Les constructeurs automobiles chinois prévoient de produire 1,5 million de véhicules en Europe
L’usine du monde tend à sortir de ses frontières, du moins pour la production automobile. D’ici dix ans, environ 1,5 million de voitures devraient sortir des chaînes en Europe.

La déferlante de voitures chinoises en Europe ne semble qu’un début, c’est ce que prévoit le président du cabinet d’études Mobility Global. Pour ce dernier, les marques chinoises assembleront 90 000 véhicules en Europe dès cette année, un chiffre qui devrait atteindre un million en 2030 et 1,5 million en 2035. Voici une prévision qui a de quoi donner le vertige. D’après l’OICA (Organisation Internationale des Constructeurs Automobiles), un peu plus de 17 millions de véhicules ont été produits en Europe en 2025. D'ici dix ans, près de 10 % de ce chiffre proviendrait des marques chinoises.
Toujours selon Mobility Global, l’Espagne sera la terre d’accueil de l’offensive chinoise puisque d’ici à 2035, les deux tiers des prévisions devraient y être produits, soit environ un million de véhicules. Après sa première usine en Hongrie, BYD en prévoit une seconde en Espagne. Chery lancera la fabrication des Jaecoo et Omoda dans l’ancienne usine de Nissan à Barcelone, le Leapmotor B10 prendra forme sur le site de Stellantis à Saragosse, Geely s’appuiera sur sa coentreprise avec Ford pour y produire des véhicules à Valence et MG implantera une première usine d’assemblage en Galice, toujours en Espagne.
S’implanter de façon aussi massive implique de mettre beaucoup d’argent sur la table. Ces grands investissements sont motivés par les droits de douane actuels, mais aussi par le projet IAA (Industrial Accelerator Act). L’un des objectifs est d’introduire une logique de préférence industrielle européenne.
Une bonne nouvelle pour l’Europe ?
Ce projet a pour but de favoriser la production en Europe. Si les équipementiers européens ont aussi une carte à jouer, ils ne sont pas en grande forme et certains, comme Valeo, souhaitent accompagner l’essor des constructeurs chinois en proposant d’utiliser leurs sites de production. De son côté, Forvia multiplie les contrats majeurs avec des marques comme Byd, mais sans être dans une position de force.
Il faut savoir que la Chine a déjà mis la main sur des acteurs européens de la production automobile, peu connus du grand public. C’est le cas de Kuka en 2016, un fabricant de robots industriels et de systèmes d’automatisation dédiés aux usines qui opère pour BMW, Volkswagen et Mercedes.













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