Réparations auto : le chiffre d'affaires des garages grimpe malgré une baisse de fréquentation, cherchez l'erreur
Malgré une fréquentation en baisse dans les ateliers en 2025, le chiffre d’affaires des réparateurs progresse. Une résilience bonne pour les affaires, au goût amer pour le portefeuille des automobilistes.

Moins mais mieux. Mais quand le mieux se fait l’ennemi du bien, la paradoxe touche à son paroxysme.
Selon le dernier baromètre de l’activité après-vente Mobilians-Solware publié ce jour, le secteur de l’après-vente affiche une croissance de son chiffre d’affaires de +0,8 % malgré une baisse de fréquentation des ateliers. Un paradoxe que payent cash les automobilistes.
La fin de l'entretien « de routine »
Les entrées en atelier de mécanique ont chuté de 2,2 % en un an, tandis que la carrosserie accuse un recul de 1,8 %. Dans " un contexte économique toujours exigeant ", cette désertion ne fait pas baisser la facture globale. Au contraire.
Le secteur prospère, grâce à l'envolée du " panier moyen ". En mécanique, celui-ci s’établit désormais à 402,6 € (+2,7 %). En carrosserie, le saut est plus vertigineux encore avec une hausse de 4,3 % (+ 4,5% en 2024) et une facture moyenne de 1 704,6 € par passage. Comment expliquer cette envolée tarifaire ?
L’inflation technique un mal invisible mais bien réel
En mécanique, alors que le chiffre d'affaires des pièces stagne, voire recule légèrement (-0,5 %), celui de la main-d'œuvre bondit de +2,6 %. C'est le prix de l'expertise, du diagnostic électronique et de la spécialisation croissante des techniciens.
Pour la carrosserie, la hausse de 2,7 % du prix des pièces, reflète la complexité d'un poste carrosserie truffé de capteurs ou de caméras. Cette débauche technologique se paye.
une hausse de 30 % en cinq ans
En 2020, alors que la France sortait des premiers confinements, l'entretien d'un véhicule restait un poste budgétaire maîtrisé. Cinq ans plus tard, selon les données croisées de France Assureurs et des baromètres professionnels, le coût de la réparation a progressé deux fois plus vite que l'inflation générale. En cinq ans, le coût de l'entretien a bondi de près de 30 %. Une inflation qui se répèrcute lourdement sur les primes d'assurance auto.
Inflation des primes assurances
Après une hausse des primes d’assurance auto de 6,8% en moyenne en 2025, celles-ci ont encore bondi d’environ 5% début 2026. La réparation des véhicules électriques et hybrides (qui représentent une part en hausse du parc) coûte en moyenne 15 % plus cher que celle des modèles thermiques, ce qui pèse lourdement sur les calculs des assureurs. Au palmarés des voitures les moins chères à entretenir, les citadines essence demeurent les moins coûteux.
Outre ces prix d’après-vente, l’État a relevé en 2025 la surprime Catastrophes Naturelles (Cat Nat) de 6 % à 9 % sur les garanties vol et incendie des contrats auto.
La voiture un poste de dépense premium
Financièrement, la voiture devient un poste budgétaire premium. Entre 2020 et 2025, le coût global de détention d'un véhicule (assurance + entretien + énergie) a progressé deux fois plus vite que le salaire moyen.
Socialement, on assiste à une sélection par l'assurance. Les automobilistes les plus modestes sont tentés de réduire leur couverture (Tiers, assurance temporaire, journalière, forfait kilométrique…) pour absorber la hausse des prix, ce qui les fragilise considérablement en cas de gros sinistre.
Longtemps considéré comme engin de mobilité démocratique, la voiture est désormais perçue comme un luxe par près de trois quarts des Français.














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