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Le retrofit est très pertinent pour les véhicules lourds, selon l'ADEME, moins pour les citadines

L'ADEME (agence pour la transition écologique) a publié la semaine dernière une étude sur le retrofit, cette pratique qui consiste à transformer un véhicule thermique en électrique. Et le bilan serait très favorable en termes d'émissions, surtout pour les véhicules lourd. Économiquement, c'est aussi rentable par rapport à un rachat de véhicule électrique neuf, mais bien plus coûteux que de garder sa voiture.

Le retrofit est très pertinent pour les véhicules lourds, selon l'ADEME, moins pour les citadines

Depuis le 13 mars 2020 et l'arrêté qui permet l'homologation en série de véhicules "retrofités", on parle de plus en plus de cette technique, qui consiste à transformer un véhicule thermique en véhicule électrique. Le principe est simple : on enlève tout ce qui est thermique (moteur, périphériques, réservoir de carburant, etc.) et on le remplace par un moteur électrique accompagné d'une batterie.

Une opération très technique, et coûteuse.

L'ADEME, l'agence de la transition écologique, a voulu savoir si le retrofit (réaménagement ou conversion en français) était pertinent, à la fois d'un point de vue environnemental, mais aussi d'un point de vue économique.

Les résultats de leur étude ont été publiés la semaine dernière. Et le bilan est positif, quel que soit le segment choisi (citadines, fourgons légers, poids-lourds, bus standard de 12 m.), même si c'est encore plus intéressant pour les véhicules lourds que pour les citadines.

 

Des émissions réduites jusqu'à - 87 %

En se basant sur un retrofit d'un véhicule diesel, effectué aux 10 ans du véhicule, et en comparant sur les 10 années suivantes les émissions de GES (gaz à effet de serre), il se révèle toujours plus avantageux que d'acheter un véhicule électrique neuf, ou que de garder son véhicule thermique, tout cela en tenant compte bien sûr d'un cycle de vie entier, de la fabrication au recyclage. Et en se basant sur une recharge en électricité qui se fait en France métropolitaine avec le mix énergétique moyen actuel, favorable à l'électrique vu notre production majoritairement nucléaire.

Par exemple, pour une citadine, procéder à un retrofit permettrait de baisser les émissions de GES de 66 % par rapport à la conservation du véhicule thermique, sur 10 ans. Et cela permet encore une baisse de 47 % des émissions par rapport au scénario du remplacement de ce véhicule thermique par une voiture électrique neuve.

Pour un véhicule utilitaire léger, le gain serait respectivement de 61 % et encore 56 % par rapport à un achat d'utilitaire électrique neuf.

Mais les gains les plus impressionnants seraient faits sur les véhicules lourds. Ainsi, pour un camion de 16 à 19 tonnes, le gain du retrofit serait de 87 % par rapport à la conservation du thermique pendant 10 ans, et encore de 37 % par rapport à l'achat d'un PL électrique neuf.

Pour les bus standards 12 m, les chiffres sont identiques : 87 % de GES économisés sur 10 ans, et encore 37 % par rapport au remplacement par un bus neuf électrique.

 

Un intérêt financier moins impressionnant mais réel par rapport à un achat neuf

La pertinence financière de l'opération de retrofit est également à observer de près. En effet, selon les estimations de l'ADEME, la conversion à l'électrique est très coûteuse, soit entre 12 350 € et 15 000 € hors taxes pour une voiture citadine, 22 700 € à 26 600 € HT pour un utilitaire, 137 400 € HT pour un PL et 194 000 € HT pour un bus. Des chiffres énormes.

Mais racheter une voiture, un utilitaire, un camion ou un bus coûte plus cher, y compris en occasion (pour un prix moyen). Il n'y a que pour une citadine que la question peut se poser, car certains modèles qui arrivent sont plus abordables (Dacia Spring par exemple).

En tout état de cause, toujours selon l'agence, les TCO (Total cost of ownership, coût total d'utilisation) par kilomètre sont plus avantageux en cas de retrofit qu'en cas de rachat neuf.

On passe ainsi de 24 à 21 centimes/km pour une citadine, soit une économie de 12,5 %. Mais attention, en gardant son véhicule thermique diesel, le coût kilométrique reste à 12 centimes seulement.

Pour un utilitaire on passe de 64 centimes à 57 centimes avec un retrofit. Mais 19 centimes en conservant son vieux diesel.

Pour un PL, on passe de 70 centiles en gardant son camion thermique, contre 74 centimes en passant à l'électrique retrofité (pas de calcul pour l'achat d'un PL électrique, l'offre n'existant pas).

Enfin pour un bus, on passe de 1,39 € à 90 centimes, et 84 centimes/km si on garde le vieux bus thermique.

 

On le constate donc, faire un retrofit permet de faire baisser le coût d'utilisation sur 10 ans par rapport à un achat neuf. Mais garder son véhicule est encore bien plus intéressant. Cela dit, passer par un retrofit n'a pas que des avantages. On garde alors un véhicule vieux de 10 ans, dont les autres pièces sont potentiellement usées, dont le niveau d'équipement ou de sécurité est moindre.

Cela est évoqué par l'étude mais n'est pas pris en compte, car elle se concentre sur l'impact environnemental et le coût au kilomètre sur 10 ans.

 

Partant de ce constat, l'ADEME préconise que la filière du retrofit soit soutenue, par des aides gouvernementales pour les propriétaires qui souhaiteraient utiliser ce système, comme il existe un bonus pour les véhicules électriques neufs. Des aides également pour le développement de la filière au niveau industriel.

Et avec un impératif : que tout cela se fasse vite, car par définition, la filière du retrofit est destinée à être éphémère. En effet, l'interdiction des ventes de voitures thermiques à l'horizon 2040 la fera s'éteindre à terme, vu qu'il n' y aura plus de véhicules thermiques à transformer après cet horizon.

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