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Bientôt moins de pistes cyclables en ville ? Le projet du gouvernement qui sème la zizanie

Alors que le plan vélo affichait de grandes ambitions, un article glissé dans la future loi-cadre sur les transports inquiète les associations. Le gouvernement prévoit d’assouplir l’obligation pour les communes d’aménager des voies cyclables lors de travaux de voirie. Vers une fin de la séparation des flux ? Un signal ambigu qui pourrait compliquer la cohabitation entre automobilistes et cyclistes, alors même que les chiffres de la sécurité routière 2025 virent au rouge.

Bientôt moins de pistes cyclables en ville ? Le projet du gouvernement qui sème la zizanie

Le développement du vélo en ville repose en grande partie sur l’aménagement de la voirie. Mais un projet du gouvernement pourrait changer la donne. L’article 21 de la future loi-cadre sur les transports, présenté en Conseil des ministres, prévoit d’assouplir l’obligation faite aux collectivités d’intégrer des aménagements cyclables lors de la création ou de la rénovation de routes en agglomération. Une évolution qui inquiète les associations… et qui pourrait aussi avoir des conséquences sur le partage de la route entre automobilistes et cyclistes.

Une règle qui encadrait les travaux de voirie

Depuis plus de trente ans, l’article L.228-2 du Code de l’environnement impose aux villes de prévoir des aménagements cyclables sécurisés lors de travaux importants sur la voirie urbaine. Renforcée par la Loi d’orientation des mobilités (LOM) en 2019, cette disposition a permis le développement progressif de pistes et bandes cyclables, souvent créées à l’occasion de réaménagements de chaussée.

Le nouveau texte ne supprime pas cette obligation, mais la fait passer du niveau législatif au niveau réglementaire. En pratique, cela la rend plus souple et plus facilement modifiable. Des dérogations pourraient être accordées plus largement, et certaines mesures de modération de la circulation (comme la généralisation du 30 km/h) pourraient être considérées comme suffisantes, sans création d’infrastructure dédiée.

Bientôt moins de pistes cyclables en ville ? Le projet du gouvernement qui sème la zizanie

Dans les faits, cela va compliquer la tâche des communes, notamment pour la demande de subventions et les délais d’acceptation. En gros, la création d’infrastructure prendra plus de temps et engendrera, logiquement, un abandon.

Un enjeu pour la sécurité… et la cohabitation

L’année 2025 a établi un triste record d’accidents de cyclistes (+ 21 % pour 227 décès) et d’usagers d’EPM (+ 48 % d’accidents pour 45 décès de plus pour un total de 1 563 tués).

Aujourd’hui, seuls environ 4 % du réseau routier français disposent d’aménagements cyclables. Il manque 40 000 km supplémentaires pour constituer un réseau cohérent.

Pour la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), cet assouplissement risque de ralentir les aménagements et de dégrader la sécurité des cyclistes.

Mais l’enjeu concerne aussi les automobilistes. En l’absence d’infrastructures séparées, vélos et voitures sont amenés à partager la chaussée, ce qui multiplie les situations de friction : différences de vitesse, dépassements délicats, incompréhensions mutuelles.

À l’inverse, des aménagements dédiés permettent généralement de fluidifier la circulation et de clarifier les usages de l’espace public.

Bientôt moins de pistes cyclables en ville ? Le projet du gouvernement qui sème la zizanie

D’ailleurs, ces infrastructures sont également destinées aux piétons. Donc ce n’est pas qu’une histoire de vélos ou de trottinettes.

Un signal ambigu pour les politiques de mobilité

Cette évolution intervient alors que l’État affiche des objectifs ambitieux pour le développement du vélo dans le cadre du Plan national vélo. Les recommandations récentes en matière de sécurité routière soulignent d’ailleurs l’efficacité des aménagements séparés pour réduire les accidents et améliorer la cohabitation entre usagers.

Bientôt moins de pistes cyclables en ville ? Le projet du gouvernement qui sème la zizanie

La FUB demande le maintien de l’article L.228-2 dans sa forme actuelle ainsi qu’une trajectoire budgétaire permettant de financer les infrastructures manquantes.

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