Incendies de batteries : ce n’est pas votre voiture électrique qui devrait vous inquiéter le plus
Si les voitures électriques font l’objet d’une surveillance drastique, l’inquiétude des experts se porte désormais sur la « petite mobilité ». Entre protocoles de tests et prolifération des batteries dans nos foyers, retour sur une révolution énergétique sous haute tension.

Les incendies de batteries lithium-ion des voitures, c’est comme les crashs d’avion. C’est impressionnant, mais relativement rare au nombre d’unité en circulation. Pourtant le risque existe et les conséquences peuvent être dramatiques.
Afin d’en connaître l’ampleur et d’en maîtriser les conséquences, France Assureurs (fédération des assureurs) a simulé hier sur le site de Vernon-Saint-Marcel du CNPP (Centre National de Prévention et de Protection) une quarantaine de batteries de vélo électriques ont été placées au cœur d’un centre de stockage type, couramment appelé rack. Le but : mesurer l’emballement thermique des cellules et maîtriser la propagation de l’incendie. Et ainsi éviter qu’un drame comme celui de Reims (4 morts, 26 blessés dans un tour en juin 2025) dû à un feu de batterie ne se réitère.

La voiture électrique sous haute surveillance
Contrairement aux idées reçues, la voiture électrique ne constitue pas le principal risque. Malgré les appréhensions liées aux recharges à domicile (maison ou copropriété), Jimmy Vaugon, responsable du service comportement au feu et nouvelles énergies au CNPP, est catégorique. Les batteries automobiles « sont équipées de circuits électroniques (BMS) très évolués qui surveillent en permanence la température et la tension de chaque cellule », explique-t-il.
Pour obtenir leur homologation de l’UTAC, les batteries des véhicules subissent un protocole rigoureux : exposition aux flammes, tests de choc et observation critique de trois heures. Une rigueur qui porte ses fruits. Selon l’agence suédoise MSB et le rapport EV FireSafe (2024), la probabilité de feu est environ 20 fois plus faible pour un véhicule électrique que pour un modèle thermique.
L’angoisse de la petite mobilité
Le véritable point de rupture se situe ailleurs. Dans nos entrées, nos salons ou nos cuisines. « Chaque foyer Français héberge en moyenne 19 appareils à batterie lithium-ion » souligne Paul Esmein, directeur général de France Assureurs. De quoi démultiplier le risque d’incendies liés aux smartphones, mais aussi aux trottinettes et vélos électriques dont nous rechargeons les batteries sur de simples prises murales de l’entrée ou du salon. D'après le groupe Saretec, les sinistres liés aux batteries ont bondi de 300 % entre 2020 et 2024, et 75 % d’entre eux surviennent dans des lieux privés.
« Les batteries de la petite mobilité sont souvent soumises à des chocs pour lesquels elles n’ont pas été conçues », alerte Ronan Jezequel, directeur de l’innovation et développement du CNPP. Moins protégées, rechargées avec des dispositifs de piètre qualité, elles sont les premières victimes de l’instabilité chimique.
Pourquoi un tel péril à domicile ? L’emballement thermique y est dévastateur. Contrairement à un feu de bois, la batterie projette des jets de flammes horizontaux — l’effet torche — qui enflamment rideaux et meubles instantanément. Plus troublant encore : 50 % des départs de feu surviennent alors que l’appareil n’est pas en charge, souvent suite à un choc interne antérieur. " Pour les assureurs comprendre le risque associé au stockage de ces batteries permet de nourrir la réflexion et influer sur les normes de demain. " résume Paul Esmein
Le logement, nouvelle « zone rouge »
Une fois l’incendie déclaré, le miracle n’existe pas. L’eau reste la seule solution, mais elle exige des volumes colossaux : jusqu’à 30 000 litres pour une voiture, contre 2 000 pour une thermique. Face à ce risque, Paul Esmein, de France Assureurs, et le CNPP prônent une nouvelle discipline : chargeur d’origine exclusivement, surveillance des charges et examen systématique après une chute.
Pour limiter les risques d’embrasement France Assureurs préconise d’éviter de recharger sa trottinette, gyropode, vélo et autres EDPm à l’entrée de son logement afin de conserver l’accès vers l’extérieur en cas de problème. Par ailleurs l’organisme conseille d’éviter la recharge nocturne pour ne pas être surpris dans son sommeil et pouvoir surveiller sa batterie. Problème, c’est généralement au cœur de la nuit qu’une batterie dispose du temps nécessaire pour se charger au moment où s’appliquent les tarifs heures creuses.
















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