En janvier, le "miracle" Renault ne parvient pas à masquer l’aridité du marché automobile professionnel
Le marché automobile professionnel entame 2026, comme il avait fini 2025 : dans la grisaille. Et pas de miracle en perspective. À l’exception d’une petite oasis en forme de mirage, le segment des entreprises avance en plein désert.

Le marché des flottes a fait dry january. En ce premier mois de l’année les ventes B2B ont sérieusement manqué d’ivresse. Avec seulement 28 441 livraisons enregistrées, les ventes se dérobent comme le sable sous le pied.
Résultat, en janvier les mises à la route via le canal des professionnels ont chuté de 10,7 %, et même de 15,3% pour les seuls VP, d’après les chiffres AAAData. Une dégringolade que n’a pu empêcher l’explosion de l’électrique qui a surtout profité à un seul constructeur.
Le triomphe solitaire de l’électrique
La transition profite au 'zéro émission". Les véhicules partiuliers électriques ont opéré une percée historique sur le B2B, représentant plus d’un tiers des mises à la route (35,7 %). Dans cette enclave de croissance, un singleton donne le ton.
Tandis que la plupart des constructeurs s’enfoncent dans une récession marquée, Renault dessine une trajectoire inverse, s’imposant comme un pôle de résistance dans un secteur privé de ses relais de croissance traditionnels.
Toutes les autres motorisations reculent
Le constat est sévère pour les anciennes motorisations reines. Le diesel est désormais relégué à la portion congrue (4,4 % de part de marché), tandis que les motorisations hybrides, longtemps perçues comme le moteur idéal de la transition, marquent un recul brutal de 26,3 %. Dans ce reflux général, les rivaux historiques, Peugeot et Toyota, subissent une décompression de leurs volumes, respectivement de 38,7 % et 31,6 %.
Renault fait cavalier seul
Porté par le succès commercial de son Scenic E-Tech (1 522 livraisons), Renault s’appuie également sur la solidité de la Mégane (715 unités) et l’arrivée fracassante de la nouvelle R5 (597 immatriculations) pour asseoir sa domination.
Cette dynamique permet au constructeur de Boulogne-Billancourt de revendiquer une progression de 13,4 % sur le segment des entreprises. Un score d’autant plus singulier que le reste du marché semble frappé d’atonie.
L’utilitaire, un miroir de la crise
Le secteur des véhicules utilitaires légers (VUL) ne dément pas cette impression de fin de cycle. Avec un repli de près de 2,78 % en janvier, ce segment ne parvient pas à transformer les espoirs nés en fin d’année dernière.
Ici encore, Renault fait figure de bastion. Quand ses concurrents voient leurs positions s’éroder, le Losange maintient un cap positif avec une croissance de 3,5 %, porté par une offre de fourgonnettes électriques qui commence enfin à trouver son public.
Comment expliquer un tel isolement au sommet ?
La performance de Renault tient moins au hasard qu’à un alignement de planètes stratégique. En disposant d’une gamme renouvelée au moment précis où les incitations fiscales et les contraintes réglementaires imposent le basculement électrique, la marque profite d’une avance de phase sur ses concurrents.
En ce début d’année, le marché des flottes tient donc à fil (électrique oui !) qui ne parvient pas à entrevoir une évolution positive sur l'année. Renault s’y avance en ouvreur, loin devant une concurrence en quête de second souffle. Le Losange doit-il pour autant s’en réjouir ?













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