Speed Racer : un bonbon pop pour les petits et les grands
Échec cuisant lors de sa sortie en 2008, le film des Wachowski est aujourd’hui disponible sur la plupart des plateformes. L’occasion de redécouvrir un rêve de gosse acidulé à souhait, et superbement réalisé et interprété.

Il avait un peu disparu de la circulation, mais voilà que, 18 ans après sa sortie au cinéma, Speed Racer s’empare de toutes les plateformes. Ce curieux objet cinématographique est une énigme, celui que les frères Wachowski qui, à cette époque signaient encore leurs films brothers et non pas sisters, ont réalisé après la saga des deux premiers Matrix.
Le jackpot récolté avec les aventures de Keanu Reeves dans le rôle de Neo leur permet de voir grand et lorsqu’ils décident d’adapter un manga japonais des années 60 pour en faire un « film de famille », ils n’en font qu’à leur tête. Et le résultat est aussi improbable que l’histoire qu’il raconte. C’est celle d’un pilote surdoué, forcément baptisé Speed, qui décide de venger son frère mort en course, en gagnant justement celle ou il a péri lors d’une précédente édition et en affrontant, en passant, des super-méchants, évidemment.
Le résultat à l’écran est un énorme bonbon sucré et même pas indigeste. Les voitures (nucléaires) évoluent dans un univers ou les circuits sont des pistes de hot wheels grandeur nature. Les décors sont souvent dessinés et totalement kitsch, tout en lumière fluo à une époque ou les effets spéciaux et la 3D sont loin d’être aussi précis qu’aujourd’hui.
Qu’importe, les Wachowski ne cherchent pas à rendre leurs images crédibles et réalistes. Au contraire. Ils veulent nous entraîner dans un univers de BD totalement onirique et ça marche. Car ceux qui s’appellent aujourd’hui Lana et Lilly maîtrisent leur barbe à papa géante de bout en bout, par la force de leurs personnages toujours à leur place dans d’invraisemblables décors, par la force aussi de comédiens qui tiennent parfaitement la route, comme John Goodman, Susan Sarandon ou Christina Ricci.
Le film des enfants qui font vroum vroum
Speedracer est un film démesuré, et ça lui va bien. Mais à sa sortie, c’est un bide. L’échec est aussi critique que commercial, car peu de gens ont compris ce que les Wachowski ont voulu exprimer : le rêve des gosses qu’ils ont été avec les moyens des adultes qu’ils sont devenus.
Il est donc temps aujourd’hui de faire sortir leur film du purgatoire et de lui donner le rôle qu’il mérite. Celui d’un bonbon pop et acidulé destiné aux petits qui font « vroum vroum » au volant de leur auto à pédales, et à leurs parents qui n’ont pas oublié le gosse qu’ils étaient.












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