Sécurité routière : mais que se passe-t-il sur les routes françaises ?
Le bilan du mois de janvier 2026, de la sécurité routière confirme une dégradation globale des indicateurs. Avec une hausse de 12 % des décès sur un mois et une tendance annuelle dépassant désormais les chiffres de 2019, l’analyse des données révèle une tendance inquiétante.

« Moins d’accidents, mais davantage de morts » souligne Estelle Balit, Déléguée interministérielle à la sécurité routière. Selon les données publiées par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), la mortalité routière a augmenté de + 12 % en janvier.
Une dégradation qui touche presque toutes les catégories d’usagers et toutes les classes d’âge, dans un contexte où la mortalité cumulée sur douze mois progresse de + 4 % par rapport aux douze mois précédents, et dépasse désormais de + 1 % le niveau de 2019, année de référence.

Les automobilistes particulièrement touchés
Les automobilistes paient un lourd tribut en ce début d’année. Pour le seul mois de janvier, on dénombre 27 tués de plus que l’an dernier. Sur une année glissante, conducteurs et passagers représentent près de la moitié des victimes (1 590 morts). Si leur mortalité remonte de 6 % sur un an, elle reste toutefois légèrement inférieure (-2 %) aux niveaux de 2019.
Mobilités douces et deux-roues : des trajectoires opposées
La situation des deux-roues motorisés reste fragile avec 4 décès supplémentaires en janvier, bien que leur mortalité annuelle recule légèrement (-1 % avec 695 décès). En revanche, le bilan est sombre pour les mobilités dites « douces ».
La mortalité des cyclistes est en hausse de + 10 % en un an et de + 26 % par rapport à 2019, avec 236 cyclistes tués sur les douze derniers mois. Plus alarmant encore : la mortalité en engins de déplacement personnel motorisés (EDPm), comme les trottinettes électriques, a bondi de 64 % sur un an (77 décès). Cette transformation profonde des déplacements urbains semble se heurter à une infrastructure et une appropriation approximative des règles de circulation. Dans ce contexte, la sécurité routière milite de nouveau pour le port obligatoire du casque pour les vélos et les trottinettes.
Seniors et actifs en première ligne
Le danger n’épargne aucune génération. Les seniors sont particulièrement concernés. Sur douze mois, 928 personnes de 65 ans ou plus ont été tuées, soit une hausse de 5 % sur un an (+ 9 % par rapport à 2019). Les jeunes adultes (18-24 ans) enregistrent une hausse plus contenue (+ 1 %), restant en deçà de leur niveau de 2019.
Hors agglomération : la grande dérive
Le point critique se situe hors agglomération, où l’on enregistre 19 tués supplémentaires en janvier. Sur le dernier trimestre, la mortalité baisse en ville (-4 %) mais explose hors agglomération (+ 10 %) et sur autoroute (+ 11 %).
La route secondaire, familière et moins surveillée, semble subir un relâchement des comportements. Estelle Balit pointe des « facteurs connus. Excès de vitesse, conduites à risque, non-respect des règles fondamentales du Code de la route. »
Outre-mer : une amélioration sensible
À l’opposé de la métropole, l’Outre-mer affiche des résultats encourageants. En janvier 2026, les forces de l’ordre y ont enregistré une baisse des accidents (-13 %) et du nombre de tués (11 morts, soit 11 de moins qu’en janvier 2025). Sur le dernier trimestre, la tendance à la baisse est massive, dépassant les -50 % de mortalité.
Cette persistance de mauvais indicateurs (3 260 tués sur les routes en 2025, + 2 % vs 2024), suggère un affaiblissement de la vigilance collective alors que la mortalité routière dépasse désormais les niveaux d’avant-pandémie.














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