internationale. Et il ferait encore mieux s'il avait 7 places comme son cousin X-Trail… mais il ne fallait pas faire trop d'ombre à l'Espace !

Cela mène à un constat inquiétant : au-dessus de la Mégane, rien ne va ! Heureusement, un ambitieux Kadjar 2 est en préparation, avec deux longueurs.

La difficile bataille de l'image

Renault assume un positionnement de constructeur généraliste "tout court", alors que Peugeot est monté en gamme, se définissant comme généraliste premium. Le Losange semble maintenant dans un ventre-mou du marché, face à une foule de labels. Entre les historiques comme Opel et les valeurs montantes comme Skoda, il lui devient peut-être compliqué de trouver une place. La concurrence a souvent un argument fort : une longue garantie (Kia), l'image de Volkswagen (Skoda), l'hybride (Toyota)… Qu'est-ce qui fait LA différence d'une Renault ? On ne sait plus vraiment.

Pour attirer, le Losange a déjà réussi un gros chantier, sa révolution esthétique sous la houlette de Laurens van den Acker. Une nouvelle ère du design appréciée. Mais dans le même temps, le Losange est retombé dans ses travers, avec de gros soucis de fiabilité et de finition. De quoi à nouveau ternir son image. À cela s'ajoute le gênant succès de Dacia, qui donne de plus en plus à Renault l'étiquette de spécialiste du low-cost. Les succès internationaux de Renault sont d'ailleurs low-cost.

Ce qui va

Une bonne implantation internationale

C'est le gros atout de Renault face à son grand concurrent PSA. Alors que ce dernier est hyper-dépendant de l'Europe, le Losange fait déjà la moitié de ses ventes en dehors du Vieux Continent. Certes, il s'est planté sur le marché chinois. Mais Renault a réussi sa percée en Inde, décolle bien en Russie et reste fort en Amérique Latine, où il a notamment réussi le lancement de la petite Kwid. Même si les ventes sont très fluctuantes, la Corée du Sud représente un bon débouché avec la marque Samsung. Le SUV coupé Arkana vient par exemple d'y réaliser un excellent départ.

Le petit monospace Triber, qui démarre bien en Inde.
Le petit monospace Triber, qui démarre bien en Inde.

Sur le bon tempo pour l'électrification

Carlos Ghosn a misé avant les autres sur l'électrique. Trop tôt car le marché n'a pas décollé aussi vite qu'il l'espérait. Mais cela a donné à Renault une avance technique, sa Zoé étant aboutie techniquement, et ses ventes sont devenues correctes. La marque s'apprête maintenant à lancer de nouveaux modèles sur une base inédite mise au point avec Nissan, la CMF-EV. Deux SUV sont annoncés.

Comme Ghosn n'a voulu miser que sur l'électrique, Renault avait mis de côté l'hybride. Grosse erreur qu'il corrige enfin avec le lancement dans quelques semaines de ses E-Tech. Il y aura pour commencer une Clio hybride simple tandis que les Captur et Mégane seront hybrides rechargeables. Finalement, Renault comble en bonne partie son retard, d'autant que la plupart des concurrents généralistes se lancent aussi tout juste sur le marché des hybrides.

La pépite Dacia

C'est LE succès du groupe. Relancé en 2004 avec la Logan, Dacia s'est rapidement imposé comme un grand d'Europe. Il a atteint 736 000 ventes en 2019 ! Le label a su évoluer, soignant davantage style, présentation et équipements, tout en restant dans son positionnement low-cost. Et cela n'empêche pas la marque d'être rentable. Pour Renault, c'est aussi la base d'une gamme de produits parfaits pour l'export, les Dacia étant dotées d'un Losange en Amérique Latine. Et tout va pour le mieux pour le roumain, qui devrait frapper fort en 2021 avec la Sandero 3 et la Spring, une électrique à prix cassé.

Autre atout du Losange : l'acquisition de Lada, qui a su se relancer en Russie avec la moderne Vesta. Lada a vendu 362 000 autos en 2019.

L'Alliance se relance

Voilà un paragraphe que l'on pouvait mettre des deux côtés. Si Renault en est là, c'est aussi à cause des soucis de l'Alliance, qui lui ont fait perdre du temps, de l'énergie, de l'argent. Hiroto Saikawa, ex-directeur général de Nissan, a plutôt passé son temps à mettre des batons dans les roues de l'Alliance, provoquant notamment la chute de Ghosn, qu'à s'occuper de sa marque. Pas simple de faire tourner un attelage qui n'est pas un groupe mais une super-coopération où l'indépendance est préservée… et donc les méfiances et jalousies.

Mais Saikawa est tombé à son tour et Jean-Dominique Senard, nouveau président du Losange, a réussi à mettre en place une direction de Nissan "Alliance compatible". Désormais, les trois grandes entités sont prêtes à un nouveau départ, dévoilant en janvier 2020 les grandes lignes de la nouvelle feuille de route de l'Alliance.

Il va notamment y avoir la mise en place d'une stratégie leader/follower : un constructeur s'occupera d'une technologie, et la partagera. Fini les doublons, comme sur l'hybride simple, où Nissan et Renault ont mis au point leur propre technologie dans leur coin ! Les synergies vont repartir de plus belle et les trois marques devraient de nouveau travailler pleinement ensemble, ce qui est impératif dans le contexte actuel.

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Commentaires (147)

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Se couper de l alliance,

Avoir de l électronique fiable,

Pousser l électrique, l hybride et arrêter les moteurs de tondeuses à gazon.

On aime tous Renault, mais c est cyclique, tous les 20 ans ça se répète la gueule.

Une génération réussie/une génération loupée, etc...

Par

Dans les atouts de Renault, vous citez Dacia et ses bons résultats en Inde, c'est à dire deux aspects "low cost" de Renault. En point négatif vous citez la déconfiture du HdG et le manque d'image. Bref, je crois que tout est dit: la marque a voulu réduire les coûts au possible, cela a tué son image haut de gamme et finira probablement par tuer son image sportive.

Deux choix s'offrent maintenant à Renault à mon avis:

1) la marque choisit de miser sur ce qui marche actuellement et de continuer dans cette logique "bas coûts", voire développer l'électrique à bas coûts, en abandonnant totalement le HdG pour s'éviter des investissements inutiles.

2) ou alors la marque réinvestit durablement pour améliorer son image en Europe, avec des véhicules "porte-drapeau" et HdG qui dégage plus de marge.

Difficile à dire ce qu'il adviendra de Renault, mais force est de constater que l'avenir n'est pas rose malheureusement. Et c'est regrettable car c'est une marque qui a été capable de beaucoup par le passé... et le naufrage d'une marque européenne n'est jamais bon.

Par

Si les nouveautés à venir sont dotées d'un style un peu plus marqué que la Clio 5, avec un bon niveau de finition, je pense que ça eut redémarrer assez vite. Mais il ne faudra pas se louper sur la fiabilité, point noir depuis des décennies, notamment au niveau logiciel.

Par

En réponse à Commandek

Dans les atouts de Renault, vous citez Dacia et ses bons résultats en Inde, c'est à dire deux aspects "low cost" de Renault. En point négatif vous citez la déconfiture du HdG et le manque d'image. Bref, je crois que tout est dit: la marque a voulu réduire les coûts au possible, cela a tué son image haut de gamme et finira probablement par tuer son image sportive.

Deux choix s'offrent maintenant à Renault à mon avis:

1) la marque choisit de miser sur ce qui marche actuellement et de continuer dans cette logique "bas coûts", voire développer l'électrique à bas coûts, en abandonnant totalement le HdG pour s'éviter des investissements inutiles.

2) ou alors la marque réinvestit durablement pour améliorer son image en Europe, avec des véhicules "porte-drapeau" et HdG qui dégage plus de marge.

Difficile à dire ce qu'il adviendra de Renault, mais force est de constater que l'avenir n'est pas rose malheureusement. Et c'est regrettable car c'est une marque qui a été capable de beaucoup par le passé... et le naufrage d'une marque européenne n'est jamais bon.

Les Dacia sont vendus sous la marque Renault en Inde et dans certains pays, Dacia étant inconnu dans ces contrées lointaines!

Par

Je remet mon commentaires que j'ai écrit sur le post des fermetures d'usine ...

Beaucoup de gens encensent Carlos Goshn.... et je ne vois pas pourquoi!

On demande à ces "têtes" d'être visionnaire (il est loin d'un Louis Schweitzer) et aujourd'hui l'Alliance récolte les décisions par cet homme!

L'Alliance ne se casse pas la gueule depuis son départ, mais bien depuis avant.

Il a sauvé Nissan? hmmm à coup de licenciement et du cost killing surtout! En réduisant la voilure on fait certains économies oui mais il n'y a rien de concret et cohérent de construit....

La meilleure technologie de Renault et Nissan n'ont pas été réunie, et certains choix imposé aux japonais surtout côté motorisation où le bat blesse! Les "co-développement" comme ils l'appellent n'en étaient pas tous !

Ce qui est dommage ce que cette alliance aurait pu prendre un vraie tournant technologique depuis les années 2000. Nissan a baissé en qualité sur certains segment acquis depuis les 2010 et veut sortir de cette situation... Le risque de fusion ayant été mijoté par Carlos, les japonais n'étaient pas emballés.

Les clients fidèles à Nissan s’identifiant à la fiabilité de la marque (moteur à chaîne dont Nissan est spécialiste) et son rapport qualité/prix/durabilité. Aujourd'hui on ne retrouve plus cela...

A voir les plans présentés en version finale, ,et en espérant qu'il y a un/une visionnaire qui puisse trouver un ligne directrice qui permettra à cette alliance d'évoluer surtout pour l'emploi...

La seule marque de cette pseudo-alliance dont le mystère reste d'actualité est Mitsubishi, Nissan ayant pris 34% de cette division automobile d'un des plus gros conglomérats mondiaux et Renault n'ayant pas de parts direct...Mitsubishi Heavy Industries participe à la fabrication des moteurs ( aux cotés de moteurs de camion/bateaux etc etc) et pour d'autres marques, laisseront-ils partir cette production ailleurs si l'alliance décide d'y mettre leur moteur Renault? Sachant que c'est aussi le seul de l'alliance qui a une maîtrise sur tous les domaines essence, diesels et PHEV - Electrique et électronique (composant, ECU etc...).

Mitsubishi Eletric fabrique même des boîtiers électronique pour VAG etc, ils ont une filiale verrerie (AGC), métallurgie etc...

Petite dans cette alliance bric à brac, elle a quand même une puissance de feu compte tenu de son appartenance à ce conglomérat! Du robot, de l'automatisme, en passant par la fabrication de composants en interne jusqu'à la voiture, ils savent tout faire!

Par

Dacia c'est à double tranchant, à court terme ça permet de vendre mais sur le long terme c'est une catastrophe en termes d'image ou la marque se voit associé au lowcost.

En plus l'abandon des Scénic, Talisman et Espace c'est quand même pas terrible en termes de gamme, même si elle ne fait pas de grosses ventes une berline avec son break me semble quand même nécessaire, l'Espace trouvera un remplaçant naturel avec un Koleos 7 places.

Par

Renault devrait miser davantage sur l'électrique et l'hybride, être fiable, avec des bonnes finitions.

Et abandonner le haut de gamme peu porteur et coûteux pour la marque (Espace, Talisman...)

Par

Désolé mais Renault qui est, d'après moi, le constructeur généraliste de France (car Peugeot est un généraliste premium et citroen fait moins de ventes) se doit d'avoir une vrai gamme. Et ne pas juste avoir des compacte et des SUV, il doivent au moins avoir une berline pour être un minimum statutaire.

Par

Malgré la contribution de Nissan le bénéfice de Renault est négatif, heureusement que le contribuable français via l'Etat , lui verse une alloc. Un grand merci à Dacia,également.

Par

Point noir du cric: s'être loupé sur la fusion avec FCA :bah:

PSA va en profiter :miam:

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