Pourquoi évoquer cette exposition, baptisée Rabus et fils, sur Caradisiac ? Tout simplement parce que Till Rabus a intitulé du nom de Caradisiac une série de peintures datant de 2007.


Nous avons cherché à en savoir davantage sur l’origine de cette série. Till Rabus a bien voulu répondre à quelques questions.


Caradisiac : Comment cette série est-elle née ?


Till Rabus : Je m’inspire des phénomènes sociaux. Et l’automobile constitue un fort révélateur de comportements sociaux. Il était logique que je m’y intéresse.


Caradisiac : Connaissiez-vous le site au préalable ?


Till Rabus : Pas du tout. A partir du moment où j’ai commencé à me demander comment aborder l’automobile, j’ai cherché à me documenter. Je suis alors tombé sur le site Caradisiac.


Caradisiac : Qu’est-ce que vous y avez trouvé ?


Till Rabus : Des photos HD ! Au départ, pour travailler sur mon projet, j’avais prévu de prendre moi-même des photos de voitures. Mais je me suis vite aperçu qu’il me serait difficile de photographier correctement des voitures sous l’ensemble des angles dont j’avais besoin. C’est en fait à ce moment-là que je suis tombé sur Caradisiac. J’y ai trouvé des photos de modèles qui m’intéressaient, pris sous une multitude d’angles. C’était parfait.


Caradisiac : A la base, l’automobile vous passionne-t-elle ?


Till Rabus : Pas particulièrement même si j’apprécie les belles voitures.


Caradisiac : Mais pourquoi avoir adopté le nom de ce site pour votre série ?


Till Rabus : Il évoque immédiatement l’adjectif « paradisiaque ». J’ai trouvé que son nom correspondait parfaitement à l’association de carrosseries lisses avec des femmes sans poil.


Caradisiac : L’association « femmes et automobiles » est presque devenu un cliché. Pourquoi l’avoir reprise à votre compte ?


Till Rabus : Parce qu’elle est réelle. Lorsque j’ai commencé à envisager cette série, je me suis rendu chez des concessionnaires ou sur des salons automobiles. Les femmes y sont toujours présentes ; chez les concessionnaires via des calendriers où elles sont représentées dénudées, sur les salons automobiles où il est impossible de voir une voiture sans une femme à côté.


Caradisiac : Dans cette série de peintures, éléments de carrosserie et de corps féminin se mélangent. Ces portraits d’êtres hybrides font un peu penser à Crash de Ballard, adapté au cinéma par Cronenberg. Etait-ce délibéré de votre part ?


Till Rabus : Oui. J’avais été impressionné par la lecture du livre de Ballard. J’ai essayé de travailler autour d’un imaginaire mêlant jouissance et risque de l’accident et de le porter jusqu’à la caricature tout en cherchant une harmonie entre les formes. Pour y parvenir, j’ai mêlé des caractéristiques idéales de corps de femmes et de carrosseries de voitures.




L’exposition Rabus et fils se poursuit jusqu’au 26 juin prochain. Quant au travail de Till Rabus, vous pouvez le découvrir plus en détail en visitant son site.