Terres rares : la Chine glousse, l’Europe tousse et se tourne vers l’Amérique
L’INFO DU JOUR - Alors que la cour des comptes européenne alerte les responsables de l’UE et les industriels sur leur dépendance à la Chine, Stéphane Séjourné, le vice-président de la Commission tente de négocier avec Washington pour acheter aux États-Unis les précieux minerais nécessaires à nos voitures électriques.

L’estonienne Keit Pentus-Rosimannus est claire : « Sans terres rares, pas de transition énergétique, pas de compétitivité, pas d’autonomie stratégique ». Responsable de l’audit réalisée pour la Cour des Comptes européenne, elle conclut « que la situation est grave », visant la dépendance de l’UE vis-à-vis d’une « poignée de pays tiers », dont, en, premier lieu la Chine.
Ce que stipule le rapport, ce n’est pas tant une pénurie à venir de ces minerais, mais aussi du nickel et du lithium indispensable aux batteries des VE, mais la dépendance des pays européens envers la Chine, surtout, et la Corée dans une moindre mesure. Une dépendance qui peut, parfois, prendre des allures de chantage en cas d’imbroglio économico-diplomatique.
Un ennemi commun
Évidemment, quelques tentatives d’extraction locales sont en cours, c’est le cas sur quelques sites français comme celui de Golmel en Bretagne. Mais, rappelle la Cour, ils « n’ont pas encore produit de résultats tangibles ».
Alors que faire ? Se tourner de l’autre côté de la planète et tenter de faire bonne figure auprès de l’administration Trump. C’est ainsi qu’une délégation, menée par le vice-président de la Commission Stéphane Séjourné, s’est envolée vers Washington ce mardi 4 février, au lendemain de la publication du rapport.
Les Européens vont rencontrer le secrétaire d’État Marco Rubio avec une idée en tête : « veiller à ne pas nous faire concurrence pour obtenir les mêmes ressources et, lorsque nous travaillons sur les mêmes projets, trouver des moyens de nous compléter mutuellement » comme l’a expliqué un membre de la délégation à l’AFP. En gros : il faut s’unir contre notre ennemi commun : la Chine. En prenant soin au passage, de tenter d’oublier les différents actuels entre l’UE et les US. Nul doute que Rubio attend les Européens venus traiter en buvant du petit-lait.
Car le « drill baby drill » prôné par Donald Trump ne concerne pas que le pétrole. Les États-Unis ne forent pas seulement, ils creusent aussi. Et stockent les précieux métaux non seulement indispensables aux voitures électriques mais aussi à leur arsenal militaire. Pour le Project Vault (projet coffre-fort), Washington a posé 12 milliards de dollars sur la table, histoire de sortir définitivement de l’emprise chinoise en récoltant et conservant des minerais dont l’Europe espère bien récupérer quelques tonnes.
Le Japon bientôt troisième producteur mondial ?
Cette volonté de sortir du giron chinois est également de mise à Tokyo, dont on sait les relations désastreuses avec Pékin depuis toujours. L’affaire a pris une telle importance que le Premier ministre japonais Sanae Takaichi a tout spécialement organisé une conférence de presse pour annoncer la découverte d’un gisement sous-marin de terres rares dans ses eaux territoriales.
Et la pépite est loin d’être petite, puisque ce sont 16 millions de tonnes qui ont été découvertes. Une révélation, et un espoir pour le Japon qui pourrait, grâce à ce gisement, devenir le troisième producteur mondial.
Nul doute que si cette mine sous-marine est exploitable, Stéphane Séjourné devrait rapidement prendre un avion vers Tokyo. Mais si la sortie de la dépendance chinoise prônée par l’Union est indispensable, produire des terres rares en Europe l’est encore plus. Ne serait-ce que pour ne pas avoir à dépendre des tarifs pratiqués par les pays producteurs, qu’ils soient dans notre camp ou pas.















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