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Après la R5 et la Twingo, reste-t-il des icônes françaises à réincarner ?

Le succès de la R5 E-Tech, qui vient de dépasser les 100 000 exemplaires en quinze mois et contraint l’usine de Douai à faire travailler une équipe de nuit, ne doit pas seulement être salué comme une prouesse commerciale. Le raz-de-marée des petites voitures jaunes, vertes ou bleu-marine – Renault finira bien par en proposer une en orange, la teinte du lancement en 1972 – suggère qu’un modèle bien de chez nous peut enfin tenir son rang dans le Hall of Fame du néo-rétro. Les MINI et Fiat 500 ne sont pas les seules à avoir trouvé la recette du modernisme nostalgique.

Après la R5 et la Twingo, reste-t-il des icônes françaises à réincarner ?

La bonne fortune de la R5 new-look est revigorante. Pour une marque française, faire vibrer la corde sensible du « rétro-futurisme » comme on dit chez Renault n’allait pas de soi. D’abord parce que peu de modèles issus de l’Hexagone ont acquis une aura capable d’imprégner la mémoire collective hors de nos frontières. Ensuite parce que les constructeurs sont longtemps restés persuadés qu’un nouveau modèle devait chasser l’autre. C’est ainsi que la 205 fut remplacée non par une nouvelle 205 mais par une 206 alors que la Golf restait la Golf.

Il faut donc se réjouir que Renault soit parvenu à exporter hors de France la moitié de ses R5 E-Tech. Certes, il n’est pas sûr que tous les acheteurs étrangers auront eu en tête la version de 1972 mais au moins ont-ils été sensibles au charme ouvertement seventies de la voiture et au supplément d’âme que procure cette filiation. Avec la Twingo électrique dont on chante déjà la réussite la filiation historique sera encore plus évidente. En revanche, l’opération « madeleine de Proust » ne paraît pas trop fonctionner avec la R4 E-Tech, trop éloignée de la 4L originelle – un véhicule utilitaro-familial au grand cœur – pour que se noue spontanément une relation de complicité avec le grand public.

Compte tenu de la R5-mania, on peut se demander sur quels autres modèles de son histoire Renault pourrait capitaliser pour réitérer ce succès. Les dirigeants de la marque assurent ne nourrir aucun nouveau projet. Le catalogue, en effet, semble épuisé. Ce ne sont pas les R12 et R14 qui vont alimenter la métempsycose (la réincarnation, si l’on préfère) en version bagnole et la confrérie des amateurs de kitsch automobile réclame en vain une héritière pour la Fuego.

Du côté des autres marques françaises, le vivier pourrait sembler prometteur mais, là non plus, rien ne semble poindre à l’horizon. Peugeot a obstinément refusé d’envisager une suite au concept e-Legend de 2018. Ce coupé 504 revisité déboulerait il est vrai sur un segment désormais porté disparu. Sans parler de la situation financière de Stellantis.

Chez Citroën, en revanche, il y a du potentiel. La 2CV et la DS sont de vrais monuments de l’histoire automobile mais jusqu’à présent elles ont alimenté les fantasmes à défaut de donner du grain à moudre aux bureaux d’études. Serpent de mer, la 2CV du XXI ème siècle produit un buzz récurrent. Ces derniers temps, il était question de mettre à profit l’éventuelle création d’une catégorie de e-Cars, sorte de kei-cars à l’européenne en version électrique, pour redonner vie à la Deuche.

Xavier Chardon, le nouveau patron de Citroën, a tenu à calmer les esprits. « Ce ne serait pas un revival. Ce qui m’intéresse, c’est le cahier des charges » a-t-il tenu à préciser. Pendant ce temps, le carrossier italien Caselani s’amuse dans la joie et la bonne humeur à produire de charmantes fourgonnettes revisitées en Type H. Ou à transformer, tout comme Fiat avec la Topolino, la triste AMI en une pétillante voiture sans permis néo-rétro. Reste la DS qui a donné son nom à une marque à part entière… qui s’est jusqu’à présent scrupuleusement gardée d’adresser la moindre allusion esthétique, fut-elle subliminale, à la glorieuse ancêtre.

Le retard à l’allumage voire circonspection des marques françaises lorsqu’il s’agit de réinterpréter leur héritage reflète une difficulté à intégrer sa propre histoire dans la définition de ses modèles. En France, on appelle souvent néo-rétro ce qui, en Allemagne ou en Italie, apparaît comme le prolongement d’une tradition. Au fond, est-ce si grave ? L’évocation du passé nous parle mais le rôle d’un constructeur c’est, aussi, d’inventer une modernité automobile – si possible engageante.

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