Plongée dans l’antre secret de Volkswagen ou l’on peut offrir une cure de jouvence à son Combi moyennant 100 000 euros
REPORTAGE - À la sortie de Hanovre en Allemagne, une concession Volkswagen en apparence ordinaire cache un trésor pour les amoureux du « Bulli ». C’est là que se niche l’atelier « Oldtimer », une succursale de la marque dans laquelle huit orfèvres redonnent vie à des Combis fatigués. Entre quête de pièces rarissimes et restaurations très très chères, plongée dans le département où le temps s'est arrêté.

À première vue, rien ne distingue ce petit immeuble de n’importe quelle concession Volkswagen en Europe. Un bâtiment moderne en verre, une porte vitrée surmontée du sigle VW : rien que du banal.
Celui qui se niche dans cette zone industrielle à la sortie de Hanovre en Allemagne arbore bien un panneau « nutzfahrzeugen » (véhicules utilitaires dans la langue de Goethe), mais toujours rien d’extraordinaire : une simple succursale VU du constructeur. Sauf qu’à y regarder de plus près, un autre petit panneau attire l’attention : « old timer ».
Des mécanos doublés de détectives
En se retournant, on découvre des Combis T1 ou T2 dans la cour, dont pas un n’a moins de 50 ans, mais qui paraissent sortir de chaîne le matin même et on se dit qu’on a fait erreur : on n’est pas vraiment dans l’antre des artisans en mal d’utilitaires à tout faire.
Alors on pousse la porte du lieu, et l’on tombe sur un véritable musée qui rassemble 150 Bullis, du petit nom dont nos voisins ont affublé leur camionnette mythique. Et de s’apercevoir que ce drôle d’endroit est le département classique de Volkswagen, entièrement consacré au Combi.

On se renseigne sur les prix des modèles d’expo. Mais non, la première version électrique, réalisée en 1973, d’un T2 qui revendiquait entre 50 et 80 km d’autonomie, n’est pas à vendre. Pas plus que ce Combi à chenilles « raupenfuchs » de 1962 qui plafonnait à 35 km/h.

En revanche, ce qui est à vendre, ce sont les services de la maison. Car cette concession unique est surtout, et avant tout, un incroyable atelier, ou huit mécanos très spécialisés sont capables de tout, cachés derrière le showroom - musée.
Ils sont surtout susceptible de remettre à neuf n’importe quel Combi, même s’il est sorti des chaînes en 1948. « On travaille sur des T1, T2 et T3, raconte leur chef d’atelier, mais on commence à s’entraîner sur des T4 et T5, en prévoyant l’avenir. », pour passer des Oldtimers aux Youngtimers, puisque le T4 est sorti en 1990.

Mais sur quel type d’aménagement travaillent-ils ? Car le Combi a servi à tout et à tout le monde, de l’artisan au hippie, de la famille nombreuse au maçon en passant par le vanlifer. Ici, on refait tout, on répare tout, du camper van Westfalia au pick-up en passant par le taxi, l’ambulance ou le Combi de pompiers, et ce, quel que soit l’état dans lequel son propriétaire l’a confié au garage.
C’est à ce moment-là que les drôles de mécanos interviennent, car ils ne se contentent pas de réparer des pièces, ou de les changer : ce sont de véritables détectives. Ils enquêtent jusqu’à débusquer l’objet manquant, l’optique Hella de 1957, ou la table pliante voir le robinet d’eau d’un van aménagé de 1972. « Pour les pièces purement mécaniques, on n’a pas trop de souci : la maison en dispose encore et en refabrique certaines » souris le mécanicien. Quant à la tôlerie, à la peinture et à la sellerie, les immenses ateliers de l’usine VW sont à moins de 10 km.
Une restauration complète coûte entre 80 000 et 100 000 euros

Une quête et une restauration qui prend son temps. « Il faut compter 1 000 heures pour refaire entièrement un T1, et la moitié pour un T3 ». Au niveau des délais de livraison, ils varient entre 18 et 28 mois. Du coup, on s’inquiète, on commence à faire de savants petits calculs et on blêmit. L’homme ne nous rassure pas : « il faut compter entre 80 000 et 100 000 euros ». Avant de tempérer « c’est le tarif pour un Combi T1 totalement ruiné rendu comme neuf. Dans de nombreux cas, tout n’est pas à refaire ». On respire.
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