Jeux d’hiver : réhabiliter l’autochenille
Les jeudi et vendredi, ce sont les jours où les routes (de nuit) de l’automobile et de la culture se croisent ou convergent.

Que cela vous plaise ou non, il est difficile ces jours-ci d’échapper aux Jeux Olympiques d’hiver de Milan et Cortina.
Voilà un univers où l’automobile n’est pas la bienvenue. Les relations entre la conduite et la neige se résument à un florilège de dérapages, de maladresses, d’entêtements idiots dès que la couche de neige dépasse deux centimètres. Le Français « sinistré » sous trois flocons fait sourire les Canadiens et les Finlandais.
Cette situation remet au goût du jour l’autochenille.

À l’aube des années 1920, le réseau routier était encore précaire sous bien des latitudes. Cette évidence n’avait pas échappé à André Citroën qui s’intéressa aux travaux d’un ingénieur qui avait séduit le tsar de toutes les Russies avec une invention pertinente : Adolphe Kégresse, franc-comtois pur flocon. En 1913, il avait mis au point le premier « traîneau automobile » qui possédait un « propulseur constitué de deux larges courroies qui s’enroulent sur deux poulies, l’une des deux étant motrice ».
Chassé de Russie par la Révolution d’octobre, Adolphe Kégresse a proposé ses services à André Citroën qui lui fournit des châssis 10 HP pour les équiper de propulseurs à chenilles.
Citroën acquiert les droits d’exploitation du brevet et s’assure de la collaboration d’Adolphe Kégresse.

Les autochenilles dérivées de la 10 HP furent inscrites aux catalogues à l’attention du grand public à partir d’octobre 1921. Chères mais efficaces, les autochenilles ont conquis les people. Pendant l’hiver 1931, André Citroën retrouva Charlie Chaplin à Saint Moritz et l’invita à profiter de sa conduite intérieure chenillée !
En 1934, Adolphe Kégresse engagea une autochenille au rallye de Monte Carlo. Mais la neige n’était pas au rendez-vous et la voiture se retira prématurément. On ne peut pas penser à tout.

Aujourd’hui, seuls les Inuits, les glaciologues islandais et les savants envoyés dans l’antarctique connaissent encore ce mode de propulsion.













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