C’est la pire chute depuis 2022 : pourquoi les entreprises n’achètent plus de voitures ?
L’année 2025 restera comme l’un des pires exercices pour le marché des flottes automobiles depuis 2022. Avec un recul des ventes bien supérieur à l’ensemble du marché, la situation s’avère très préoccupante.

Avec seulement 725 041 véhicules immatriculés (source AAAData) en 2025, le marché BtoB affiche un repli de 8,6 % par rapport à 2024. Soit, « presque le niveau de 2022 (708 000 mises à la route) qui fût la pire année post-covid » analyse l’Arval Mobility Observatory.
Cette année-là, les constructeurs, en pleine crise des semi-conducteurs, n’avaient livré que 708 000 voitures aux entreprises. Les marques préféraient fournir en priorité les particuliers et s’assurer ainsi de confortables marges financières.
100 000 immatriculations de moins en 3 ans
Trois ans plus tard, le signal se veut inquiétant pour un secteur fortement fragilisé. Les ventes annuelles sur le canal B2B se sont davantage contractées (-8,6 %) que celles de l’ensemble du marché (–5,1 %).
Par rapport à 2024, près de 70 000 véhicules manquent à l’appel, 100 000 par rapport à 2023, et même plus de 180 000 comparé à 2019, dernière année de référence pré covid. La chute est vertigineuse
Dans un contexte économique tendu, les sociétés ont clairement freiné leurs investissements, privilégiant l’allongement des durées de détention des véhicules plutôt que leur renouvellement.
L’instabilité fiscale, facteur d’attentisme
La contraction du marché s’explique en grande partie par une instabilité réglementaire et fiscale persistante. La réforme des avantages en nature et l’introduction d’une taxe annuelle incitative ont fortement perturbé les décisions d’achat. Si ces dispositifs visaient à accélérer la transition énergétique des flottes, ils ont également créé un climat d’attentisme, pénalisant l’ensemble du marché.
En ce début d’année, il apparaît même urgent d’attendre encore l’issue des débats parlementaires sur le budget de la France, dont la reprise est prévue pour le 13 janvier, avant de connaître la réaction des entreprises.
Les VP premiers impactés
Les véhicules particuliers ont été les premières victimes de cette prudence accrue. Sur l’ensemble de l’année elles accusent une baisse de 10,3 % des immatriculations, contre – 5,8 % pour les utilitaires légers traditionnellement mieux protégés car indispensables à l’activité économique.
L’électrique, l’étincelle dans la nuit
Dans ce paysage morose, le véhicule électrique fait figure d’exception. Les immatriculations de modèles 100 % électriques ont bondi de 48,1 %, à 136 563 unités d’après les chiffres d’AAA Data. Ce qui représente désormais près d’un véhicule sur cinq immatriculé dans les flottes d’entreprise. En décembre, la dynamique s’est encore accélérée, avec un mois de décembre marqué par une hausse de plus de 67 % des mises à la route de modèles électriques. Un paradoxe : alors que le marché entreprise s’enfonce, il devient le principal moteur de la croissance du véhicule électrique en France.
Thermique et hybride rechargeable en berne
À l’inverse, les motorisations traditionnelles continuent de décrocher. Les immatriculations de véhicules essence se sont effondrées (–40 %, 95 856 mises à la route en 2025), tandis que le diesel, bien qu’encore majoritaire dans les utilitaires, recule de près de 15 % sur l’ensemble de l’année. Longtemps présenté comme une solution de transition, l’hybride rechargeable subit un net revers (–34,5 %, 47 965 unités), pénalisée par un durcissement fiscal et par l’entrée en vigueur de la norme Euro 6e-bis, qui alourdit ses émissions de CO₂ homologuées.
Les hybrides et mico-hybrides résistent
Dans ce contexte, les entreprises se replient sur des solutions jugées plus sécurisantes. Malgré un mois de décembre difficile (-11 %) et un avenir incertain, les hybrides simples (-0,5 %, 101 618 mises à la route) et micro-hybrides (+ 25 %, 101 726 unités) représentent désormais 28 % des immatriculations, captant une partie des volumes perdus par l’essence. Une transition pragmatique, en attendant l’électrification plus complète des parcs.
Un marché en recomposition profonde
Le marché des flottes d’entreprise traverse moins une crise conjoncturelle qu’une recomposition structurelle. La pression réglementaire accélère la transition énergétique, mais au prix d’une forte contraction des volumes. En 2025, l’électrique s’impose comme la seule dynamique positive, tandis que le reste du marché reste englué dans l’incertitude. Une équation délicate pour les entreprises, sommées de verdir leurs parcs sans disposer encore de toute la visibilité nécessaire pour investir sereinement.
Avec plus de 725 000 immatriculations, les flottes représentent près de la moitié des véhicules mis à la route en France en 2025. Une manne que les professionnels de l’automobile ne veulent pas voir se réduire à peau de chagrin.















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