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Angela Merkel mérite-t-elle son surnom de "chancelière de l'automobile" ?

Dans Economie / Politique / Personnalités

Au pouvoir depuis 16 ans, la première ministre allemande quittera son poste à la fin du mois. Celle que les médias germaniques ont souvent surnommé "l'autokanzlerin" (la chancelière de l'automobile) a-t-elle réellement défendu les acquis et le futur de la première industrie allemande ? La réponse est plutôt normande, car si son bilan plaide pour elle en ce qui concerne les acquis, les constructeurs locaux lui reprochent de ne pas avoir su anticiper l'avenir.

Angela Merkel inaugurait, à Munich la semaine passée, son dernier salon de l'auto (photo Eddy Clio).
Angela Merkel inaugurait, à Munich la semaine passée, son dernier salon de l'auto (photo Eddy Clio).

C'était son dernier bal. Mardi dernier, Angela Merkel a inauguré le salon de Munich et pour celle qui n'a manqué aucun grand raout automobile allemand, cette visite ponctue d'un point final les quatre mandats de celle que les Allemands ont affectueusement surnommée "mutti" (maman). Elle quittera son poste après les législatives du 26 septembre prochain et la nomination d'un nouveau chancelier. Du coup, à quelques semaines de son départ, le bilan et l'inventaire des actions des quatre gouvernements successifs qu’elle a dirigé commencent à être dressés. Et en matière d'automobile, ce bilan est plutôt critiqué par les premiers intéressés : les constructeurs locaux.

L'échec de Bruxelles, clou dans l'escarpin d'Angela Merkel

Il est malgré tout difficile de reprocher à la chancelière, surnommée par les médias allemands l'"autokanzlerrin"  (la chancelière de l’auto), de ne pas s'être démenée pour l'industrie auto allemande, première filière privée du pays, qui emploie 800 000 salariés et permet à son commerce extérieur d'afficher une bonne santé insolente. Merkel s'est battue à Bruxelles pour ses constructeurs. Et si elle n'a pas eu, in fine, gain de cause, que l'échéance des 95 g d'émissions au km est actée et la fin du moteur thermique programmée, elle aura au moins retardé l'échéance.

Elle aura défendu Volkswagen (presque) jusqu'au bout.
Elle aura défendu Volkswagen (presque) jusqu'au bout.

C'est aussi grâce à elle que le groupe Volkswagen figure toujours, bon an mal an, parmi les leaders mondiaux du secteur. Car au moment du dieselgate, en 2015, la chancelière a fait le dos rond. Sa politique de l'ignorance se heurte, deux ans plus tard, à sa mise en cause par l'opposition et une obligation de s'expliquer face à une commission parlementaire à laquelle elle répondra avoir "tout appris dans les médias". De l'avis des spécialistes allemands, Angela Merkel a tenté de couvrir Volkswagen jusqu'au bout. Mais a fini par lâcher le groupe, trois semaines avant des élections décisives pour elle, en autorisant les "class actions" des propriétaires de VW. Ces actions de groupe ont permit à ces automobilistes d'attaquer VW en justice et de se faire dédommager par le constructeur.

Des constructeurs et une chancelière de plus en plus distants

Ce revirement marque-t-il le début des frictions entre la chancelière et les industriels de l'auto ? En tout cas, ils ne se parleront que de loin depuis ce moment. Le divorce est même acté l'an passé avec la décision de Bruxelles de limiter drastiquement les émissions de C02. Lorsque les menaces d'amendes de l'Union européenne ont commencé à planer au-dessus de Volfsburg, Stuttgart et Munich, les fiefs des marques allemandes, leurs patrons ont trouvé un coupable tout désigné : Angela Merkel qui n'aurait, selon eux, pas su peser de tout le poids du plus puissant pays d'Europe pour contrecarrer la directive.

Merkel a longtemps choisi le camp du pétrole contre l'électricité.
Merkel a longtemps choisi le camp du pétrole contre l'électricité.

Depuis, ils ne loupent pas Mutti à chacune de ses sorties. Les ténors de l'auto lui reprochent désormais d'avoir trop tardé pour acter la fin du thermique. Le message subliminal qui se cache derrière leurs affirmations est évidemment d'ordre financier. En soutenant trop longtemps l'industrie auto d'avant et son bon vieux pétrole, elle ne les a pas aidés financièrement à basculer vers le tout électrique. Il n'y a pas si longtemps pourtant, ils étaient plutôt satisfaits de la taxation minimaliste de l'Allemagne sur le diesel et sur le fait que seuls 2,4 % des véhicules publics roulent à l'électricité. Mais le vent du C02 a tourné.

VW, Mercedes et BMW ne vont pas la regretter

Pourtant, depuis trois ans, l'Allemagne n'est pas un si mauvais élève en matière d'électrification, avec la France et les Pays Bas, elle est même dans le peloton de tête des pays ou les bornes de recharge sont les plus nombreuses. Ils concentrent même à eux trois les 3/4 des infrastructures de l'Union. Quant aux aides à l'achat, elles sont semblables aux Françaises. Mais il en va toujours ainsi des grandes industries, elles se méfient des pouvoirs publics et rechignent parfois à leur verser leur obole fiscale. Dans le même temps, elles n'hésitent pas à les solliciter lorsque le besoin s'en fait sentir et oublient même au passage les bienfaits que lesdits pouvoirs publics leur ont apportés jadis. Les hommes comme les organisations ont la mémoire courte, c'est une tradition. Alors, dans quelques semaines, l'"autokanzlerrin"  va pendre sa retraite, sans que les ténors de l'automobile germanique ne cherchent à la retenir. En d'autres temps, après la deuxième guerre mondiale, les Anglais n'ont pas réélu Winston Churchill qui leur avait permis de sauver leur pays. La vie politique est souvent ingrate.

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Commentaires (26)

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À corriger : Wolfsburg et pas Volfsburg.

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On aurait simplement aimé que nos gouvernements défendent aussi bien les intérêts français qu'elle a pu défendre les intérêts allemands.

Par

"Les constructeurs locaux lui reprochent de ne pas avoir su anticiper l'avenir." : anticiper le passé est plus simple. :voyons:

Par

Bon.. je sais bien qu'il est de bon ton en France d'être anti automobile alors quoi de plus normal que de pourfendre ceux qui prennent soin de leurs industries automobiles! Il y a l'Allemagne bien sûr mais aussi l'Espagne (2eme pays constructeur loin devant le notre) .

A mon humble avis nous n'allons pas garder longtemps la 3eme place..

Ce n'est pas grave? Vous irez le dire aux centaines de milliers d'ouvriers du secteur qui vont se retrouver au chômage.. bon.. Mr le Maire ne sera probablement plus là alors quelle importance?:coolfuck:

Par

En réponse à GY201

On aurait simplement aimé que nos gouvernements défendent aussi bien les intérêts français qu'elle a pu défendre les intérêts allemands.

Je voulais le dire mais j'ai abandonné, les français ont ce qu'ils méritent...

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Je ne sais pas si elle a défendu l'automobile ce qui est certain c'est qu'elle a défendu l'Allemagne aux dépends des autres pays d'Europe et ça, dans tous les domaines, pas que pour l'automobile.

Par

En réponse à meca32

Je ne sais pas si elle a défendu l'automobile ce qui est certain c'est qu'elle a défendu l'Allemagne aux dépends des autres pays d'Europe et ça, dans tous les domaines, pas que pour l'automobile.

Et Macron, il a défendu l'Union Européenne aux dépens de la France, ça fait une moyenne...

Par

En réponse à Maître-Yoda

Et Macron, il a défendu l'Union Européenne aux dépens de la France, ça fait une moyenne...

Je ne sais pas si ça fait une moyenne mais ce que je sais c'est que nous nous y avons laissée notre chemise.

Par

En réponse à Maître-Yoda

Je voulais le dire mais j'ai abandonné, les français ont ce qu'ils méritent...

je sais pas... les ouvriers votent pour beaucoup RN, qui ne cesse de clamer vouloir défendre notre industrie.

Sauf que le vote ouvrier pèse de moins en moins...

Par

En défendant l'industrie automobile allemande, VW en tête, qui s'est elle-même coincée dans le diesel dans une forme de protectionnisme industriel, en réalité elle a plombé toute l'industrie européenne. :bah:

Résultat à ce jour les gouvernements européens doivent payer et mettre leur mouchoir humide de larmes sur l'écologie pour que les modèles européens restent concurrentiels, au détriment du consommateur, du contribuable et de toute l'industrie qui continue à foncer dans le mur pendant que les constructeurs étrangers se font des c... en or avec notre pognon. :dodo:

Si les politiques se mêlaient un peu moins d'économie, à laquelle ils ne pigent souvent que dalle, le monde tournerait assurément mieux.

S'ils s'occupaient sérieusement de la crise climatique ou de la lutte contre les stupéfiants, et laissaient les marchés se réguler, peut-être qu'on n'en serait pas là en termes de catastrophe climatique ou concernant des talibans qui prennent la confiance : deux exemples actuels parmi des dizaines d'autres où l'ingérence étatique à fait bien plus de mal que de bien. :pfff:

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