Bientôt, 70 % des pièces de nos autos devront être européennes. Du moins selon la volonté de Bruxelles
Le verdict approche. Le 26 février prochain, Bruxelles devrait enfin dévoiler ses nouvelles règles du jeu. Selon des fuites, les voitures devront utiliser 70 % de pièces fabriquées dans l’Union. Seules les batteries auront droit à un peu plus d’exotisme, y compris pour les futurs e-cars.

C’est la troisième fois que l’annonce est reportée. C’est dire si cet IAA (Industrial Accelerator Act) de la Commission européenne est discuté, controversé et bousculé, non seulement par les pays membres de l’Union, mais aussi par le lobbying des industriels européens, comme celui, non moins intense, de pays comme les États-Unis, le Japon, ou la Grande Bretagne.
Chacun veut conserver, ou améliorer, sa part du gâteau, notamment celle du « paquet automobile » contenu dans la flopée de textes qui devrait finalement être rendue publique jeudi 26 février. Comme c’est souvent le cas dans une décision d’importance, des fuites plus ou moins subtilement organisées, permettent d’en avoir un aperçu à l’avance, histoire de sonder le terrain, et d’ajuster le tir en fonction des réactions.
Les batteries exemptées, mais pas tout à fait
Ces fuites, notamment parues dans le Financial Times et le média en ligne Contexte, spécialisé dans les affaires européennes, sont assez précises. Selon la décision de Bruxelles, toute auto électrique, hynride ou à hydrogène souhaitant être éligible à un marché public de l’Union, ou à une aide quelconque de l’UE, devra disposer de 70 % de pièces européennes. Une manière de couper la poire en deux entre les desiderata des équipementiers et ceux des constructeurs. Les premiers penchaient plutôt pour une intégration européenne de 75 %, quand les seconds n’auraient pas, surtout du côté de l’Allemagne, détesté le fait qu’elle ne dépasse pas 65 %.

En revanche, ce quota de pièces européennes n’inclut pas les batteries. De quoi rassurer quelque peu Emmanuele Cappellano, le patron de Stellantis Europe qui répète depuis des mois à la presse et aux instances de Bruxelles, qu’il ne peut pas produire de voitures avec des batteries locales ? Pas vraiment, car l’UE tient malgré tout à ce que plusieurs composants, dont les cellules soient originaires de l’Union.
Il en va de même pour les fameuses e-cars, qui devraient elles aussi figurer dans les tablettes le 26 février (sauf report de dernière minute). Ces autos 100 % électriques, version européenne des Kei cars japonaises, devront abriter des batteries disposant d’au moins « trois composants » en provenance du vieux Continent.
Lesquels ? Mystère pour le moment et les constructeurs attendent le verdict. Car c’est à ces conditions que leurs petites électriques, de 4,20 m maximum ce qui est une taille très respectable pour des mini-voitures, seront admissibles au dispositif de Bruxelles. Un visa qui leur permettra d’adopter une réglementation sécuritaire allégée, et de bénéficier d’aides diverses. Des aides et une réglementation qui doit encore être discutée et validée avant de pouvoir être adoptée.
« Avec » ou « en » Europe ?
Ces nouvelles règles, et ses 70 % de pièces européennes, sont-elles désormais actées et ainsi annoncées le 26 février ? Probablement, même si les tractations semblent s’amplifier dans la dernière ligne droite. Les constructeurs allemands, notamment, tentent d’infléchir la règle en abaissant le seuil d’ « eupéanité » et en souhaitant un changement de terme subtil. Ils souhaiteraient utiliser des pièces fabriquées « avec l’Europe » plutôt qu’ « en Europe ».
Un changement qui leur permettrait d’acheter des composants issus de tous les pays qui ont signé des traités de libre-échange avec l’Union et, du Canada au Maroc en passant par l’Inde, ils sont pléthore. Une manière, finalement pas si subtil que ça, de refuser le début de protectionnisme dans lequel Bruxelles a fini par s’engager, avec le soutien de la France et au grand dam de Berlin.














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