« Mon cuisinier roulerait aussi vite que moi » : des pilotes de Formule 1 dégoûtés par leurs nouvelles voitures
Alors que tout le monde apprend à connaître ces fameuses nouvelles Formule 1, les stars du plateau se montrent très déçus pour le moment par des voitures décrites comme moins intéressantes à piloter et dépendant fortement de la stratégie de gestion de leurs batteries. Il y a aussi de très grosses inquiétudes pour certaines équipes.

« Je pense que le cuisinier de l’équipe roulerait aussi vite que moi dans le virage 12. On roule 50 km/h moins vite qu’avant dans ce virage, juste pour économiser de l’énergie pour les batteries lors de la ligne droite suivante », voilà les mots du double champion du monde Fernando Alonso lors de la première semaine d’essai à Bahreïn de la pré-saison de Formule 1, où toutes les équipes ont commencé à travailler plus en profondeur avec les voitures après un premier déverminage à Barcelone quelques jours plus tôt.
Les pilotes découvrent une toute nouvelle « race » de voitures, dont le groupe motopropulseur hybride évolue considérablement tout comme l’aérodynamisme des châssis. Le turbo à entraînement électrique a disparu et la puissance maximale électrique de l’ensemble atteint désormais 350 kW soit 469 chevaux. Elle se combine toujours à un V6 turbo de 1,6 litre mais elle n’est pas disponible de façon permanente (loin de là), ce qui a profondément surpris les pilotes au point d’arriver à certaines situations étranges, en totale sous-vitesse dans certains virages alors qu’ils explosaient tous les records à d’autres moments sur les lignes droites.
« Il peut y avoir un vrai danger »
Sachant qu’il n’est techniquement pas possible de rester à pleine charge avec la puissance maximale électrique pendant plus de onze secondes d’affilée, les voitures peuvent théoriquement se retrouver en forte chute de performances sur les circuits à très longues lignes droites une fois l’énergie électrique consommée. Au point d’inquiéter certains hauts responsables comme Andrea Stella chez McLaren, estimant que le simple fait d’avoir un pilote revenant derrière un autre dont la voiture ralentirait subitement faute de réserve batterie pourrait provoquer des accidents !
« Il y a aussi le problème des départs : à cause de la disparition des turbos électriques, il faut environ 10 secondes au bon régime moteur pour préparer la pression de suralimentation dans la procédure sur la grille. J’ai peur que les derniers pilotes de la grille n’aient même pas le temps de lancer correctement la voiture à l’extinction des feux », explique-t-il comme le rapportent les journalistes américains de Motorsport.
Verstappen et Alonso détestent
Si tous les pilotes s’accordent à dire que ces nouvelles autos constituent un énorme changement dans la conduite par rapport aux précédentes, certains disent détester leur nouvelle philosophie. « En tant que pilote, j’aime rouler à fond. Et pour le moment, ce n’est pas possible avec ces nouvelles voitures », a regretté Max Verstappen qui compare ces autos « peu amusantes » à de « grosses Formula E ».
Lewis Hamilton, lui, craint que les spectateurs et le grand public ne comprennent rien à ces voitures si complexes. Il n’y a que Lando Norris, le champion du monde en titre, qui dit trouver le défi excitant.
Certaines écuries sont à la rue
Du côté des forces en présence, Mercedes figure comme pressenti depuis quelques semaines parmi les favoris et ses deux pilotes Kimi Antonelli et George Russell signent les deux meilleurs temps des trois jours d’essai à Bahreïn. Les Red Bull, Ferrari et McLaren ne sont pas loin au chrono mais comme le rapportent les journalistes d’Auto Hebdo, Max Verstappen se dit persuadé que Mercedes n’a pas dévoilé son vrai potentiel (et a aussi été retardé par quelques soucis mécaniques).
Au niveau des chronos, d’ailleurs, le 1:33 : 669 de Kimi Antonelli est déjà plus rapide que le record en course du circuit sur le grand prix de 2025 (1:35 : 140) mais à quatre secondes de la pole position de la même année (1:29 : 84).
Du côté des grosses déceptions, on s’attendait à un démarrage difficile pour la nouvelle écurie Audi qui s’en sort correctement avec un temps de roulage significatif, au niveau des Alpine visiblement pas encore prêtes pour des podiums à la régulière contrairement à ce que laissait entendre Flavio Briatore (elles naviguent pour l’instant à plus de 2 secondes des meilleurs temps). Les Williams arrivées en retard sont un peu plus loin pour l’instant, de même que les Cadillac. Mais ce sont surtout les Aston Martin qui inquiètent, littéralement à quatre secondes et demie de la tête au chrono en plus d’avoir expérimenté de nombreux problèmes. Il se dit que leur nouveau moteur Honda serait catastrophique et la voiture dessinée par Adrian Newey, complexe à comprendre.
Les essais vont reprendre cette semaine à Bahreïn pour trois nouvelles journées qui seront sans doute importantes pour mieux comprendre ces voitures d’un genre nouveau. Et, espérons-le, de se rassurer sur leur intérêt sportif. Car pour l’instant, tout cela fait un peu peur…















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