Mais pourquoi Renault perd des milliards malgré des résultats positifs sur les ventes de ses voitures ?
Malgré des résultats légèrement moins bons qu’espérés, le groupe Renault publie des chiffres plutôt corrects sur l’année 2025 dans un contexte où tous les constructeurs automobiles d’Europe souffrent beaucoup. A cause de Nissan, son bilan reste dans le rouge total.

+ 3,2 % de voitures vendues dans le monde en 2025, soit 2 336 807 véhicules livrés. Voilà ce qu’annonçait le groupe Renault il y a un mois en faisant son bilan de l’année dernière, plutôt positif puisque la progression dépassait celle du marché global. Il restait encore à connaître toutes les données financières du groupe dans le détail, qui ont enfin été publiées ce matin du jeudi 19 février 2026.
Et là, malheureusement, tout n’est pas parfait. Loin de là : Renault revendique bien un chiffre d’affaires en hausse de 3 % par rapport à celui de l’année 2024, qui progresse même de 4,5 % à taux de change constants. Le groupe se félicite une nouvelle fois de l’augmentation de ses ventes de 5,9 % en Europe et de 11,9 % en dehors du Vieux Continent, témoignant d’une stratégie à l’international qui fonctionne. Mais la marge opérationnelle n’est plus que de 6,3 % sur l’année 2025, alors que le groupe visait 6,5 % et qu’elle était de 7,4 % sur l’année 2024 historique sur ce plan.
Un mauvais bilan chez les utilitaires
Outre un impact de change négatif chiffré à 282 millions d’euros, imputé « principalement lié à l’effet négatif du Peso argentin », le groupe Renault a souffert du repli de ses ventes des véhicules utilitaires « dont les marges sont supérieures à la marge moyenne du Groupe » : -21,1 % sur l’ensemble de l’année 2025 comme le notent les journalistes des Echos, avec heureusement une dynamique meilleure sur le second semestre. Gageons qu’à ce niveau, les tractations actuelles au sujet de la société Flexis seront importantes pour le futur de cette catégorie de véhicules.
Renault justifie aussi cette marge opérationnelle moins bonne qu’espérée par un contexte vraiment difficile en Europe sur le marché actuel, ce qu’illustrent parfaitement les résultats de ses concurrents publiés ces derniers jours.
Le boulet Nissan
Mais c’est encore la participation de Renault dans Nissan qui explique les pertes les plus abyssales dans ce nouveau bilan comptable du groupe français : le résultat net en part du Groupe est dans le négatif à -10,9 milliards d’euros avec rien que 9,3 milliards d’euros de « perte non cash liée à l’évolution du traitement comptable de la participation de Renault Group dans Nissan et -2,3 milliards d'euros en contribution des entreprises associées », peut-on lire.

En 2024, ce résultat net en part du groupe était de 752 millions d’euros. Nul doute que l’évolution de la santé financière de Nissan pèsera encore beaucoup sur les résultats de Renault lors des prochaines années.
L’année 2026 s’annonce difficile aussi
Malgré ces lignes effrayantes à cause de la gestion de Nissan et d’un changement de stratégie comptable sur ce sujet, Renault se satisfait de ses résultats opérationnels au sein du groupe et versera un dividende de 2,2€ par actions. Et le groupe s’attend à une année 2026 une nouvelle fois difficile, avec une marge opérationnelle attendue à 5,5 % et donc en baisse par rapport à celle de 2025. Le groupe vise au mieux jusqu’à 7 % de marge à moyen terme, « la fourchette basse de la prévision de marge étant sensiblement supérieure aux marges historiques ». Pas facile, la gestion des groupes automobiles européens ces temps-ci…
















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