Malgré le vieillissement de leurs parcs, les entreprises freinent leurs investissements automobiles
En 2025, les immatriculations en Location Longue Durée (LLD), véritable pivot de la décarbonation, accusent un recul historique de 6,1 %. Le moteur des investissements s’enraye, le parc véhicules vieillit. Le marché des flottes d’entreprises traverse une zone de turbulences en forme de rupture de cycle.

Sentiment mitigé. Lors de sa présentation annuelle du marché LLD, le le Syndicat des Entreprises des Services Automobiles et des mobilités en LLD (Sesamlld) a divulgué hier une étude menée avec Dataneo mettant en exergue le vieillissement du parc entreprises et la baisses de leurs investissment autos.
L’année 2025 marque la fin d’une époque, souligne Xavier Nicolas, président de la commission communication du Sesamlld. Pendant une décennie, le parc des véhicules d’entreprises a suivi une trajectoire de croissance quasi immuable (+ 28,7 %). Un élan aujourd’hui brisé.

La LLD, le moteur grippé du verdissement
Le constat est d’autant plus préoccupant, que la LLD (60,4 % des immatriculations professionnelles) reste l’élève modèle de la transition énergétique. Plus de 80 % des véhicules électriques d'entreprises sont immatriculés en LLD et près d’un quart des véhicules mis à la route en LLD est 100 % électrique (+ 27,5 % en un an)
Cette transition massive permet aux flottes d’atteindre un taux moyen d’émissions de seulement 78,9 g/km de CO₂, inférieurs de 16 % aux 94,4 g/km de CO₂ pour l’ensemble de marché automobile national.
Mais ce ressort écologique est en train de se casser. Pour décarboner, il faut renouveler. Or, la dynamique de remplacement des véhicules, en parc affronte des vents contraires.

Le vieillissement des flottes
L’étude révèle un phénomène inédit. Historiquement, le parc des particuliers a toujours vieilli plus rapidement que celui des entreprises. Or, depuis deux ans, la tendance s’inverse. « En 6 ans, le parc entreprises a gagné 6 mois d’âge moyen, dont 3 mois sur les deux dernières années seulement » souligne l’étude. L’âge moyen du véhicule d’entreprise est ainsi passé de 6,8 ans en 2019 à 7,4 ans en 2025.
Face aux incertitudes législatives, les décideurs mettent leurs investissements « sur pause ». Plutôt que de s’engager sur de nouveaux modèles dans conditions fiscales mouvantes, ils prolongent les contrats existants. La durée de détention moyenne d'un véhicules est ainsi passée de 3,4 ans en 2020 à 4,3 en 2025.

La prudence remplace l'investissement
Pour la première fois après dix ans de croissance continue (+28,7 %), le parc roulant des entreprises recule. Il y a moins de voitures en LLD dans les flottes. Les besoins de mobilité n'ont pas disparu, mais les entreprises « jouent la montre ». Faute de visibilité, les sociétés préfèrent prolonger les contrats existants. Pour un décideur, investir sur 48 mois sans connaître les règles qui s’appliqueront à mi-contrat est un risque imprenable.
Sortir du « guidonnage » pour une vision de long terme
Afin de redonner un élan au marché, le Sesamlld, appelle à un changement de méthode. La transition ne peut se faire par « des décisions brutales » qui forcent les entreprises à revoir constamment leur car policy. Et de proposer trois leviers.
À commencer par accroître la visibilité et la progressivité des mesures pour permettre aux entreprises de planifier leurs investissements sur des cycles de 4 à 5 ans.
La mise en place d’un mécanisme de soutien aux VE d’occasion afin de faciliter la transition écologique des sociétés et du parc global est aussi mis sur la table par sesamlld.
Une harmonisation fiscale européenne?
Le syndicat des loueurs longues durée demande également l’élargissement des mesures incitatives de verdissement à l’ensemble des véhicules électriques. Aller au-delà des seuls modèles écoscorés, comme c'est actuellement le cas, permettrait d’accélérer le verdissement des flottes.
Le dispositif de l’écoscore français, bien que partant d’une intention louable, a retiré du jour au lendemain « près de la moitié des véhicules électriques du spectre des choix possibles aux entreprises » souligne Sarah Roussel, présidente du Sesamlld. Et de pointer les 67,2 % de VE non écoscorés proposés sur le marché français.
Sesamlld se montre par ailleurs incrédule sur le fait que les VE non-écoscorés soient placés au même niveau fiscal que les motorisations thermiques.
Et d’attendre avec fébrilité de voir si les décisions fiscales européennes attendues pour cette fin de mois n’entreraient pas en dissonance avec les mesures déjà en place en France.
Pas de lumière pour 2026
Les questions de la définition du Made in Europe et de l’harmonisation des aides fiscales au sein de l'UE manquent encore de précisions.
Au regard du climat politique et fiscal actuel le Sesamlld ne prévoit pas de croissance des volumes entreprises pour l’année 2026. « Les conditions nécessaires » ne sont pas réunies.















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