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Les flottes d'entreprises rebattent les cartes de l'électromobilité en France 

Dans Flottes auto / Mobilité pro

Lionel Bret

Si certains ont encore des doutes sur l’électrification du parc automobile, le marché a semble-t-il déjà tranché. En 2025 les ventes de VE en France ont bondi de 14 %. Une croissance portée très majoritairement par les entreprises. Une bonne nouvelle pour l'implantation des véhicules à batterie dans le parc roulant national. 

Les flottes d'entreprises rebattent les cartes de l'électromobilité en France 
58 % des véhicules électriques immatriculés en France en 2025 l’ont été par des entreprises ©IP3 Press Maxppp

À force de débats et d’hésitations, le discours public finit par donner l’impression que la transition vers le véhicule électrique serait incertaine, contestable, voire réversible. Cette lecture est largement démentie par les faits.

En 2025, les ventes de VE en France ont « augmenté de 14 % en France. Et près de 60 % des véhicules électriques immatriculés l’ont été par des entreprises » a souligné l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique et des véhicules propres (Avere) lors d’un point presse ce 15 janvier.

On peut discuter indéfiniment sur le bien-fondé du véhicule électrique. De son coût, de son rythme, de son acceptabilité. Mais loin des commentaires, le marché semble avoir déjà fait son choix. Notamment dans les flottes d’entreprises, où les décisions sont prises sans posture idéologique, mais avec des tableurs, des horizons de temps et des contraintes très concrètes.

Les flottes, boussole du marché automobile

« En un an, la part de l’électrique dans les flottes a doublé », explique Clément Molizon, délégué général de l’Avere France. Lorsqu’on raisonne en coût total de possession (TCO), en fiscalité et en usage réel, l’électrique s’impose progressivement comme un choix rationnel.

Pour la grande majorité des usages, les véhicules électriques affichent un TCO inférieur à celui des véhicules thermiques. Selon le dernier baromètre de l’Avere-France sur les prix de la recharge ouverte au public, le coût moyen de la recharge au premier semestre 2025 est trois fois inférieur à celui d’un plein de carburant à kilométrage équivalent pour un conducteur typique. À ces économies de carburants s’ajoutent des coûts d’entretien réduits. D’environ 37 % pour les BEV selon une étude Roole publiée en octobre 2025.

Les gestionnaires de flotte l’ont intégré, anticipé, parfois devancé. Selon les enquêtes sectorielles citées par l’AVERE, « 94 % d’entre eux déclarent viser des objectifs d’électrification supérieurs aux seuils réglementaires. Non par militantisme, mais parce que le thermique devient, année après année, un risque économique et réglementaire. »

Quand la fiscalité aligne enfin les signaux

Cette accélération est aussi le fruit de choix politiques clairs. Réforme des avantages en nature, taxe annuelle incitative introduite au printemps 2025, renforcement annoncé de la fiscalité sur les motorisations thermiques à partir de 2026. Pour les flottes, le message est désormais lisible. Le marché n’aime pas l’entre-deux. L’hybride rechargeable recule, le tout électrique progresse. Les arbitrages semblent faits. En dehors des VUL et de cas d’usages particuliers, cela a de quoi mettre fin au débat sur la prétendue hésitation des entreprises à électrifier leur parc. D’autant que les VE aujourd’hui en entreprises, seront demain sur le marché de l’occasion.

Sans les flottes, pas de démocratisation du véhicule électrique

Sans un verdissement massif et continu des flottes, le marché de l’occasion électrique resterait trop étroit et socialement insuffisant. Car ce sont elles qui alimentent le marché de l’occasion, là où se joue l’accessibilité réelle pour les ménages. Les entreprises renouvellent leurs véhicules sur des cycles courts (3 à 5 ans) ce qui constitue un turnover important et nécessaire à la démocratisation de l’électromobilité.

En 2025, près de 180 000 véhicules électriques d’occasion ont été immatriculés en France, en hausse de plus de 30 % en un an. Selon l’Avere-France, l’essentiel de ce flux provient des parcs professionnels, qui constituent le principal gisement de VEO. Et de rappeler l’atout jeunesse d’un parc VE composé « à 80 % de véhicules de moins de 5 ans ». De quoi incarner l’avenir de la mobilité quand la moyenne du parc global tutoie les 12 ans.

Une trajectoire et un doute politique

Pourtant, alors même que cette mécanique fonctionne, le doute s’installe. Clause de revoyure européenne, signaux contradictoires sur la fiscalité, absence de vision industrielle lisible viennent brouiller les pistes. Pourtant, dans les faits l’UE a conservé l’objectif de la neutralité carbone pour 2050. Et, en matière de mobilité, la route pour y aller passe par les voitures à batteries. 

Tenir le cap

En la matière la France dispose d’atouts rares : une électricité largement décarbonée, le réseau de recharge performant (180 000 bornes publiques), et des entreprises déjà engagées dans l’électrification de leurs parcs. Un triptyque solide pour développer le marché de l’électromobilité. Reste à la puissance publique de tenir le cap.

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