Vélos et trottinettes : vers le casque obligatoire pour stopper l’hécatombe ?
Avec une hausse vertigineuse de 78 % de la mortalité chez les utilisateurs de trottinettes en 2024, la Sécurité routière veut trancher : faut-il imposer le casque à tous ? Si l’idée semble relever du bon sens, elle suscite une levée de boucliers inattendue chez les défenseurs des mobilités douces. Entre sécurité vitale et arguments contre-productifs, enquête sur une idée qui divise.

L’année 2024 a vu le nombre de morts liés aux accidents de la route augmenter de 4,5 % chez les cyclistes et de 78 % chez les utilisateurs d’EDPM. Mais nous ne sommes pas des dictateurs ; aussi, convertis en personnes, ça donne 234 cyclistes décédés et 80 utilisateurs d’EDPM.
Donc, comme d’habitude, l’idée d’une loi obligeant le port du casque revient sur la table. C’était déjà le cas en 2019. Mais ce qui paraît une évidence fait place à une série de critiques de la part des utilisateurs de « mobilités douces ». Pourquoi cette loi a-t-elle tant de mal à convaincre ?
Des effets (visiblement) contre-productifs
Le premier argument est un recul de la pratique. Si les gens sont obligés de porter un casque, alors une partie des personnes qui auraient pu être intéressées renonceront. Libre à chacun d’évaluer. Mais a-t-on vu quelqu’un refuser de passer son permis de conduire à cause du port de la ceinture ?
L’autre argument, plus recevable, est le pansement. Comprenez qu’avec le casque, les gens sont protégés. Il n’est alors plus utile d’attribuer du budget pour les aménagements cyclables qui sont, eux, totalement sécurisants pour les usagers. Un argument qui se tient. D’autant que certains politiques pourraient revendiquer un acte positif en leur faveur.
La difficulté d’intégrer un casque aux trottinettes et vélos en libre-service est un troisième argument. C’est faux, et un boîtier peut être facilement placé sur les vélos comme sur les trottinettes.
Il faut plutôt réglementer les autres usagers de la route. Un argument qui se tient. Les zones limitées à 30 km/h ne sont jamais respectées. Or, les EDPM sont limités à 25 km/h, créant un différentiel de vitesse de 5 km/h. À 50 km/h, c’est un différentiel de 25 km/h. Le choc est alors 25 fois plus puissant à 50 km/h qu’à 5 km/h. C’est un peu caricatural, mais vous avez l’idée : le casque est un levier assez faible face à l’excès de vitesse d’une voiture. Et il ne fera pas de miracle.
Enfin, le dernier argument devrait vous faire rendre votre café : les usagers de la route font plus attention aux cyclistes sans casque qu’à ceux avec.
Le port du casque, vraiment salvateur ?
Il s’avère que oui. Et pour ça, il faut se tourner du côté des Pays-Bas, l’autre pays du vélo. Les chiffres sont violents : 44 % des cyclistes tués utilisaient des VAE (donc 56 % étaient sur un vélo musculaire). 60 % des décès sont liés… à un traumatisme crânien. Quant aux victimes, elles avaient, pour la majorité, plus de 60 ans.
Mais faut-il obliger au port du casque ?
J’avais échangé sur ce sujet avec une cycliste aguerrie qui enchaîne les sorties de 300 km et pratique le triathlon. Elle m’avait dit cette phrase que j’ai trouvée pertinente : « Au début, le casque me gênait. Mais au bout de quelques jours, ce fut l’effet inverse. Je me sentais mal de ne pas l’avoir. »
Obliger au port du casque, c’est également pousser à un business autour : des casques plus technologiques, plus élégants, plus confortables.
Aujourd’hui, il existe des casques intégrant des clignotants, un feu stop. Les visières sont salvatrices en été, pour ne pas se gaver d’insectes, et en hiver, pour ne pas s’assécher les yeux. Un système de géolocalisation en cas d’accident alerterait les secours en donnant votre position.
Certes, qui dit obligation dit répression. Et oui, cela semble irrationnel d’imposer au plus fragile une mesure. Mais est-ce si contraignant ?












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