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La guerre au Moyen-Orient va-t-elle avoir une incidence sur le prix de l’essence ?

Dans Economie / Politique / Politique

Michel Holtz

Si la France achète peu de pétrole iranien, la flambée du cours du baril au niveau mondial, et le blocage du détroit d’Ormuz risquent d’avoir de sérieuses répercussions sur les prix à nos pompes. Mais dans quelques semaines seulement. Explications.

La guerre au Moyen-Orient va-t-elle avoir une incidence sur le prix de l’essence ?
L'installation pétrolière d'Assalouyeh à 1 000 km au sud de téhéran. Crédit photo MaxPPP.

Il n’aura même pas fallu attendre la confirmation de la mort du guide suprême Ali Khamenei pour que les marchés s’emballent et fasse flamber le prix du baril de pétrole. Les traders adorent mettre la charrue avant les bœufs et dès les premières tensions, et l’annonce des négociations entre l’Iran et les États-Unis, le cours, plutôt calme, voire en légère baisse, est remonté.

Bien entendu, les frappes des derniers jours ont amplifié le phénomène et le baril était en hausse de 9 % avant le week-end et il devrait continuer de grimper cette semaine. Car s’il était de 73 dollars au soir du vendredi 27 février, il devrait rapidement atteindre 80 dollars, dans le scénario le plus optimiste.

Ormuz : la clé des tarifs du brut

Pourquoi cette envolée ? Pas seulement pour enrichir le bas de laine des pays exportateurs. Deux raisons rendent inévitables cette grimpette. La première est liée à l’Iran elle-même, et la seconde au détroit d’Ormuz, un peu plus au sud.

L’Iran pèse lourd dans la planète pétrole. Quel est son poids ? Difficile à savoir, mais selon les spécialistes de l’UFIP (Union Française des Industries Pétrolières), le pays ne détiendrait pas loin d’un tiers de l’or noir mondial. Évidemment, depuis le blocus occidental, il n’en extrait plus « que » 3,1 millions de barils chaque jour. Et pour la France, il n’est que le 124e pays fournisseur.

Il s’agit d’un pétrole bon marché, car facile à extraire. Son coût est estimé à 10 dollars du baril. Un prix quatre fois inférieur à l’or noir canadien ou américain. Un pétrole pas cher qui n’est pas destiné à l’occident, mais plutôt à la Chine. Peut-être l’une des nombreuses raisons de l’attaque voulue par Donald Trump, toujours prompt à couper les vivres à son meilleur ennemi, après avoir procédé de même au Venezuela.

En revanche, le pétrole qui in fine, remplit nos réservoirs provient des pays du Golfe, et les frappes iraniennes sur ces contrées, même si elles touchent surtout les bases américaines qui y sont installées, risque de ralentir la production qui nous est destinée. Et comme tout ce qui est rare et cher, le prix du baril va augmenter.

Mais il est une autre raison à cette flambée du cours prévisible. C’est la fermeture du détroit d’Ormuz. Cette passe constitue un passage essentiel pour les pétroliers du Golfe puisqu’il débouche sur le golfe d’Oman. 20 % du pétrole mondial transite par là.

Personne n’empêche officiellement les bateaux d’y circuler. Sauf que les mollahs ont prévenu dès samedi, par message envoyé à toutes les flottes, que « le passage n’était pas autorisé ». Pourtant, officiellement l’Iran contrôle le détroit conjointement avec le sultanat d’Oman qui, quant à lui, n’a pas interdit le passage à personne.

Mais la menace des Gardiens de la révolution, et leurs complices Houthis, Chiites comme eux, et stationnés non loin de là, au Yemen, effraie les armateurs. Ils ne veulent pas prendre de risques, et n’ont pas non plus envie de payer des polices d’assurance dont les prix auraient décuplé depuis vendredi.

Une hausse à la pompe d'ici un mois

Résultat : 20 % du brut mondial est bloqué dans les pays du golfe depuis plusieurs jours. Une situation qui, si elle dure, va elle aussi influer sur le cours du brut.

Pour autant, il est inutile d’aller faire le plein immédiatement. Les compagnies pétrolières disposent de stocks qu’ils écoulent au tarif auquel ils l’ont acheté, selon une obligation légale.

En revanche, on observe depuis longtemps un curieux phénomène. Ces compagnies répercutent plus vite le prix de la hausse que celui de la baisse. Ainsi, on a pu constater qu’en cas d’envolée du cours, le prix à la pompe augmentait dans le mois suivant, alors qu’en cas de baisse, il faut souvent attendre deux mois. Il faut donc prévoir une augmentation du carburant d’ici le mois d’avril.

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