Votre navigateur ne supporte pas le code JavaScript.
Logo Caradisiac    

Publi info

Les vingt ans de Dacia : l'anniversaire du pragmatisme et de l’abandon de la passion

Dans Rétro / Saga des marques

Michel Holtz

En deux décennies, la marque franco roumaine s’est imposée et a compris, mieux que les autres, que l’époque n’était plus au plaisir automobile. Désormais règne le rapport qualité prix. Dans le même temps, une autre marque a creusé son trou avec une philosophie totalement inverse.

Les vingt ans de Dacia : l'anniversaire du pragmatisme et de l’abandon de la passion
Dacia Logan : celle par qui tout a commencé.

Évidemment, on pourrait dater les débuts de la marque roumaine en 1966, lorsque Dacia a commencé à fabriquer des voitures. Mais focalisons-nous sur ce début 2006. Cet hiver-là, les chiffres tombent : la Logan, produite depuis deux ans avec la complicité financière de Renault, et vendue depuis moins d’un an en France et dans toute l’Europe, fait un carton. C’était il y a tout juste vingt ans.

La version diesel de cette drôle de Logan, comme le break MPV déboulent la même année. Deux décennies plus tard, avec une gamme complète, Dacia est devenu le phénomène que l’on sait et aujourd’hui, la Sandero est la voiture la plus vendue en Europe.

Le chouchou des particuliers

La citadine, comme tout le catalogue roumain a surtout la cote, et ce depuis le début de l’aventure, chez les particuliers, ceux qui vont chez leur concessionnaire, et non pas chez leur DRH, acheter une voiture avec leurs sous, et non pas ceux de leur boîte. Mais que s’est-il passé en vingt ans pour qu’une auto low cost, essentielle ou pas chère (cochez la case qui vous sied) s’impose ainsi ?

Car en 2004, lorsque la Logan apparue, l’auto la plus vendue à travers le Vieux Continent, c’était la Volkswagen Golf 5, la voiture moyenne des Européens moyens qui ne voulaient pas se poser trop de questions sur l’auto dans laquelle ils allaient rouler pendant quelques années.

On nous dira que tout ça, c’est la faute à la crise. Si en vingt ans on est passé d’une auto plutôt chère à une bagnole à bas coût, c’est à cause du pouvoir d’achat à marée basse, à cause de Poutine, de Trump et du Covid. Certes, mais pas seulement. Le succès de Dacia est antérieur au confinement et remonte à un temps ou les agités russes et américains étaient plus discrets.

En 2004, la Golf 5 était la voiture la plus vendue en Europe.
En 2004, la Golf 5 était la voiture la plus vendue en Europe.
Aujourd’hui, c’est la Dacia Sandero.
Aujourd’hui, c’est la Dacia Sandero.

Et si les tarifs canons des Franco roumaines ont de tout temps fait plus que contribuer à leur succès, celui-ci est aussi le fruit d’un autre élément, totalement dans l’air du temps.

Alors de quel autre bois se chauffe le succès de Dacia ? De celui du désamour, du glissement de l’automobile plaisir vers l’automobile utilitaire, de la belle bagnole au déplaçoir, à un objet indispensable à défaut d’être culte.

On ne se réveille pas la nuit pour admirer le Bigster rangé dans son garage. Mais on en est ravi au moment d’y fourguer les gosses, les poussettes, les parasols et la belle-mère. Et l’on est tout aussi ravi lorsque, sur la route des vacances, l’on croise un Peugeot 3008 ou tout autre SUV compact en sachant que son propriétaire mange des pâtes pour pouvoir payer la LOA de son engin, sans que pour autant, il n’allume dans les yeux de ceux qui le voient, une flamme passionnée.

Qui sont les adeptes de l’auto plaisir ?

La saison est au pragmatisme, pas au plaisir de conduire, pas à la possession d’une pseudo œuvre d’art dupliquée à des millions d’exemplaires comme l’automobile l’a été au XXe siècle, avant l’ère Dacia.

Pourtant, il existe bien pourtant quelques survivants ? Quelques amateurs de belles autos, de celles qui donnent la banane en les conduisant ? Ces bagnolards, pour beaucoup, sont des nostalgiques qui roulent en voitures d’occasion, voir en youngtimer. Ce sont ceux-là mêmes qui remplissent les allées de Rétromobile. Ce sont ceux-là mêmes qui sont insensibles aux sirènes du néorétro, des nouvelles Renault 5 et 4, pourtant dessinées pour eux, mais trop électriques pour eux.

Mais il y a d’autres irréductibles, qui ne veulent pas non plus se résoudre au pragmatisme total, et refusent de rentrer dans le rang de l’habitude, en devenant clients des constructeurs traditionnels ou de ce qu’il en reste.

Cupra, l’autre face du miroir automobile

Cette habitude qui consiste à acheter une marque par réflexe, par habitude familiale, par confiance envers le garagiste, ils la refusent. Ils veulent bien mettre un peu d’argent dans leur auto, mais pas trop, pas autant dans une snob allemande en tout cas.

Surtout, cet argent, il faut qu’il se voie, que le voisin sache. Pour ça, il faut que l’auto en jette. Ainsi est née l’autre marque qui a réussi son coup en ce début de siècle : Cupra, né en février 2018 et qui fête ses huit ans ces temps-ci.

L’Espagnol bling-bling et le Roumain pragmatique : les deux seules marques qui sont nées, et surtout, qui se sont installées au cours des vingt dernières années. Deux marques qui ont compris, mieux que leurs concurrents souvent centenaires, que l’automobile a changé.

Commentaires ()

Déposer un commentaire

SPONSORISE

Actualité

Toute l'actualité