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Combien de temps le pneu été va-t-il tenir sous la pression des profils quatre saisons et hiver ?

Dans Economie / Politique / Marché

Julien Bertaux

Habituellement, le marché du pneu est assez proche de celui de l’automobile avec des évolutions en douceur. Si l’année 2025 a connu une baisse de forme, elle a surtout marqué un tournant.

Combien de temps le pneu été va-t-il tenir sous la pression des profils quatre saisons et hiver ?
Depuis toujours le pneu été était la norme, mais cela vient de changer.

Chaque début d’année, le Syndicat du pneu détaille le marché du pneumatique en France. Comme pour les ventes de véhicules neufs ou d’occasion, les chiffres ne sont guère réjouissants puisque les Français font face à une baisse du pouvoir d’achat.

Résultat, nous retardons de plus en plus leur remplacement et les usons davantage, avec les problèmes de sécurité que cela induit. Ainsi, la baisse des ventes TC4 (Tourisme, Camionnette et 4x4) atteint 2,7 % alors que le marché avait connu un petit regain en 2024.

Seulement, toutes les catégories d’enveloppes ne sont pas logées à la même enseigne. Le Syndicat du pneu observe une « polarisation du marché » avec d’un côté les marques dites premium (Michelin, Continental, Goodyear, Bridgestone…) qui accuse une perte de 2,1 %, tandis que les profils Budget (c’est-à-dire les premiers prix souvent d’origine asiatique) augmentent de 9,4 % ! Au milieu, les marques de distributeurs et les pneus de seconde ligne (Sava, Uniroyal…) baissent respectivement de 1,4 %, et surtout de 15,4 %.

Michelin précurseur

Après Michelin, les manufacturiers ont mis l’accent sur le développement et la communication autour des pneus toutes saisons.
Après Michelin, les manufacturiers ont mis l’accent sur le développement et la communication autour des pneus toutes saisons.

Outre cette polarisation, l’année 2025 se distingue par un fait nouveau. Pour la première fois, il s’est vendu davantage de pneus hiver et quatre saisons (adoptant l’indice 3PMSF) que de pneus été, qui n’ont obtenu que 48 % des ventes.

Il y a dix ans, ces derniers écrasaient les autres avec 82 % des parts. Petit à petit, ils se sont dégonflés face à la pression grandissante des pneus toutes saisons. C’est Michelin qui est en partie le déclencheur de cette mutation en lançant en 2015 le CrossClimate. Il arbore le logo 3PMSF et s’accompagne d’une forte campagne de communication.

Résultat, la concurrence développe à son tour son quatre saisons : Nokian avec le Weathproof, Pirelli avec le Cinturato All Season ou encore Uniroyal avec le Allseason Expert.

La loi montagne comme accélérateur

Ce graphique met bien évidence la marche entre 2021 et 2022, ce qui correspond à l’avènement de la loi montagne.
Ce graphique met bien évidence la marche entre 2021 et 2022, ce qui correspond à l’avènement de la loi montagne.

À partir de 2021, la mise en place de la loi montagne va mettre un sérieux coup d’accélérateur à son développement. Leur part de marché passe ainsi de 27 % en 2022 à 42 % l’année dernière. Pour sa part, le pneu hiver est devenu de plus en plus un produit de niche, passant de 15 % en 2021 à 9 % en 2025.

Les revendeurs ont aussi participé à son développement avec l’argument imparable de pouvoir rouler partout et toute l’année. Pour les automobilistes résidents en région montagneuse, la contrainte de permuter ses pneus deux fois par an s’évanouit. Le gain de temps et d’argent est le bienvenu d’autant que leur tarif est désormais égal à celui d’un profil été.

Reste à savoir jusqu’où ira le pneu quatre saisons ? Va-t-il se stabiliser ou au contraire s’imposer fortement comme c’est le cas aux Etats-Unis ?

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