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Robotaxis : Comment la Chine déploie ses flottes à une vitesse qui effraie l’Occident

Dans Flottes auto / Mobilité pro

Lionel Bret

Alors que l’Europe hésite encore sur le cadre réglementaire de la voiture autonome et que les États-Unis doivent faire face à quelques revers technologiques, la Chine développe à la vitesse grand V ses flottes de robotaxis. 500 000 unités devraient être en service d’ici à 2030. Comment Pékin a-t-il réussi ce tour de force industriel et social ?

Robotaxis : Comment la Chine déploie ses flottes à une vitesse qui effraie l’Occident
D'ici quatre ans, 500 000 robotaxis rouleront en Chine ©CHINAFOTOPRESS/MAXPPP

Dans les rues de Wuhan, Beijing, Shanghai, Guangzhou ou de Shenzhen, le spectacle est devenu banal. Des flottes de voitures, bardées de capteurs et sans conducteur, s’insèrent avec une fluidité millimétrée dans le trafic routier.

L’essor des robotaxis chinois marque un tournant dans la rivalité technologique mondiale. Portées par un soutien étatique massif et une chaîne d’approvisionnement solide, les entreprises comme Baidu Apollo Go, WeRide et Pony AI s’imposent comme de sérieux concurrents de Waymo, dont l'arrivée à Londres est prévue cette année, et Tesla dans la course mondiale au développement des robotaxis.

L’infrastructure comme centre névralgique

Le succès chinois ne repose pas uniquement sur l’intelligence des voitures, mais sur celle de la route. Contrairement à l’approche américaine de Waymo, qui mise tout sur l’intelligence embarquée, la Chine a déployé le V2X (Vehicle-to-Everything).

" La voiture n’est plus seule ", explique un ingénieur de Baidu à Wuhan. " Les feux tricolores, les carrefours et même le mobilier urbain lui parlent en 5G-Advanced. Elle «sait  qu’un piéton va surgir derrière un bus avant même que ses propres LiDARs  ne le voient. "

À Pékin, le système prévient le véhicule qu’un cycliste arrive à vive allure dans un angle mort 200 mètres avant l’intersection. Le gouvernement a transformé des districts entiers de villes en laboratoires à ciel ouvert, autorisant des tests sans chauffeur de sécurité dès 2024.

Le prix des véhicules en baisse

L’autre secret de la domination chinoise tient au prix des véhicules. Tandis que le tarif d’une  Jaguar équipée par Waymo dépasse les 100 000 dollars, le géant Baidu a lancé son modèle Apollo RT6 pour environ 35 000 dollars. Une chute des prix qui permet d’accélérer le développement et la rentabilité des services de robotaxis. Mais cela entraîne également une concurrence éffrénée entre les acteurs avec des conséquences sociales délétères.

Le coût social par pertes et profits ?

Afin de s'attribuer un max de parts de marché, les opérateurs de robotaxis n'hésitent pas à casser les prix des courses. À Wuhan, le tarif est tombé si bas qu’il concurrence désormais le ticket de métro. La guerre tarifaire est devenue si brutale que l’État a du l’État à sortir de sa neutralité et prendre des mesures drastiques pour protéger le tissu social.

Pour calmer la colère des chauffeurs de taxi traditionnels (dont les revenus ont chuté de près de 50 % dans certains districts), les autorités de Wuhan ont instauré un prix plancher dynamique. Le tarif ne peut plus descendre en dessous de 1,5 yuan par kilomètre (environ 0,20 €/km).

Pour éviter une distorison de concurrence, un sytème de quotas é ét mis en place. Wuhan a gelé les nouvelles immatriculations de robotaxis pour le premier semestre 2026, le temps d’intégrer un système de gestion centralisé qui oblige les robots à stationner dans des hubs dédiés plutôt que de « roder » dans les rues et de créer du trafic routier inutile.

 À Pékin (Zone de Yizhuang) un numerus clausus de 1 500 véhicules sans chauffeur a été fixé pour l’année 2026. L’augmentation du parc est soumise à une évaluation trimestrielle de la sécurité et de l’impact sur le trafic. Shenzhen a adopté des restrictions par disctict. 

Productivité et sécurité accrues

Grâce au bas coût du véhicule et à l’absence (de salaire) de chauffeur Les flottes chinoises sont les premières au monde à dégager des bénéfices opérationnels. Un robotaxi tourne 20 heures par jour, là où un taxi humain doit s’arrêter pour dormir. Toutes ces flottes sont 100 % électriques et reliées à un réseau intelligent qui optimise la recharge en fonction des pics de production d’énergie renouvelable. Le tout en toute sécurité ?

La question de la fiabilité et de la sécurité

En Chine et aux Etats-Unis, les opérateurs de robotaxis mettent en avant une sécurité à bord bien supérieure à la conduite humaine. Selon les autorités de transport de Shenzhen, le taux d’accident grave par kilomètre parcouru est "sept fois inférieur" à celui des conducteurs humains.

Ce qui ne les exonère pas de toute erreur et manquement. Aux Etats-Unis, une enquête officielle du régulateur américain NHTSA a été ouverte après des 22 rapports de comportement inattendu ou collisions impliquant des robotaxis Waymo. Cette même société a rappelé l’année dernière plus de 1 200 véhicules à cause d’un bug logiciel qui avait causé au moins 16 collisions avec des barrières routières et obstacles.

Le 6 décembre dernier, Un robotaxi autonome exploité en Chine par Hello (affilié à Alibaba), utilisant la technologie de Baidu Apollo Go, a percuté deux piétons dans la ville de Zhuzhou (province du Hunan). Cinq mois auparavant, un autre tombait dans une tranchée de chantier. Mais les opérateurs répètent en chœur qu’il s’agit d’accidents mineurs.

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