Électrification, réglementation et pognon : le verdissement des flottes face à la réalité économique
Si les besoins opérationnels restent essentiels dans le choix des voitures d’entreprises, un critère bouscule la donne. Le TCO (coût total de possession) devient l’élément décisif pour 43 % des dirigeants. Électrifier, oui. À tout prix, non.

La transition des mobilités d’entreprise est entrée dans sa phase de vérité. L’électrification des flottes se confronte désormais à la seule question qui vaille pour les dirigeants : combien cela coûte-t-il réellement ?
Selon la dernière étude OpinionWay réalisée pour Leasys1, le coût total de possession (TCO) est aujourd’hui le critère décisif pour 43 % des dirigeants. Le verdissement se confronte à la rentabilité.
Électrification, réglementation et pognon
Au-delà du prix du véhicule (achat ou loyer) le gestionnaire entend s’appuyer encore davantage sur le coût complet (énergie, fiscalité, maintenance) pour orienter son choix de véhicule. Notamment en matière de transition écologique où les gestionnaires de flottes doivent revoir leur logiciel. L’électrique s’accommode mal de la vérité du thermique. En entreprise, l’électrification progresse, mais surtout se calcule.
« Nous assistons à un pilotage de plus en plus rationnel et pragmatique des flottes, où le coût total de possession devient la boussole des décisions, bien avant les considérations technologiques ou symboliques », observe Igor Dumas, directeur général de Leasys France.
Dans les faits, les besoins opérationnels restent le socle de la constitution des flottes (61 %), et la maîtrise budgétaire s’impose comme la priorité. Préserver la trésorerie (31 %), simplifier la gestion administrative (29 %) et renouveler régulièrement les véhicules (36 %) constituent les véritables leviers de décision.
3 dirigeants sur 5 prêts à faire évoluer leurs flottes
Si l’électrification s’accélère, c’est parce que la pression réglementaire s’intensifie, mais pas uniquement. « La fiscalité ne représente que 14,9 % du coût total de possession (TCO) des véhicules électriques, contre 28 % pour les thermiques » indique le TCO Scope 2025 d’Arval Mobility Observatory. A l'usage la marque Hyundai assure « une économie (d'utilisation NDLR) allant jusqu’à 56 % sur 3 ans. » Encore faut-il miser sur le bon modèle. Un véhicule électrique écoscoré devient bien plus avantageux qu'un modèle chinois importé.
Voilà pourquoi, 64 % des entreprises ont déjà modifié ou prévoient de modifier leur flotte, principalement vers l’hybride et l’électrique (76 %). En la matière, les grandes entreprises avancent plus vite (82 %), que les structures plus petites (52 %), plus prudentes face au coût d’investissement initial ressenti comme un frein majeur.
Disparités régionales
Les disparités territoriales sont tout aussi révélatrices. En Île-de-France, « 42 % des dirigeants intègrent la RSE dans leurs décisions de mobilité », stipule l’étude, contre seulement 24 % au niveau national.
À l’inverse, 36 % des entreprises n’envisagent aucune évolution. Elles pointent des freins persistants comme les coûts d’investissement trop élevés (31 %), les contraintes opérationnelles (15 %) et le manque d’infrastructures (11 %). L’électrification se heurte encore au réel et aux incertitudes technologiques et réglementaires.
La LLD pour limiter les risques
Dans ce contexte, la location longue durée, s’affirme comme un outil de pilotage. 80 % des véhicules électriques d'entreprises sont immatriculés via la LLD. Cela permet de limiter l’investissement initial, d’absorber l’incertitude sur la valeur résiduelle des véhicules électrifiés et de sécuriser les coûts dans un environnement de taux instables.
« La location longue durée n’est plus un simple mode de financement. Elle permet aujourd’hui aux entreprises de concilier maîtrise budgétaire, flexibilité opérationnelle et transition énergétique », résume Igor Dumas. Aux loueurs de proposer un écosystème capable d’absorber la complexité réglementaire, de sécuriser les coûts et de préparer concrètement les flottes aux usages de demain.
Besoin de services et de loyers attractifs
Les entrerises ont besoin de services sans faille mais aussi de loyers attractifs. L'envolée tarifaire de 30% à 40 % des mensualités véhicules (post covid et crise des semiconducteurs) pèse encore sur certains comptes, alors que les prix récents des VE affichent une baisse drastique.
L’électrification des flottes est une équation économique, opérationnelle et territoriale, dans laquelle le TCO fait figure de juge de paix.
1 Cette étude a été réalisée avec OpinionWay auprès d’un échantillon de 300 dirigeants d’entreprise disposant d’une flotte de 20 véhicules ou plus, représentatif des entreprises de 20 salariés et plus en France. Les interviews ont été menées par téléphone entre le 22 septembre et le 20 octobre 2025.
















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