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Fin des écrans tactiles, retour du diesel et des boutons : le virage à 180° des constructeurs auto

Dans Futurs modèles / Technologie

Jean-Michel Normand

On pensait le mouvement irréversible, et pourtant. Entre le rappel à l’ordre d’Euro NCAP sur les commandes physiques, le retour en grâce du diesel chez Stellantis et la fin des poignées rétractables, l’industrie automobile opère un surprenant retour aux sources. Simple nostalgie ou retour du bon sens ?

Fin des écrans tactiles, retour du diesel et des boutons : le virage à 180° des constructeurs auto
Le tableau de bord de la Renault 25 Baccara, nouvelle référence pour les années à venir ?

Droit dans ses bottes, Stellantis défend son pré-carré sur le diesel et prévoit même d’élargir sa gamme de voitures mazout à destination des particuliers. Cet hommage posthume à Jacques Calvet ne doit pas être surévalué mais il n’en est pas moins significatif. Pour sa part, EuroNCAP vient tout juste de rendre public un protocole imposant, sous peine de devoir faire une croix sur les sacro-saintes cinq étoiles, qu’un minimum de bons vieux boutons soient installés sur la planche de bord des futurs modèles. Haro sur les commandes disponibles via l’écran de contrôle qui risquent de détourner l’attention du conducteur. Ferrari, pour son premier modèle électrique baptisé Luce, a devancé l’appel en concevant un volant à trois branches constellé de commandes tactiles sur fond de très sobres compteurs bien ronds.

Les constructeurs qui ne juraient que par les plates-formes exclusivement destinées à l’électrique commencent à faire machine arrière. Renault et Geely mettent la dernière main à un kit permettant de loger un petit moteur thermique sous le capot d’un véhicule à batterie afin de le doter d’un prolongateur d’autonomie. Il n’y a pas si longtemps, il eut été inconcevable que la plateforme d’un véhicule électrique puisse être hybridée de la sorte. Il est vrai que l’Union européenne a, elle aussi, repris ses marques en reconsidérant légèrement le calendrier de l’échéance 2035.

À l’initiative des constructeurs chinois, exit les poignées de portières affleurantes rétractables, esthétiques et aérodynamiques mais potentiellement dangereuses en cas d’accident. On peut aussi évoquer la réhabilitation annoncée du monospace, chéri des années 1990 que Citroën se propose de redécouvrir. Ou encore la redécouverte, à travers le concept de « kei car » à l’européenne et sa teneur allégée en normes, de la voiture urbaine sans chichis ni aides à la conduite invasives.

Derrière ces corrections introspectives, émerge l’idée que l’on est allé trop loin dans plusieurs domaines et que le bon sens – notion dont peut émaner le meilleur comme le pire – commande de corriger le tir au sortir de longues années de chamboule-tout. L’heure est au retour de bâton. Certaines dérives, comme la multiplication des écrans ou la disparition des boutons, ont fini par lasser. Elles en disent long sur le degré de panurgisme des constructeurs qui, plus souvent qu’à leur tour, ont adopté par simple réflexe des gimmicks ou des équipements supposément hype repérés chez la concurrence.

Après la révolution, la restauration ? On n’ira pas jusque-là mais la question interpelle et nourrit des sentiments mêlés. L’industrie automobile se condamnerait à la décadence si elle devenait une entreprise de pieuse conservation du moteur thermique comme des valeurs et coutumes du siècle dernier. Les chromes XXL et les calandres béantes, on a déjà donné, merci. En revanche, on se réjouira qu’un coup d’arrêt, fût-il timide, puisse être donné à la gentrification de l’objet-automobile comme à la tutelle écrasante des écrans tactiles. Tant que l’on y est, on saurait gré aux constructeurs de revenir également sur leurs choix en matière de surface vitrée (trop réduite), de taille des jantes (excessive) comme de design intérieur (trop collet-monté) ou extérieur (trop anguleux et dépourvu de spontanéité).

Pendant ce temps, la technologie – la plus impactante, celle que l’on ne voit pas tout de suite – continue d’avancer à grands pas et de tailler son chemin vers la voiture autonome dont la seule inconnue est de savoir à quelle échéance elle nous sera livrée. Mais le mouvement ne sera sans doute pas linéaire. Là aussi, il faudra s’attendre à des mouvements de stop-and-go.

 

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