Bye-Bye Martin Parr
Pierre-Olivier Marie , mis à jour
Le grand photographe britannique Martin Parr a posé définitivement ses boîtiers, et c'est l'occasion pour Caradisiac de rendre hommage a cet artiste amoureux du kitsch, dans l'oeuvre duquel l'automobile a aussi su trouver sa place.

Martin Parr vient de nous quitter à l’âge de 73 ans, et même si l’automobile n’était pas l’un de ses sujets de prédilection, celle-ci apparaît assez régulièrement dans son œuvre. Il lui consacrera même un ouvrage dont sont tirées certaines des photos ici présentées, et intitulé "From A to B, tales of modern motoring", qui s'intéresse au rapport qu'entretiennent les Anglais à l'auto.
L’homme posait un regard à la fois ironique (et parfaitement britannique) sur la société, et c’est justement son apparence parfaitement inoffensive qui faisait sa force. "Si d’aventure vous croisiez Martin Parr sans savoir qui il est, vous le remarqueriez à peine. Il est tout à la fois Monsieur Invisible et Monsieur Normal, dans son pull confortable - sans doute un Marks & Spencer -, ses chaussettes et ses sandales confortables. Il a une raie de côté et une coupe bien nette. L’homme doux et conformiste, à l’image de son apparence, douce et conformiste", détaillait Wendy Jones dans son autobiographie écrite à quatre mains (Martin Parr, Complètement paresseux et étourdi) "Mais ne soyez pas dupe. C’est le déguisement d’un homme qui voit bien plus de choses que la plupart d’entre nous verront jamais, et il se cache au grand jour. Il vous a peut-être même pris en photo sans que vous le remarquiez (...) Il est intelligent, très intelligent, et sait comment vous approcher, comment se faire passer pour un photographe enthousiaste et inoffensif."

Et c’est ainsi que l’homme s’est régalé à croquer nos comportements souvent un peu absurdes, qu’il a soulignés par un traitement chromatique plutôt cru qui faisait sa signature et renforçait son propos. "J’aime beaucoup les couleurs du kitsch. Comme une pie, je suis attiré par les couleurs et tout ce qui scintille, or les stations balnéaires regorgent de couleurs kitsch», expliquait Martin Parr. "Les stations balnéaires sont censées être très joyeuses, mais sont souvent très déprimantes. (…) La Grande-Bretagne est davantage définie par les différences de classe que la plupart des pays d’Europe. J’appartiens à la classe moyenne, mais je photographie toutes les classes. La classe sociale se lit dans les images - j’ai une approche plus instinctive qu’intellectuelle. La classe sociale se lit dans les vêtements, les coiffures, les accessoires et le langage du corps. Elle se voit, non ?"

Cette classe sociale transparaît aussi bien sûr dans l’automobile, formidable reflet de ce que nous sommes ou croyons être, et où la pseudo-intimité rassurante de l’habitacle ne fait qu’exacerber nos défauts et nos comportements parfois un peu ridicules. Elle apparaît donc aussi ça et là dans cette oeuvre foisonnante, souvent amusante et, surtout, toujours impertinente.



















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