Guerre en Iran : pourquoi le prix des voitures, et des pièces de rechange, risque d’exploser
Alors que le conflit en Iran entre dans sa troisième semaine, l’industrie automobile retient son souffle. Et pas seulement en raison de l’envolée des tarifs à la pompe. Entre la hausse des prix de l’aluminium, du plastique, des tarifs du transport maritime et l’allongement des délais de livraison, les promesses de voitures abordables pourraient s’éloigner.

Ils n’ont pas encore enclenché le mode « panique », mais tous les constructeurs mondiaux ont l’œil rivé sur les infos internationales. Le détroit d’Ormuz, celui de Bab-El-Mandel et l’île de Kharg n’ont plus de secrets pour eux. Et pas seulement parce que la guerre en Iran fait flamber le prix de l’essence à la pompe.
Leurs craintes, après deux semaines de conflit, et des centaines de pétroliers et de cargos à l’arrêt dans la zone, va bien au-delà du brut et de son envolée, même s’il s’agit d’un élément déterminant.
Au-delà du pétrole
Car les pays du Golfe ne sont pas que des pourvoyeurs de pétrole. Ils assurent ainsi près de 10 % de la production mondiale d’aluminium dont l’industrie automobile est friande. Problème : les industries européennes ne disposent que de quinze jours de stock de cet alliage.
Le plastique est lui aussi un souci et nos autos en sont friandes. Or, la région produit 15 % du polyéthylène mondial, soit 23 millions de tonnes par an. Quant au plastique européen, qui représente tout de même entre 15 et 20 % de la production de la planète, il subit, bien évidemment, la hausse du brut, et c’est justement parce qu’il est à base de pétrole que d’importantes unités de transformation se trouvent dans les pays du Golfe.
Mais un malheur n’arrivant jamais seul, les importations venues d’Asie sont elles aussi en train d’augmenter. Pas parce que ce transport transite par Ormuz, mais parce que le blocage du détroit, et les troubles dans toute la région, interfère indirectement sur tout le trafic maritime de la planète en raison des détours nécessaires notamment.
À titre d’exemple, le World Container Index de Drewry, qui détermine une partie du prix des transactions maritimes, est en hausse entre Shanghai et Rotterdam. Le conteneur de 40 pieds a bondi de 19 % en une semaine pour culminer à 2 440 dollars, alors que la même contenance entre Shanghai et Gènes n’a augmenté que de 10 %. Tous les affréteurs sont formels : la hausse ne risque pas de s’arrêter, du moins, avant la fin du conflit.

C’est que pour éviter le proche et le Moyen Orient, les cargos se détournent et passent par le cap de Bonne Espérance. Une rallonge qui allonge la consommation de fioul qui a, lui aussi, augmenté. Le serpent se mord la queue.
Dans ces conteneurs sont stockées des pièces automobiles venues d’Asie mais aussi de batteries plus ou moins complètes destinées aux voitures électriques. Ce sont aussi des autos complètes qui, fabriquées en Chine, en Corée, au Japon ou en Inde, subissent ainsi une hausse du prix de leur voyage, car les navires rouliers, qui transportent des autos, ne sont pas épargnés.
Au-delà de cette hausse des tarifs, ces transports sont également rallongés en raison des détours nécessaires, d’où des délais d’attente qui pourraient augmenter pour les livraisons d’autos dans les prochains mois si la situation n’évolue pas rapidement. Si l’automobile n’est pas encore impactée par ce phénomène, les délais sur certains produits livrés par Amazon sont d’ores et déjà rallongés de plusieurs semaines.
Des soucis qui volent en escadrille
Cette accumulation de soucis pour l’industrie automobile arrive au plus mauvais moment. Celui ou la plupart des constructeurs font face à de grosses difficultés, voir à de lourdes pertes comme Honda et surtout Stellantis. Des groupes qui, à l’instar de la galaxie franco-italo-américaine, ont décidé de changer de cap, et de revenir à des tarifs plus « raisonnables » grâce à des modèles moins premium. Un moment aussi, ou la volonté de rendre les autos électriques accessibles est sensible.
Cette stratégie de baisse des prix sera-t-elle tenable ? Aujourd’hui nombre d’économistes et d’hommes politiques expliquent qu’une crise économique d’envergure est exclue. C’est exact pour le moment, mais cela risque de l’être de moins en moins si le conflit se prolonge. Et pour le moment, rien ne va dans le sens d’une conclusion rapide.
















Déposer un commentaire
Alerte de modération
Les données que vous renseignez dans ce formulaire sont traitées par GROUPE LA CENTRALE en qualité de responsable de traitement.
Les données obligatoires sont celles signalées par un astérisque dans ce formulaire.
Ces données sont utilisées à des fins de :
Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement de ces données, d’un droit de limitation du traitement, d’un droit d’opposition, du droit à la portabilité de vos données et du droit d’introduite une réclamation auprès d’une autorité de contrôle (en France, la CNIL).
Pour en savoir plus sur le traitement de vos données : Politique de confidentialité
Alerte de modération