Deux brillantes bombinettes bien de chez nous : Peugeot 206 1.6 16s ou Renault Clio 1.6 16v ?
Dynamiques par leur châssis, vives par leur moteur, fiables, bien équipées et pas chères, les 206 et Clio à moteur 110 ch distillent encore bien des plaisirs sans exiger énormément en retour. Elles se contentent d’un entretien simple et s’offrent dès 2 000 €.

La domination de Fiat sur le segment des citadines prend un sérieux coup en 1998 quand sont commercialisées les Peugeot 206 et Renault Clio II. Celles-ci tournent le dos aux prix ambitieux de leurs devancières respectives, tout en progressant nettement par leurs qualités routières, leur sécurité passive et leur équipement. Le segment B atteint une sorte d’apogée par les prestations de ses représentantes.
A ce jeu, les françaises sont reines, et grâce à un style très dynamique, la 206 remporte un immense succès. La Clio, dessinée avec mollesse, reste derrière, mais réplique avec des moteurs pétillants, dont un 1,6 l 16 soupapes de 110 ch interdit à sa rivale. Mais pas pour longtemps ! Au début des années 2000, la Clio s’est habilement relookée, la Peugeot s’est dotée du 110 ch qui lui manquait, la bataille peut faire rage. Mais aux points, laquelle l’emporte ?
Les forces en présence

Peugeot 206 1.6 16s (2000– 2006) : berline 3-5 portes, 5 places, 4 cylindres 1,6 l, 110 ch, 1 010 kg, 200 km/h, à partir de 2 000 €.

Renault Clio 1.6 16V (1999 – 2005) : berline 3-5 portes, 5 places, 4 cylindres 1,6 l, 110 ch, 995 kg, 195 km/h, à partir de 2 500 €.
Présentation : looks opposés, technologies similaires

On ne s’en doute pas du tout en 1998 quand la Peugeot 206 arrive sur le marché : elle deviendra la française la plus produite de l’Histoire, dépassant les 8 millions d’exemplaires ! Ce succès, elle le doit à une ligne charismatique, des prix raisonnables, un équipement intéressant et de bons moteurs. Techniquement, elle reste une pure Peugeot, avec ses blocs TU et XU bien connus, sa suspension avant à jambes de force ainsi que son train arrière à barres de torsion.

Toutefois, la 206 attendra la fin 2000 pour recevoir un bloc très intéressant, faisant le lien entre le 1.6 90 ch et le 2.0 138 ch de la sportive variante S16, un 1,6 l à 16 soupapes développant 110 ch. Comme la sochalienne ne dépasse pas 1 010 kg, elle affiche des chronos intéressants : 200 km/h au maxi, pour un 0 à 100 km/h exécuté en 10,5 s. Elle n’est pas loin d’une Peugeot 205 GTI 1.6 105 ch ! Sauf que ce 16 soupapes à admission variable va équiper une pléthore de variantes, berline, break, coupé-cabriolet, à la présentation chic ou dynamique.

Si on aime conduire, la XS, dotée de jantes de 15, d’une voie avant élargie et d’une suspension plus ferme, s’impose par son châssis rappelant celui de la S16. Affichée à 83 400 F (19 300 € actuels selon l’Insee), cette XS modère ses prétentions tarifaires, sans trop mégoter côté équipement : ABS, radio CD, vitres électriques, sièges sport, température d’huile au tableau de bord, projecteurs antibrouillards sont de série… Mais, la clim reste en option.
En 2002, la 206 110 ch se décline en XS Premium (jantes en alliage, rétros électriques et clim auto de série), suivie d’une Quicksilver, série spéciale plus riche que la XS (jantes de 16, clim). En 2003, la 206 est légèrement revue, adoptant de nouveaux feux arrière ainsi qu’un équipement enrichi, alors que l’ESP arrive en option. Ainsi, la XS bénéficie de jantes en alliage, et se décline en 5 portes, alors que la XS Premium gagne les capteurs de pluie et de luminosité. En 2007, le moteur 1.6 16v est supprimé, alors que la très appréciée 206 continue sa carrière malgré le lancement de sa remplaçante 207 en 2006.

Si elle dérive techniquement de la Super 5, la première Renault Clio, lancée en 1990, révolutionne la catégorie des citadines par ses prestations dignes de la catégorie supérieure. Elle rencontre un grand succès, aussi, pour la remplacer, le losange décide d’une certaine continuité visuelle. L’équipe de designers emmenée par Patrick Le Quément opte pour un langage esthétique délibérément inoffensif, un choix qui s’avèrera non pertinent.

Techniquement, la Clio II, lancée en mars 1998, bénéficie d’une toute nouvelle plate-forme, et adopte à l’arrière un essieu de torsion, comme la Twingo. Sous le capot, elle dispose d’une large palette de moteurs, enrichie dès 1999 d’un 1,6 l 16 soupapes développant 110 ch, dans une variante nommée 1.6 16V. Rapide (195 km/h), nerveuse (0 à 100 km/h en 9,6 s) et pas trop lourde (995 kg), elle est presque sportive.

Cette Clio n’oublie pas de soigner l’équipement : ABS, clim, radio CD, double airbag, sièges enveloppants, jantes en alliage sont de série. A 94 900 F (22 300 € actuels selon l’Insee), elle n’est même pas très chère. Pour 2000, la 1.6 16v se renomme Sport, et se décline en d’autres finitions, comme les RXT et Initiale Paris, plus chics que dynamiques.

Comprenant son erreur de design, Renault présente en juin 2001 une Clio largement restylée, gagnant un air plus agressif, à l’instar d’une certaine 206… Par ailleurs, la petite au losange reçoit un tout nouveau tableau de bord, bien mieux fini. Les appellations sont renommées, la Sport devient Dynamique par exemple, mais le moteur ne change pas. En 2004, les boucliers sont légèrement redessinés, puis fin 2005, la Clio 1.6 16v disparaît, sa lourde remplaçante venant de débarquer.
Fiabilité/entretien : des petites sur lesquelles on peut compter

Pour sa part la 206 1.6 16v propose une belle fiabilité mécanique. Malgré quelques ruptures de joint de culasse en début de carrière, le moteur encaisse de forts kilométrages sans ennuis en se contentant de l’entretien standard (changer la courroie de distribution avant 100 000 km). Il en va de même pour la transmission.
Cela dit, à l’instar des Peugeot des années 80/90, les roulements des bras tirés arrière se grippent passé 150 000 km, prennent du jeu et entrainent un carrossage négatif. Si ces roulements ne sont pas changés à temps, il ne vous restera que l'essieu pour pleurer… Par ailleurs, on relève quelques bugs électroniques, qu’on résout en reprogrammant le boîtier BSI. Enfin, vu son âge avancé, la 206 peut rouiller.

De son côté, la Clio II se révèle, elle aussi, très fiable, si bien entretenue (courroie de distribution à changer avant 100 000 km). On relève surtout des bobines défectueuses, voire incidents sur le boîtier papillon. De plus, accessoires électriques, comme le démarreur, ou la clim, font des leurs, mais sans excès.
La carrosserie, bien protégée contre la corrosion, reste à inspecter vu l’âge de la voiture, mais les projecteurs en polycarbonate ont tendance à s’opacifier. Dans l’habitacle, le vieillissement est correct avant restylage, et très bon ensuite.
Avantage : Renault. Si les deux rivales bénéficient d’une mécanique solide, la Clio s’évite les soucis d’essieu arrière affectant la 206.
Vie à bord : la 206 se veut plus charmeuse, la Clio plus sérieuse

Inspiré, le dessin du tableau de la 206 s’avère plaisant, même si le plastique employé demeure très moyen. Mais, grâce à la base de son pare-brise très éloignée, la Peugeot procure une très agréable sensation d’espace à l’avant, où les passagers apprécieront les sièges confortables.
A l’arrière, les passagers seront naturellement plus à l’étroit, et se contenteront d’une luminosité assez médiocre, même si la banquette demeure très acceptable. Quant au coffre, il varie de 245 l à 1 130 l. Dans la norme.

Il y a Clio et Clio. Avant 2001, le tableau de bord, taillé dans un plastique de piètre qualité, soutient à peine la comparaison avec celui de la 206. Ajoutons une impression moindre d’espace, même si, mètre en main, la différence n’est pas énorme. Après 2001, tout change, et la Renault bénéficie d’une belle planche rembourrée, de belle qualité.
De plus, elle s’équipe de sièges sport très confortables, et son équipement minimal sera quoi qu’il arrive supérieur à celui de la Peugeot. A l’arrière, les passagers bénéficient d’un traitement très similaire à ceux de la sochalienne, alors que le coffre ne se démarque pas vraiment, variant de 255 l à 1 035 l.
Avantage : Renault. Cette victoire, la Clio la doit au tableau de bord reçu en 2001, bien plus chic que celui de la 206.
Sur la route : deux façons d’être dynamique

Même si le volant ne se règle qu’en hauteur, la 206 offre une bonne position de conduite. Le moteur émet un son sympa, mais très vite, on apprécie la direction informative (merci l’assistance hydraulique), rapide, et agissant sur un train avant précis. En découle une auto communiquant très bien, alors que la suspension un peu souple (mais d’un amortissement sec) engendre du roulis.
Cela rend son museau accrocheur en virage, puis on lève le pied appui et la poupe se place, au bénéfice de la mobilité. C’est ludique, efficace dans les virolos et facile à contrôler. Un vrai petit tempérament sportif. Souple et vif, le moteur assure d’excellentes performances, même s’il est plus linéaire que rageur. En revanche, le confort de roulement n’impressionne pas, et le niveau sonore reste un poil élevé.

Dans la Clio, la position de conduite reste un poil moins réussie que dans la 206, le volant ne se réglant là aussi qu’en hauteur. La direction, à assistance hydraulique jusqu’en 2001, apparaît informative mais pas aussi incisive que celle de la 206. Cela dit, le châssis, bien plus neutre que celui de la Peugeot, mais tout aussi accrocheur, se révèle au moins aussi efficace. Certes, il reste moins ludique, car la poupe ne bouge pour ainsi dire pas, mais le roulis est mieux contenu.
Très doux et silencieux à bas régime, le moteur se révèle souple, et surtout, délivre des reprises très vives, à mi-régime, tout en autorisant de belles accélérations. Néanmoins, il ne pétille pas à haut régime. La boîte courte et maniable est un atout dans cette vivacité, même si elle fait tourner le moteur à plus de 4 000 tr/min, ce qui engendre un peu de bruit sur autoroute. D’un autre côté, la suspension est plus confortable que celle de la 206.
Avantage : égalité. On a le choix : une 206 ludique et vive de la poupe, une Clio plus stable mais moins amusante, les performances étant équivalentes.
Budget : beaucoup pour pas grand-chose

Une belle 206 1.6 16s peut se dégotter dès 2 000 €, en affichant un peu plus de 200 000 km. A 150 000 km, le prix grimpe à 2 500 €, alors que pour une auto aux alentours de 100 000 km, on comptera 4 000 €. La 206 avale 7,5 l/100 km en moyenne.

En très bon état, la Clio réclame 2 500 € à 200 000 km environ, contre 3 000 € à moins de 150 000 km et 4 500 € aux alentours de 100 000 km. Elle aussi réclame 7,5 l/100 km.
Avantage : Peugeot. Globalement moins chère de 500 € que la Clio et pas plus gourmande, la 206 prend ici le dessus.
Verdict : la Clio, plus homogène

A conduire, les deux rivales recourent à des stratégies différentes : à performances équivalentes, plus d’amusement et de sensations pour la Peugeot, rigueur et efficacité pour la Renault. Mais celle-ci se révèle plus fiable que la 206 à long terme, et mieux finie, du moins dans sa version restylée. Alors oui, la Peugeot reste un peu moins chère, mais son train arrière sujet à problèmes la dessert, ce qui nous fait préférer la Clio.

| Thème | Avantage |
| Fiabilité/entretien | Renault |
| Vie à bord | Renault |
| Sur la route | Egalité |
| Budget | Peugeot |
| Verdict | Renault |
Pour trouver des annonces, rendez-vous sur le site de La Centrale : Peugeot 206 1.6 16s, Renault Clio 1.6 16V


















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