Mortalité routière : les mauvais chiffres 2025, révèlent-ils une banalisation des comportements à risque ?
Selon les résultats provisoires de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) dévoilés ce vendredi, 3 513 personnes ont perdu la vie en 2025 sur les routes de France métropolitaine et d’outre-mer. Un lourd tribut, qui interroge sur nos comportements

En métropole, 3 260 décès ont été recensés l’année dernière, contre 3 193 en 2024 (+ 2,1 %). Triste bilan également du côté du nombre de blessés (244 000, + 3,5) dont 16 600 (+ 4 %) l’ont été grièvement.
Ces chiffres rappellent une évidence souvent reléguée au second plan : l’accident n’est que rarement le fruit du hasard.

La route, miroir de la transgression ordinaire ?
Alcool, stupéfiants, vitesse excessive, téléphone au volant, refus d'obtempérer, ou usage détourné du protoxyde d’azote demeurent des facteurs largement identifiés, mais encore trop banalisés. La persistance de ces comportements traduit une forme de tolérance collective à la prise de risque, malgré des campagnes de prévention répétées. La ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, dénonce une « réalité inadmissible ».

La face sombre des nouvelles mobilités
Les usagers vulnérables représentent désormais un quart des décès et plus d’un tiers des blessés graves. La forte hausse des morts à vélo et en EDPm révèle un paradoxe. Alors que les mobilités dites « douces » sont encouragées, leur sécurisation peine à suivre, tant du point de vue des infrastructures que des comportements.
Jeunes et seniors toujours surexposées
Les jeunes adultes de 18 à 24 ans restent les plus exposés, avec un risque de mortalité deux fois supérieur à la moyenne nationale. Mais l’année 2025 se distingue aussi par une hausse inquiétante des décès chez les enfants et les adolescents. À l’autre extrémité de la vie, les seniors de 75 ans et plus demeurent fortement touchés, dans un contexte de vieillissement démographique et de maintien prolongé de l’autonomie.
Plus de victimes hors agglomération
La géographie des accidents confirme une fracture territoriale. Les routes hors agglomération concentrent 61 % des décès, là où la vitesse est plus élevée, les distances plus longues et les secours parfois plus tardifs. À l’inverse, la mortalité recule légèrement en ville, sans compenser la gravité des accidents sur les grands axes.
Des comportements à risque
En outre-mer (253 décès), la hausse de la mortalité souligne des fragilités structurelles. Les hommes y représentent plus de huit victimes sur dix. À noter, la forte exposition des deux-roues motorisés (93 tués vs 91 en voiture). "Le non-port du casque concerne un tiers des décès en
deux-roues motorisé", souligne l’ONISR. La mortalité automobiliste, y représente plus du
tiers de la mortalité routière outre-mer (91 tués contre 86 tués en 2024). La sécurité routière constate que la ceinture de sécurité n’était attachée, pour « la moitié voire les trois quarts » des automobilistes décédés.
En métropole, 21 % des Français avoue ne pas la porter systématiquement à l’arrière selon une étude Ifop. Et la prévention routière d’enfoncer le clou : deux enfants sur trois seraient mal attachés en voiture.
Responsabilité collective
Au-delà des chiffres, la sécurité routière est avant tout une affaire de responsabilité collective quant à nos comportements et au partage de la route. Sans un sursaut des comportements et sans une adaptation plus rapide de l’espace public aux nouveaux usages, l’objectif de réduire de moitié le nombre de décès et de blessés graves sur les routes d’ici à 2030, s’éloignera encore un peu plus.















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