Nouvelle BMW M440i : quasi aussi performante qu'une Porsche 911 mais guère plus taxée qu’une Golf GTI
Une BMW de 4,77 m de long à 4 roues motrices et 6 cylindres turbo essence, et quasi 400 ch : on lui imagine aisément le malus maxi de 80 000 €. Sauf que grâce à une hybridation légère de dernière génération, la marque limite la casse : désormais, sa M440i n’est guère plus pénalisée qu’une simple Golf GTI avec une taxe globale de 13 000 €, alors qu’elle est capable de renifler le pare-chocs arrière d’une Porsche 911 à l’accélération. Explications…

Sommaire
Note
de la rédaction
14,4/20
Note
des propriétaires
En bref :
Moteur turbo essence
392 ch cumulés
Nouvelle micro-hybridation
Baisse de 8 g/km de CO2
Malus au CO2 divisé par deux
À partir de 77 700 €
Le six cylindres en ligne est une institution chez BMW mais la chasse aux émissions polluantes l’a rendu toujours plus rare, au point que la marque le réserve désormais à des modèles sportifs et/ou hybrides rechargeables tels que la dernière série 5 en version 550e. Un crève-cœur pour les petits budgets mais également pour ceux qui donnent la priorité à l’agrément de conduite plus qu’aux performances pures.
Mais les motoristes ne s’avouent pas vaincus. La preuve avec cette M440i, qui a déjà cédé à l’appel de la micro-hybridation 48V dès la sortie de cette génération en 2020. Une micro-hybridation qui permettait déjà de limiter les rejets de CO2 à 170 g/km, et le malus à environ 10 000 €. Sauf qu’en 5 ans, le barème s’est durci. Les ingénieurs ont donc décidé d’aller encore plus loin avec un système dans l’air du temps, à savoir un électromoteur entraînant directement la transmission.
Aux oubliettes donc, l’alterno-démarreur entraîné par courroie : place à un moteur électrique de 12 ch intégré à la boîte de vitesses, directement par ZF, le fournisseur de la transmission auto à 8 rapports. Résultat : les rejets de CO2 baissent de 8 g/km en version « d’appel », soit 162 g/km, où une taxe au CO2 divisée par deux, donc équivalente à celle d’il y a six ans, à savoir 10 692 €. Certes, c’est encore beaucoup, d’autant que l’auto coûte déjà 77 700 € a minima, et qu’à cela s’ajoute un malus au poids de 2 690 € (malgré l’abattement de 100 kg sur les hybrides), l’auto accusant 1 845 kg en ordre de marche.
Relativisons, car on a affaire ici à un grand coupé de 4,77 m de long, à quatre roues motrices permanentes, dotée d’un six en ligne 3.0 turbo essence, et délivrant jusqu’à 392 ch cumulés. De quoi abattre le 0 à 100 km/h en 4s3, soit seulement deux dixièmes moins vite qu’une Porsche 911 Carrera de 394 ch, taxée elle au maximum. Par ailleurs, avec quelques options, une simple Golf GTI motorisée par un petit 4 pattes 2.0 délivrant 265 ch « seulement » et entraînant uniquement les roues avant peut rapidement écoper d’une dîme au CO2 de 17 000 €…
Enfin, pour en finir avec les comparaisons, une Mercedes CLE 450, directement comparable en termes de gabarit et de puissance (381 ch), rejette toujours 174 g/km avec sa micro-hybridation par alterno-démarreur, et écope donc d’un malus aux émissions de 30 624 € depuis le début d’année.

Si les malus de la 440i vous effraient toujours, il y a d’autres solutions… Choisir une Série 3 déjà, qui bénéficie des mêmes évolutions, émet encore moins de gaz à effet de serre (à partir de 159 g/km) pour un malus réduit à 8 770 €. Encore trop ? Alors sachez que grâce à sa banquette 3 places, la M340i exonère les ménages de 3 enfants mineurs de toute redevance grâce à un abattement 20 g/km et 200 kg par bambin. Vous ferez ce que vous voudrez de cette information…


Une pompe à feu hyperfacile !
Je me souviens parfaitement des a priori que j’avais lors d’un premier essai en 2020 de la M440i : malgré les 374 ch affichés, je restais perplexe face à ce gabarit de Ford Mustang, cette masse de 1 845 kg avec ma pomme au volant, cette boîte auto à convertisseur a priori moins rapide qu’une robotisée double-embrayage, et ces quatre roues motrices qui laissent craindre un comportement plus efficace que ludique… Pourtant, j’avais passé un moment extraordinaire, hors du temps à une période où un tel moteur était déjà très mal vu. J’avais même été scotché en constatant une consommation moyenne de 6,7 l/100 km à allure cool sur le réseau secondaire, au point de prendre une photo de l’ordinateur de bord pour immortaliser cette valeur.

Du coup, je n’ai qu’une seule appréhension en découvrant ce millésime 2026 : son gabarit. Car si elle braque relativement court, la Série 4 peine à se faufiler en ville, et l’on craint pour ses jolies jantes (en 19 pouces ici mais 18 pouces en série), et ses rétros qui fixent la toise à 2,09 m. La génération F32 était bien plus facile à vivre sur ce plan. Mais hors agglomérations et parkings étroits, cette M440 me fait tout oublier, en particulier mon appétence pour les boîtes manuelles, les moteurs atmosphériques et les transmissions aux roues arrière. Avec elle, disposer de 392 ch ne revêt aucun problème.
Le démarrage déjà, est une fête. Surtout à froid, quand le régime du ralenti augmente légèrement, avec à la clé un vrombissement qui hérisse les poils. On retrouve, bien entendu, la sonorité typique du bloc B58 : hypermusicale quel que soit le régime, elle n’a pas grand-chose à envier aux moteurs sans assistant respiratoire d’antan, même si le feutre a pris le pas sur le rocailleux. Quelle voix ! Et quelle santé ! Dès 1 500 tr/min, il relance sans sourciller et délivre une poussée sensationnelle dès 3 000 tr/mn jusqu’à la zone rouge fixée à 6 500 tr/mn.

Les prises de vitesse sont d’autant plus enfantines que la boîte auto se veut rapide à la montée, et si douce qu’on ne sent même pas les changements de braquet, tandis que les quatre roues motrices permanentes permettent de mobiliser l’intégralité de la cavalerie sans retenue, y compris sur sol mouillé. Pas négligeable, surtout actuellement.
Si cela se paye par un comportement balourd ? Même pas ! Malgré le poids de l’ensemble et l’empattement de 2,85 m, la M440 est vive à l’inscription en limitant le roulis, accroche à l’avant (merci aux gommes Goodyear Eagle F1), pivote de l’arrière sur les freins sans brutalité, et repart d’une légère dérive si vous enfoncez la pédale de droite dans la moquette (ESP off), bien aidée par le différentiel arrière autobloquant multidisques. Une pure Béhème, sans les acrobaties, ce qui satisfera déjà une bonne partie des amateurs… Dommage que l'on manque encore de sensations dans le volant malgré une direction sportive (démultiplication variable).
Enfin, l’auto apparaît encore plus sobre qu’avant quand la circulation se fait fluide, avec 6 l/100 km relevés sur le réseau secondaire aux allures usuelles, et 7 l/100 km sur autoroute à 130 km/h. Mais ne rêvons pas d’une sobriété de Prius en ville, le six pattes pouvant réclamer jusqu’à 14 l/100 km dans les bouchons. Et couteau entre les dents, pas de miracle non plus, même si on dépasse rarement les 18 l/100 km…
Chiffres clés *
- Longueur : 4,77 m
- Largeur : 1,85 m
- Hauteur : 1,39 m
- Nombre de places : 4 places
- Volume du coffre : 440 l / NC
- Boite de vitesse : Auto. à 8 rapports
- Carburant : Essence
- Taux d'émission de CO2 : NC
- Date de commercialisation du modèle : Juin 2020
* pour la version (G22) (2) COUPE 3.0 M440I XDRIVE 392 M PERFORMANCE BVA8.
Le bonus / malus affiché est celui en vigueur au moment de la publication de l'article.
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