Nicolas Desforges, préfet de l'Oise, est extrêmement concerné par la sécurité routière et les 61 morts qu'a connu son département l'an dernier, soit 8 de plus qu'en 2010. Avec 7 morts (dont 3 dans le même accident) depuis le début de l'année, il a décidé de demander aux forces de l'ordre encore plus de sévérité, comme son homologue du Doubs qui a initié la pratique fin 2011. La loi Loppsi 2 sur la Sécurité intérieure permettant désormais aux forces de l'ordre d'immobiliser très facilement les véhicules des conducteurs coupables d'une grave infraction*, le préfet a choisi de généraliser cette pratique.


Toutefois, pas de panique, ces mesures d'immobilisation concernent les récidivistes et les conducteurs sans permis pour qui le Préfet veut automatiquement appliquer une immobilisation. Lorsque cela se produit, le conducteur contrevenant ne pourra même plus se faire raccompagner par son passager et n'aura guère d'autres choix que de partir à pied ou d'être placé en garde à vue. C'est ensuite à la justice que revient le droit de prononcer une confiscation définitive (ou pas), l'immobilisation ne pouvant excéder 7 jours.


Le préfet justifie cette sévérité accrue en prétendant que les 130,000 heures consacrées aux contrôles routiers en 2011 n'ont pas empêché la hausse du nombre de morts dans son département. Peut-être serait-il bon qu'il analyse tout ceci en comprenant que la répression n'a guère d'effet sur les véritables chauffards et qu'à des contrôles d'alcoolémie le samedi soir dans les rond-points, il serait peut-être préférable d'aller directement sur les parkings des boîtes de nuit pour dissuader les gens incapables de prendre le volant de le faire concrètement.



* Voici les infractions pouvant être sanctionnées par une immobilisation :


  • conduite d'un véhicule sans être titulaire du permis correspondant à la catégorie du véhicule,
  • conduite d'un véhicule alors que l'on fait l'objet d'une décision judiciaire de suspension ou d' annulation du permis de conduire (la confiscation n'est obligatoire lorsqu'il s'agit d'une mesure de rétention ou de suspension administrative ),
  • récidive de conduite sous l'empire d'un état alcoolique,
  • récidive de conduite sous l'emprise de stupéfiants,
  • récidive de refus de se soumettre aux contrôles d'alcoolémie ou aux dépistages de stupéfiants,
  • récidive de grand excès de vitesse (égal ou supérieur à 50km/h de la vitesse maximale autorisée),
  • récidive de conduite d'un véhicule non équipé d'un système d'anti-démarrage, malgré une interdiction prononcée par un juge à la suite d'une conduite en état alcoolique,
  • homicide involontaire aggravé, c'est-à-dire commis en état de conduite sans permis ou avec un permis retenu, suspendu, invalidé ou annulé,
  • blessures involontaires aggravées, c'est-à-dire commises en état de conduite sans permis ou avec un permis retenu, suspendu, invalidé ou annulé,
  • récidive de blessures involontaires commises en état d'ivresse manifeste, sous l'empire d'un état alcoolique, après usage de stupéfiants ou à la suite dun grand excès de vitesse.
  • délit de fuite après avoir occasionné un accident.