Pas de château en Espagne pour MG, mais une usine flambant neuve pour 200 millions d'euros
Pas de rachat, pas de partage : pour s’implanter en Espagne, la marque de Shanghai part de zéro et annonce un investissement massif de 200 millions d’euros du côté de La Corogne en Galice. Avec 120 000 véhicules par an et 2 300 emplois à la clé dès 2028, cette future usine confirme que la péninsule ibérique est devenue la nouvelle terre promise des constructeurs chinois.

L’Espagne nouvelle terre promise chinoise ? Après Chery (Jaecoo et Omoda) installé dans l’ancien site d’assemblage Nissan à Barcelone, après Leapmotor à Saragosse (avec Stellantis), et Geely à Valence (avec Ford) c’est au tour de Mg du groupe Saic d’annoncer son implantation dans la péninsule.
Sauf que la marque de Shanghai ne partage pas, et ne récupère pas l’existant : elle part d’une feuille blanche, en posant 200 millions d’euros sur la table espagnole. Et les choses vont aller très vite. La première pierre de la nouvelle usine qui sera située du côte de la Corogne en Galice sera posée l’an prochain et l’unité de production sera opérationnelle dès 2028.
Des surtaxes contournées
Les constructeurs chinois ne réduisent pas seulement les temps de développement des voitures, ils en font autant en ce qui concerne la construction d’usines.
Évidemment, comme pour ses compatriotes, le but de SAIC consiste à contourner les taxes douanières européennes (entre 8 et 35 % qui s’ajoutent aux 10 % habituelles) destinées à freiner les importations de voitures électriques en provenance de l’empire du milieu. En les fabriquant sur le vieux continent elles y échappent totalement, mais vont continuer d’importer leurs hybrides et PHEV qui ne sont pas surtaxées.
La nouvelle usine de la Corogne devrait donc, lorsqu’elle sera parvenu à pleine puissance, assembler 120 000 autos par an, grâce aux 2300 personnes recrutées sur place. Une implantation qui est une aubaine en termes d’emploi pour la Galice, comme l’a reconnu son président de région Alfonso Rueda. Des régions espagnoles qui, visiblement, se sont battues pour obtenir les faveurs chinoises, puisque les tractations se sont déroulées durant plusieurs mois, dans plusieurs coins de la péninsule.
Quels modèles MG sortiront de l’usine de la Corogne ? Rien n’est pour le moment officiel, mais ont peut raisonnablement parier sur la MG4 Urban et une future MG2, toutes deux électriques et toutes deux adaptées au marché européen.
Un marché ou le groupe chinois détient 2,4 % de parts de marché sur les quatre premiers mois de l’année après avoir écoulé 110 300 autos, dans un réseau de 1 300 concessionnaires. Byd est le second de ce trio extrême oriental, et Chery boucle le podium.
Selon le cabinet Inovev, l’ensemble des marques chinoises devrait se hisser à 10 % de ces mêmes parts de marché d’ici un an, et atteindre entre 12 et 15 % en 2030. Preuve en est que les taxes érigées à l’entrée de l’UE ne sont plus qu’un mur de papier. Et pas seulement à cause des implantations espagnoles.
L’usine Byd flambant neuve de Szeged en Hongrie délivre ses jours-ci ses premiers Dolphin Surf et Atto 2. Cette usine, qui va délivrer 150 000 autos cette année, envisage de doubler sa production d’ici 4 ans.
Et Byd, comme MG ou Chery, n’est pas seul. Selon un rapport du Gerpisa (Groupe d’études et de recherche permanent sur l’industrie et les salariés de l’automobile), qui a recensé les projets industriels chinois, 1,35 millions de voitures de l’empire du milieu pourraient être assemblés en Europe en 2028. Contre 625 000 en 2027. L’offensive est à peine entamée.













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