De la fureur au presque silence : La métamorphose de l’usine Volkswagen de Hanovre
À Hanovre, le vacarme des 144 décibels de l’époque héroïque a fait place au murmure des chariots autonomes et des robots délicats. Alors que le site fête ses 70 ans, reportage au cœur du temple du Combi qui interroge l’avenir. Entre la nostalgie du T1 et l’ambition de l’ID Buzz, l’usine grande comme 150 terrains de foot tente de négocier son déclin d’effectifs pour devenir le laboratoire de la mobilité de demain.

Bienvenue à Bulli city. Le Bulli, c’est le petit nom, affectueux et Allemand, du Combi, et la city, c’est Hanovre, fief de la camionnette germanique signée VW qui fête ces jours-ci ses 70 ans et le onze millionième véhicule qui sort des chaînes de cette gigantissime usine de 1,1 million de m2, soit plus de 150 terrains de foot.
Hanovre et le Combi c’est donc une très longue histoire de 7 décennies, au point ou c’est dans cette ville de Basse-Saxe que se tient toujours le plus grand salon dédié au VU dans le monde. Mais c’est aussi l’histoire d’un déclin, et pas seulement celle de la camionnette, mais de l’industrie auto en général.
De 30 000 à 13 000 salariés
Il suffit de se balader dans les énormes ateliers pour s’en apercevoir. Non que les immenses halls soient désertés, mais seulement 13 000 salariés y travaillent encore aujourd’hui, presque en silence, là ou 30 000 ouvriers s’activaient dans le bruit et la fureur des années 70.
Un silence d’ailleurs très relatif, car l’énorme presse qui transforme des rouleaux de tôles en portières, en ailes ou en capots, émet tout de même ses 88 décibels sans broncher. « Rien à voir avec les 144 dB de la précédente » se souvient cet opérateur. Rien à voir non plus avec les dizaines d’ouvriers qui s’échinaient à toute heure du jour et de la nuit sur des machines du siècle dernier. Aujourd’hui, ils sont deux, et auscultent les ordinateurs qui guident l’énorme presse.

Les pièces (presque) silencieusement formées par la machine sont ensuite triées par des robots aussi gigantesques que délicats qui les déposent précautionneusement sur des chariots autonomes qui connaissent tous leur destination dans le hall d’assemblage.
Et l’homme dans cet univers de robots ? Il est toujours présent, surveillant la marche des machines, flattant de la main les pièces pour en vérifier la qualité, ou ajustant ici une portière, là des câblages moteurs. Ils sont toujours présents mais toujours diminuant.

Aujourd’hui, ils sont deux fois moins nombreux qu’il y a 30 ans, un apogée qui avait plus modestement débuté, ce 8 mars 1956. Ce jour de l’inauguration du site, ils n’étaient que 5 000. Voilà déjà dix ans que le Combi T1 existait, mais succès aidant, à l’usine de Volfsburg ou il était fabriqué, le Bulli se sentait à l’étroit. Alors la direction a décidé de lui offrir un nouvel écrin, à Hanovre, à 90 km de là.
Le succès ne s’estompera pas, les effectifs vont grandir, et les ateliers se multiplier. Les 2 millions d’exemplaires sont atteints rapidement. T1, puis T2, T3, 4 et 5, tous les Combis et leurs descendants sortiront d’ici. Mais pas que. Quelques Coccinelles sont produits ici et même la Porsche Panamera profitera des ateliers de peinture de Hanovre.

Et aujourd’hui ? La version T7 du Transporter n’a plus sa place ici. Fabriquée en partenariat avec Ford, elle est produite loin de Hanovre, à Kocaeli en Turquie. En Basse-Saxe, on se contente du T6, toujours fabriqué en version Multivan, et du Califonia, assemblé sur la même version.
l’ID Buzz en première ligne
Mais on y fabrique aussi celui qui devait faire entrer le Bulli dans une nouvelle aire, celle de l’électrique, celle de l’ID Buzz. En quatre ans, on estime que 200 000 exemplaires sont sortis des chaînes. Un score pas si mauvais, mais peut-être pas suffisant pour ce paquebot géant. Alors, à Hanovre, on fabrique aussi quelques Amarok, pour les pays qui en vendent encore, et on assemble des ID Buzz autonomes.

C’est ce département qui, proportionnellement, emploie peut-être le plus d’humains. Parce que les quelques centaines de modèles qui doivent voir le jour cette année et circulent sans chauffeurs dans une dizaine de villes dans le monde, ne justifient pas l’achat de très coûteux robots ? L’homme est réduit aux petites séries et l’ouvrier est devenu artisan, mais de très haute technologie.
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