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Fusion : Renault peut-il tomber dans un piège tendu par Fiat ?

Dans Economie / Politique / Industrie

D'un côté, on a un groupe Renault en forme et sur de bons rails. De l'autre, on a un groupe FCA qui cumule les problèmes : marques en mauvaise forme voire malades, gros retards sur l'électrification… Le français semble avoir beaucoup à perdre dans ce projet de fusion alors que Fiat a tout à y gagner.

Fusion : Renault peut-il tomber dans un piège tendu par Fiat ?

Une surprise. Alors que Fiat semblait se rapprocher de PSA, c'est finalement avec Renault qu'un rapprochement est envisagé. FCA souhaite fusionner avec le groupe français. Officiellement, c'est un projet, voire une proposition. Il n'y a qu'à voir la communication officielle du Losange, qui a écrit dans un communiqué qu'il va étudier « avec intérêt l'opportunité d'un tel rapprochement ». Évidemment, en coulisse, le dossier est plus avancé que cela, Jean Dominique Senard, président de Renault, ayant la semaine dernière rencontré des représentants de l'État pour vendre le projet d'un Airbus automobile.

Rien n'est encore fait cependant. Une longue période de négociations s'ouvre, entre FCA et Renault bien sûr, mais aussi avec Nissan, les gouvernements français et italiens, les actionnaires… Mike Manley, qui dirige FCA, a évoqué un délai d'un an pour mettre en place la fusion. Si l'idée a de nombreux avantages, elle comporte aussi son lot d'inconvénients et de risques. Et dans l'histoire, celui qui a le plus à perdre peut bien être Renault.

Comme le français le rappelle habilement dans ses communiqués de presse publiés en début de semaine, la proposition de fusion vient de FCA. Toute l'industrie automobile le sait : le groupe italo-américain cherche désespérément un partenaire depuis des années, c'est plus qu'une envie, c'est une nécessité. FCA a besoin d'aide pour pallier ses plus grosses carences, à commencer par son retard en matière de véhicules électrifiés. Clairement, pour lui, c'est devenu une question de survie, sinon des marques sont menacées de disparition ou de revente. Lancia en a déjà fait les frais.

Perte de pouvoir

Partant de ce constat, Renault semble forcément en position de force pour la négociation. La partie française est logiquement mieux placée, d'autant qu'elle n'a de son côté pas tant besoin de Fiat. Toutefois, Fiat peut mettre en avant le fait qu'il pèse plus lourd. FCA a en effet une plus grosse capitalisation boursière et vend davantage.

Une situation qui pourrait donc l'amener à dicter ses règles même si c'est un projet de fusion à 50/50. Renault pourrait ainsi perdre de l'influence dans ce nouvel ensemble. D'ailleurs, cette crainte est renforcée par le futur actionnariat. Si le poids Fiat/Renault sera égal, le plus gros actionnaire se trouvera du côté de l'Italie, avec le groupe Exor, la holding de la famille Agnelli, qui détient 29 % de FCA, et devrait donc avoir 14,5 % du nouvel ensemble. Il pourrait être renforcé par une prise de participation de l'État italien. En face, le plus gros actionnaire français est l'État, mais sa part passerait de 15 à 7,5 % !

Autre élément à prendre en compte : si le Losange est plus petit, il est en forme. Ses ventes battent des records d'année en année, tout comme son chiffre d'affaires. Surtout, il a une stratégie pour les années à venir bien en place, et qui fonctionne. Renault, Dacia, Alpine ou encore Lada : toutes les marques se portent bien. Le groupe est en bonne voie en matière d'internationalisation, qu'il va améliorer encore grâce à des lancements clés. Le programme d'électrification est en bonne voie, avec de l'hybride simple, de l'hybride rechargeable et de l'électrique.

Des handicaps que Renault n'a pas

Bref, s'il y a bien des défauts (notamment des ratés dans le haut de gamme, des difficultés en Chine et en Inde), le groupe Renault va bien. En face, c'est une autre histoire. FCA est clairement moribond. Le groupe est porté par Jeep et Ram. Mais pour le reste, cela va du moyen au très mauvais. Fiat est devenu dépendant de la 500 en Europe, Alfa Romeo rate ses relances, Maserati est en panne de nouveautés, Chrysler approche du coma.

La mariée ne fait pas rêver et ne rassure pas car aucun des plans stratégiques proposés depuis dix ans n'a été suivi correctement. Et ce manque de rigueur a fait prendre à FCA un retard technologique considérable, que ce soit en équipements ou en motorisations électrifiées. Le groupe a ainsi un handicap qui fait très peur : une situation catastrophique en matière de CO2. Or, en 2021, les mauvais élèves seront sanctionnés en Europe avec de grosses amendes à la clé. Pour l'éviter, Fiat a déjà prévu de payer Tesla pour lui acheter des crédits CO2, à prix d'or.

Si FCA apporte dans sa besace des atouts, comme Jeep, il vient surtout avec de gros handicaps que Renault n'a pas. Fiat est-il donc un sacré opportuniste en voulant partager ses soucis tout en profitant des atouts du Losange ? FCA espère-t-il partager ses amendes européennes tout en profitant des technologies déjà conçues et payées par Renault ?

Aveuglé par les opportunités de synergies, le groupe français pourrait avoir à assumer et à régler des problèmes qui n'étaient pas les siens, ce qui pourrait nuire à ses finances et sa santé. Et contrairement à un PSA qui a relancé Opel en dictant sa feuille de route car il en est devenu le propriétaire, Renault n'aurait pas les mains libres pour agir sur FCA si c'est une fusion à 50/50. Il suffit de voir ce que sont devenus Chrysler et Dodge depuis que Fiat a fusionné avec il y a une dizaine d'années pour être refroidi.

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Commentaires (163)

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Carlos ne sera pas la pour rattrapez la situation

Si il font cette alliance rip

Par

Franchement ça a tout du mauvais deal pour Renault, je vois mal ce que le groupe peut trouver de bien dans cette fusion...

Par

C'est à ce moment la qu'un PDG de la trempe du Roi déchu (Carlos G.) peut manquer...:roll:

Moi je pense que ce genre de décision est prématuré et surtout comporte de gros risque pour Renault.

Il faut déjà avant tout clarifier la situation avec Nissan.

A ce stade ca me fait penser a un couple qui bat de l'aile...Et qu'un des deux partenaires va voir ailleurs parce qu'il pense trouver mieux.

On pense toujours que l'herbe est plus verte ailleurs...:smile:

A tords bien souvent.

Par

Pourquoi forcement une fusion et pas une reprise du groupe FCA??? effectivement la fusion n'a aucun intérêt pour Renault, surtout qu'il va falloir faire un gros ménage chez FCA... dont Ferrari ne fait même plus parti... restructurations, cost killer, doublons, rentabilité, etc... il y a du boulot.

Par

"Si FCA apporte dans sa besace des atouts, comme Jeep, il vient surtout avec de gros handicaps que Renault n'a pas"

Et Renault a un handicap que FCA n'a pas, à savoir une présence quasi zéro sur le marché américain, voire sud-américain.

Mais nulle mention de cela par Mr Ferriere, un article à charge et vu par le petit bout de sa lorgnette.

Mais bon, si l'électrification (qui représente combien de % du chiffre d'affaires, déjà ?) est un atout plus important que l'accès à l'un des marchés les plus importants, c'est sûr, Renault n'a rien à y gagner.

On pourrait presque croire que Mr Ferriere sous-traite la rédaction de ses articles à N1cool et se contente d'y ôter tout ce qui a des relents xénophobes.

Par

Il est clair que la présidence désastreuse de Marcchionne, a laissé FIAT au bord du gouffre et contraint de chercher une alliance.

Renault n'a qu'a attendre que le groupe continue de s'enfoncer pour le racheter a la découpe ses marques Américaines qui sont le seul intérêt de FIAT

Par

En réponse à mdb92

Pourquoi forcement une fusion et pas une reprise du groupe FCA??? effectivement la fusion n'a aucun intérêt pour Renault, surtout qu'il va falloir faire un gros ménage chez FCA... dont Ferrari ne fait même plus parti... restructurations, cost killer, doublons, rentabilité, etc... il y a du boulot.

Doublons ? Ça c'est la meilleure de la journée quand on voit la gamme VAG :tongue:

Par

"Si l'idée a de nombreux avantages, elle comporte aussi son lot d'inconvénients et de risques. Et dans l'histoire, celui qui a le plus à perdre peut bien être Renault."

Si on observe les différents avis, notamment au niveau ministériel, qui est secondaire j'en conviens, néanmoins chacun s'accorde à dire que cette association ou fusion permettrait à Renault, constructeur français (!) de se placer devant ses concurrents au niveau dunombre de véhicules fabriqués...Là, il y a un avantage stratégique de marché et de répartition au niveau mondial... Oui, mais à QUEL PRIX? bIEN Sûr qu'il faudra faire des restructurations, des suppression sde "doublons", de délocalisation ou "relocalisation" (peu probable pour l'industrie française"....Et des sites vont FORCEMENT y laisser des plumes...

On a connu Arcelor Mittal, Ascoval, Whirpool, Général Electric... et encore , on ne parle que des sites sous le feu de l'actualité....Avec des promesses des "candidats à la Présidentielles "ou ministres qui se sont reniés....

FCA fait hésiter PSA, j'espère qu'il fera longtemps, :bah:longtemps hésiter Renault....

Par

En réponse à LuFo57

Franchement ça a tout du mauvais deal pour Renault, je vois mal ce que le groupe peut trouver de bien dans cette fusion...

Le groupe Renault me semble un peu perdu depuis l'incarcération de son boss...:hum:

Alors que du côté de chez Nissan, tout semble aller sur des roulettes...:tourne:

Vu que la chute du Roi était prévu depuis quelques années, ils ont le temps d'anticiper l'après Carlos. :ml:

Par

En réponse à Dumbphone

"Si FCA apporte dans sa besace des atouts, comme Jeep, il vient surtout avec de gros handicaps que Renault n'a pas"

Et Renault a un handicap que FCA n'a pas, à savoir une présence quasi zéro sur le marché américain, voire sud-américain.

Mais nulle mention de cela par Mr Ferriere, un article à charge et vu par le petit bout de sa lorgnette.

Mais bon, si l'électrification (qui représente combien de % du chiffre d'affaires, déjà ?) est un atout plus important que l'accès à l'un des marchés les plus importants, c'est sûr, Renault n'a rien à y gagner.

On pourrait presque croire que Mr Ferriere sous-traite la rédaction de ses articles à N1cool et se contente d'y ôter tout ce qui a des relents xénophobes.

Actuellement on peut penser que le marché américain ne vaut pas ce prix...Trop d'aléas liés à la gouvernance Trump....

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