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Quand les Américains créaient des pace-cars de fou à partir de la R5 Turbo

Dans Rétro / Youngtimer

Stéphane Schlesinger

Le design remarquable de la Renault 5 Turbo a inspiré les Américains, qui en ont fait des pace-cars aussi spectaculaires qu’inconnus chez nous. Ames sensibles s'abstenir !

Quand les Américains créaient des pace-cars de fou à partir de la R5 Turbo

Culte en France, la Renault 5 n’a pas vraiment déclenché les passions aux USA, où elle se dénommait Le Car. Au contraire de la VW Coccinelle, elle s’est contentée de ventes anecdotiques, mais ça n’a pas dissuadé Renault de s’acharner chez l’Oncle Sam.  Par exemple en rachetant à partir de 1979 l’American Motors Company (AMC), qui a produit des versions fédéralisées des Renault 9, 11  et 21, avant de lancer la Premier. Sans tellement de succès.

Ligne lissée et portes-papillons, le pace-car sur base R5 Turbo réalisé en 1982 avec PPG a une allure sensationnelle.
Ligne lissée et portes-papillons, le pace-car sur base R5 Turbo réalisé en 1982 avec PPG a une allure sensationnelle.

Cela dit, chez AMC œuvre un certain Dick Teague, le chef du design, à qui l’on doit la célèbre autant que rondouillarde Pacer. Le groupe américain, à l’instar des Big Three (GM, Ford et Chrysler), engage régulièrement des autos en Indy Car, un championnat très populaire outre-Atlantique, créé en 1980. Dès le début, le très puissant fabricant de peintures (et autres matériaux, comme la fibre de verre) pour automobiles PPG le sponsorise, et collabore avec les constructeurs pour en fabriquer des pace-cars très spéciaux.

La R5 Turbo Pace Car a été dessinée par Dick Teague, le patron du design d'AMC, propiété de Renault au début des années 80.
La R5 Turbo Pace Car a été dessinée par Dick Teague, le patron du design d'AMC, propiété de Renault au début des années 80.

AMC en fait partie, et en 1982, on décide que ce sera son propriétaire, Renault, qui sera mis à l’honneur. Et quelle monture choisit-on de modifier ? La Renault 5, mais pas n’importe laquelle : la Turbo, bien qu’elle ne soit pas vendue aux Etats-Unis.

Spectaculaire, la citadine aux airs de supercar (comme le disait la pub en 1972) aurait eu beaucoup d’impact en apparaissant telle quelle, avec ses ailes hypertrophiées, mais Dick Teague a eu une autre idée fin 1981. L’habiller d’une carrosserie futuriste, actualisant très adroitement le style déjà très réussi de la petite française.

En 1983, un nouveau pace-car sur base R5 Turbo, dénommé Aerowedge, est réalisé. On ne sait pas s'il existe encore.
En 1983, un nouveau pace-car sur base R5 Turbo, dénommé Aerowedge, est réalisé. On ne sait pas s'il existe encore.

Pavillon abaissé, carrosserie large pour englober les roues mais allure très lisse, bien en ligne avec l’aérodesign qui commençait à devenir en vogue, le résultat est très séduisant. De plus, pour le côté spectaculaire, on a retenu des portes-papillons, utilisant des éléments de De Lorean DMC12.

Le moteur 1,4 l turbo de 160 ch reste de la partie, et cette R5 Turbo Pace Car a fait sensation. Vendue à un collectionneur, elle a ensuite été restaurée et elle existe toujours. Au contraire, apparemment, de celle, plus frappante encore, créée en 1983. Cette fois, on opte pour un design encore plus radical, dit « Wedge ».

La R5 Turbo Aerowedge dispose, elle aussi, de portières spectaculaires. Mais la visibilité...
La R5 Turbo Aerowedge dispose, elle aussi, de portières spectaculaires. Mais la visibilité...

Toute en angles, cette R5 de folie arbore une silhouette quasiment triangulaire, le capot, le pare-brise et le toit étant alignés, ou presque. Hélas, on ne sait pas ce qu’est devenu ce prototype assez sensationnel. Renault aurait-il dû s’inspirer de ces engins hors-série pour sa R5 E-Tech, un poil chargé ? Voire.

Toujours est-il que le choix de la R5 Turbo par Dick Teague ne vient pas de nulle part : la bombe française avait été engagée en course en IMSA GT, catégorie GTU dès avril 1981. Mais hélas, son créateur, Patrick Jaquemart, directeur du département sport de Renault USA, s’est tué à son volant sur le circuit de Road Atlanta…

La R5 Turbo a été engagée en compétition aux USA aussi, dans la série IMSA GT, catégorie GTU en 1981. Elle marchait fort mais manquait de fiabilité et sa fin fut funeste.
La R5 Turbo a été engagée en compétition aux USA aussi, dans la série IMSA GT, catégorie GTU en 1981. Elle marchait fort mais manquait de fiabilité et sa fin fut funeste.
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