Renault 4 CV : née dans la clandestinité sous l’Occupation, elle a mis la France sur les routes
Première voiture française à dépasser le million d’exemplaires, la Renault 4 CV n’aurait jamais dû voir le jour. Développée en cachette pendant la Seconde Guerre mondiale par des ingénieurs visionnaires, elle a survécu aux bombardements et à la mort suspecte de Louis Renault. Retour sur l’épopée d’une icône populaire qui a imposé le moteur arrière et la mobilité pour tous.

En octobre 1946, l’organisation du Salon de l’Automobile à Paris marque la renaissance de l’industrie après six ans de sommeil.
La vedette du salon est la 4 CV. Elle symbolise le retour à la liberté et à la prospérité, accompagnant l’essor des « Trente glorieuses ». À la fois économique et familiale, la 4 CV est le moyen, pour toute une génération de Français, de découvrir la mobilité.
Au sein de l’entreprise, la 4 CV ouvre un nouveau chapitre : elle est le premier produit de la « Régie Nationale des Usines Renault » et met l’entreprise sur les rails de l’expansion.
La 4 CV, c’est la « voiture de la famille », la voiture « qui remet la France sur quatre roues » comme le proclame la publicité.

Le projet d’une petite Renault a été développé tout au long de la Seconde Guerre mondiale, en pleine clandestinité. Le directeur technique, Fernand Picard, prit en mains l’étude d’un modèle compact à vocation populaire en octobre 1940.
Selon toute évidence, elle était inspirée par la Volkswagen avec sa silhouette tout en rondeurs et son moteur placé à l’arrière.

Le développement de la 4 CV s’est étalé pendant toute l’Occupation. Trois ont été réalisés entre décembre 1942 et novembre 1945. Son style est mis au point par Roger Barthaud, qui dirige le département des carrosseries à Boulogne-Billancourt, chez Renault. Il lui donne sa personnalité.
Pendant ce temps, les usines de Boulogne-Billancourt avaient été bombardées et Louis Renault avait été écroué à la prison de Fresnes au motif de « commerce avec l’ennemi », en septembre 1944, avant de s’éteindre, un mois plus tard, dans des circonstances restées suspectes. Le gouvernement d’union nationale, présidé par le général De Gaulle, avait ordonné la réquisition des usines.

La nationalisation de la nouvelle « Régie nationale des Usines Renault » fut entérinée le 16 janvier 1945.
La production de la 4 CV n’a pas démarré pas avant août 1947, le temps de restaurer l’outil industriel très endommagé pendant les hostilités. Avec la 4 CV, c’est une toute nouvelle stratégie qui est mise en place par Pierre Lefaucheux, le nouveau maître de Billancourt : la politique du modèle unique.
















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