Quand les Américains créaient des pace-cars de fou à partir de la R5 Turbo
Le design remarquable de la Renault 5 Turbo a inspiré les Américains, qui en ont fait des pace-cars aussi spectaculaires qu’inconnus chez nous. Ames sensibles s'abstenir !

Culte en France, la Renault 5 n’a pas vraiment déclenché les passions aux USA, où elle se dénommait Le Car. Au contraire de la VW Coccinelle, elle s’est contentée de ventes anecdotiques, mais ça n’a pas dissuadé Renault de s’acharner chez l’Oncle Sam. Par exemple en rachetant à partir de 1979 l’American Motors Company (AMC), qui a produit des versions fédéralisées des Renault 9, 11 et 21, avant de lancer la Premier. Sans tellement de succès.

Cela dit, chez AMC œuvre un certain Dick Teague, le chef du design, à qui l’on doit la célèbre autant que rondouillarde Pacer. Le groupe américain, à l’instar des Big Three (GM, Ford et Chrysler), engage régulièrement des autos en Indy Car, un championnat très populaire outre-Atlantique, créé en 1980. Dès le début, le très puissant fabricant de peintures (et autres matériaux, comme la fibre de verre) pour automobiles PPG le sponsorise, et collabore avec les constructeurs pour en fabriquer des pace-cars très spéciaux.

AMC en fait partie, et en 1982, on décide que ce sera son propriétaire, Renault, qui sera mis à l’honneur. Et quelle monture choisit-on de modifier ? La Renault 5, mais pas n’importe laquelle : la Turbo, bien qu’elle ne soit pas vendue aux Etats-Unis.
Spectaculaire, la citadine aux airs de supercar (comme le disait la pub en 1972) aurait eu beaucoup d’impact en apparaissant telle quelle, avec ses ailes hypertrophiées, mais Dick Teague a eu une autre idée fin 1981. L’habiller d’une carrosserie futuriste, actualisant très adroitement le style déjà très réussi de la petite française.

Pavillon abaissé, carrosserie large pour englober les roues mais allure très lisse, bien en ligne avec l’aérodesign qui commençait à devenir en vogue, le résultat est très séduisant. De plus, pour le côté spectaculaire, on a retenu des portes-papillons, utilisant des éléments de De Lorean DMC12.
Le moteur 1,4 l turbo de 160 ch reste de la partie, et cette R5 Turbo Pace Car a fait sensation. Vendue à un collectionneur, elle a ensuite été restaurée et elle existe toujours. Au contraire, apparemment, de celle, plus frappante encore, créée en 1983. Cette fois, on opte pour un design encore plus radical, dit « Wedge ».

Toute en angles, cette R5 de folie arbore une silhouette quasiment triangulaire, le capot, le pare-brise et le toit étant alignés, ou presque. Hélas, on ne sait pas ce qu’est devenu ce prototype assez sensationnel. Renault aurait-il dû s’inspirer de ces engins hors-série pour sa R5 E-Tech, un poil chargé ? Voire.
Toujours est-il que le choix de la R5 Turbo par Dick Teague ne vient pas de nulle part : la bombe française avait été engagée en course en IMSA GT, catégorie GTU dès avril 1981. Mais hélas, son créateur, Patrick Jaquemart, directeur du département sport de Renault USA, s’est tué à son volant sur le circuit de Road Atlanta…

















Déposer un commentaire
Alerte de modération
Les données que vous renseignez dans ce formulaire sont traitées par GROUPE LA CENTRALE en qualité de responsable de traitement.
Les données obligatoires sont celles signalées par un astérisque dans ce formulaire.
Ces données sont utilisées à des fins de :
Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement de ces données, d’un droit de limitation du traitement, d’un droit d’opposition, du droit à la portabilité de vos données et du droit d’introduite une réclamation auprès d’une autorité de contrôle (en France, la CNIL).
Pour en savoir plus sur le traitement de vos données : Politique de confidentialité
Alerte de modération