Piégé, le film qui invente une nouvelle marque de voiture, mais ne mérite pas mieux que votre dimanche soir
Désormais disponible en VOD, Piégé retient un jeune voleur dans un SUV tortionnaire d'une marque inventée de toutes pièces. Malgré un concept prometteur et la présence d’Anthony Hopkins au casting, ce huis clos mécanique s’embourbe rapidement dans un ennui poli, transformant ce qui devait être un thriller sous tension en un simple divertissement pour combattre le blues du dimanche soir.

C’est la deuxième chance parfaite. La VOD constitue une bonne séance de rattrapage pour les films que l’on a raté en salles, ou que l’on a décidé, avec une bonne grosse mauvaise foi, de zapper à leur sortie pour cause de piètre qualité présumée.
C’est le cas de ce Piégé de David Yarovesky sorti au cinéma au printemps 2025 et disponible désormais sur les petits écrans. Est-ce un pressentiment qui nous avait empêché de nous précipiter à l’époque ? Bien nous en a pris en tout cas, car le film a désormais trouvé sa place : celle du petit film du dimanche soir que l’on regarde d’un œil distrait en pensant au planning de la semaine à venir.
Une histoire simple qui aurait pu être efficace
Pourtant, sur le papier, l’affaire était plutôt bien engagée. Le pitch, simple et efficace, est un boulevard pour un réalisateur virtuose pressé de faire ses gammes. Un jeune voleur de voitures réussit à entrer dans un gros SUV et son propriétaire le piège à distance et l’enferme dans l’habitacle, totalement blindé, insonorisé et coupé du monde.
En plus, le voleur a les traits de Bill Skarsgård, comédien américain très recommandable, et le méchant ceux d’Antony Hopkins qu’on ne présente plus.
Le réalisateur va jusqu’à inventer une marque de voitures (Dolus) pour figurer le terrifiant SUV. Il s’agit en fait d’un Land Rover Defender lourdement tuné et doté d’un logo assez proche de celui d’Aston Martin.
Pas de placement de produit dans le film donc, même si ce n’est pas forcément un choix et que David Yarovesky n’a pas dû avoir de réponses très positives de la part des constructeurs qui n’ont absolument pas voulu associer leur image à une si méchante auto.
Mais cette Dolus remplit parfaitement son rôle. En plus, le film se sert plutôt bien des artifices modernes que l’on retrouve dans les voitures comme l’écran et ses caméras, la clim qui, poussée à l’extrême devient un instrument de torture, ou encore les sièges chauffants transformés en taser.

Mais du coup, d’où vient cette profonde sensation d’ennui ? Comme si on se fichait totalement des aventures du jeune voleur (qui, comme il se doit, agit ainsi pour sauver sa petite fille), comme on se foutait des considérations de son tortionnaire ?
Il est très difficile de mettre en scène, et de scénariser de manière efficace une histoire aussi simple. Tout le monde ne s’appelle pas John Carpenter et Stephen King (Christine) ou Steven Spielberg (Duel). C’est comme si David Yarovesky ne savait que faire de cet habitacle et de ses personnages.
Anthony Hopkins presque invisible
Bill Skarsgård en fait des tonnes pour combler le vide et Antony Hopkins, que l’on voit très peu, mais que l’on entend un peu plus, n’a visiblement participé à cette aventure que dans le seul but d’éponger une dette fiscale.
Alors on s’ennuie, malgré une image en 70 mm censée donner de l’ampleur au huis clos, et on attend une fin ultra prévisible ou, énorme spoiler, le gentil voleur l’emporte sur le méchant tortionnaire. Mais Piégé a malgré tout une qualité énorme et plutôt rare par les temps qui courent : il est court, et ne dépasse pas 1h35.
















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