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Conducteurs, les aides à la conduite de votre voiture ne font pas tout.

Dans Economie / Politique / Social

Conducteurs, les aides à la conduite de votre voiture ne font pas tout.

Les systèmes de conduite semi-autonome se développent de plus en plus sur les véhicules actuels. Même s’ils devraient représenter à l’avenir un progrès en matière de sécurité routière, une étude menée par les fondations Vinci Autoroutes et MAIF démontre toutefois la nécessité pour le conducteur de rester vigilant. Explications.

C’est bien connu. Toutes les avancées technologiques n’ont pas que des effets positifs. Avec la conduite autonome, certains s’imaginent déjà dormir ou lire pendant que leur voiture les amènera d’un point A à un point B. Cela sera possible avec le niveau 5 d’autonomie mais on en est encore loin aujourd’hui. Pour l’instant, on doit se contenter de conduite semi-autonome avec des régulateurs de vitesse adaptatifs plus ou moins élaborés. Il s’agit certes d’une avancée, mais cela ne déresponsabilise pas le conducteur comme le prouve cette étude.

Réalisée sur simulateur de conduite, elle consistait à demander à 60 personnes (réparties en trois groupes de 20 conducteurs, différenciés en fonction de leur âge : les 20-30 ans dits « jeunes », les 40-50 ans dits « quadragénaires », et les plus de 60 ans dits « seniors ». Chaque groupe était constitué d’autant de femmes que d’hommes) d’effectuer un trajet autoroutier de 53 kilomètres. À partir du 10e kilomètre, les conducteurs devaient activer et maintenir en permanence le régulateur de vitesse adaptatif et le contrôle de trajectoire. Ils pouvaient reprendre le véhicule en main s’ils estimaient que la situation l’exigeait. C’est justement là que les choses se compliquaient car deux aléas successifs totalement inattendus allaient survenir sur le parcours.

Scénario 1 : au 23e km, un camion suivi sur la voie de droite se déporte sur la voie de dépassement pour contourner une zone de travaux. Le système d’assistance à la conduite ne détectant pas cette zone, l’automobiliste doit reprendre le contrôle de son véhicule, circulant à 110 km/h, pour éviter les cônes et le fourgon d’intervention. Ce scénario a pour objectif de tester la réactivité des conducteurs lorsqu’ils délèguent une fonction à un système d’assistance à la conduite.

Scénario 2 : au 43e km, sur une voie présentant une courbe, le sujet est averti par messages visuels puis sonores de la désactivation du mode automatique de maintien dans la voie, et doit reprendre le plus rapidement possible la main pour maintenir sa trajectoire. Cette mise en scène a pour but d’évaluer l’effet que peut avoir la confiance dans les systèmes d’assistance à la conduite sur la distraction et la somnolence des conducteurs.

Des résultats édifiants et un peu effrayants !

Après avoir confronté à ces deux difficultés, il en ressort que les temps de réaction, en cas de besoin de reprise en main par le conducteur, sont plus que doublés par rapport à une conduite sans assistance. Ainsi, en mode de régulation de la vitesse, le temps de réaction est de 2,2 secondes en moyenne, soit 67 mètres parcourus à 110 km/h ; c’est à-dire 30 mètres de plus que pour un temps de réaction normal (compris entre 1 et 1,5 seconde). En cas de désactivation du système de maintien dans la voie de circulation (scénario 2), le temps de reprise en main du véhicule en toute sécurité est de 4,5 secondes en moyenne, soit plus de 130 mètres parcourus. Il apparaît aussi une baisse de l’éveil dès 10 minutes, soit 2 fois plus rapide qu’en conduite sans assistance pour l’ensemble des conducteurs.

Parallèlement à cela, cette étude démontre également que les conducteurs n’ont pas toujours les bons réflexes. Plus d’un automobiliste sur 4 (27 %) a donné un coup de volant dans le mauvais sens. Dans le scénario 1, ces réflexes n’ont pas permis aux conducteurs d’éviter la zone de travaux : plus d’un tiers d’entre eux (35 %) est entré en collision avec des cônes de balisage et 10 % avec le fourgon d’intervention situé en aval. Dans le scénario 2, les conducteurs ne sont pas parvenus à maintenir une trajectoire optimale pour leur sécurité et celle des autres usagers de la route (en moyenne, les véhicules se sont déportés de 1,25 mètre).

Même si les enseignements de cette étude ne sont pas surprenants, il apparaît une nouvelle fois utile de rappeler certains conseils comme par exemple rester toujours vigilant même quand ces aides à la conduite sont enclenchées, apprendre à se servir de ces technologies et surtout connaître leurs limites (zones de travaux) et surtout penser à s'arrêter régulièrement afin d'éviter de s’endormir, première cause d’accident sur les autoroutes.

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Commentaires (27)

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L'assistanat à tous les niveaux... le pire c'est que les gens en redemandent...

Par

On devrait interdire ces systèmes d'aide... jusqu’à ce que les systèmes de niveau 5 soient validés et contrôlés de leur bon fonctionnement à intervalle très régulier !

Par

comme d'hab, aucun lien vers l'etude originelle...

Par

oui, enfin, j'ai un simple régulateur non adaptatif, et je ne m'en passerais plus pour rien au monde.

suffit simplement d'être vigilant, ce qui devrait couler de source quand on est au volant.

le problème n'est pas tant toutes ces aides que le fait que de nombreux conducteurs sont des débilos en puissance.

maintenant, oui, la solution ultime, c'est la voiture autonome de niveau 5.

et pour les niveaux intermédiaires, faudrait idéalement prévoir des permis spécifiques. ce qui ne sera bien évidemment jamais le cas.

Par

Tout a été fait pour que les cobayes soient peu réactifs: une autoroute, à fortiori à 110, et un écran qui ne donne qu'une partie des informations, pas les mouvements subis, enfin pour les jeunes écran = jeu.

Des résultats plus intéressants seraient obtenus avec une meilleure simulation dans un environnement plus intéressant.

Par

2.2 secondes de temps de reaction ? :eek:

C'est juste considérable. :blague:

Excellente étude mettant en lumière la dangerosité de ces fameuses assistances à la conduite permettant une conduite semi autonome. :bien:

En fait, c'est comme si vous étiez sous l'emprise d'un état alcoolique: :bah:

"Il faut en moyenne 1 seconde à un conducteur à jeun pour amorcer son freinage à la vue d'un obstacle. Dès 0,5 g, ce temps de réaction est d'environ 1,5 seconde. Ce qui signifie concrètement qu'un conducteur à jeun, roulant à 90 km/h, parcourra 25 mètres avant de freiner, alors qu'un conducteur dont le taux d'alcoolémie atteint 0,5 g/l en parcourra 38. La distance de freinage est augmentée de moitié ! Et plus l'alcoolémie est élevée, plus le temps de réaction augmente.

http://www.avecmoderation.org/index.php?/alcool-a-route/la-conduite-lalcool-et-vous/effets-de-lalcool-sur-la-conduite.html

Par

En réponse à ooolivieee

On devrait interdire ces systèmes d'aide... jusqu’à ce que les systèmes de niveau 5 soient validés et contrôlés de leur bon fonctionnement à intervalle très régulier !

Malheureusement il faut bien amortir le coût... :bah:

Et pour amortir le coût des capteurs et autres radars, il faut faire tourner les usines à plein régime. :tourne:

Par

Moi je suis globalement contre l'autonomie des voitures et à mon avis la limite se situe dans l'exemple cité, à savoir le régulateur adaptatif et le maintien dans la voie. La lecture des panneaux c'est pareil, ça sert à rien, trop d'erreurs, c'est pareil pour les limitations sur les GPS, en région parisienne, il ne faut jamais s'y fier (ça change tout le temps)

A mon avis ça fait plus de mal que de bien, la concentration et la conduite souple tout en anticipation, c'est ça la clé

Les systèmes d'aides ne seront jamais aussi performant qu'un humain expérimenté bien concentré, et encore mieux si il connait la route

Perso un régulateur simple + ABS + ESP sur une voiture qui colle bien à la route c'est très bien, pas besoin de plus

Tous ces trucs d'aide à la conduite aurait du logiquement faire baisser le nombre de mort sur les routes si ils étaient bien foutu ... et en fait non stagnation depuis 3 ans alors même que la répression augmente un peu partout en Europe

Il faut croire que c'est pas efficace ... bah oui moins de concentration, alors que c'est le facteur décisif

Par

"Plus d’un automobiliste sur 4 (27 %) a donné un coup de volant dans le mauvais sens."

O_O

Punaise ça fait peur ce genre de test; pas étonnant qu'il y ait des morts sur la route.

Par

L'intelligence artificielle sera toujours moins dangereuse que la connerie humaine...

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